‘Chaque homme et chaque femme est une étoile’

de Vivianne Crowley
(Traduction de Valentina Voxifera Ferracioli)

Si quelqu’un vous demande, ‘Qu’est-ce que Aleister Crowley, Gerald Gardner, Dion Fortune, Doreen Valiente, Kenneth Grant et Margot Adler ont en commun?’ Vous allez peut-être répondre qu’ils sontp tous des auteurs, ou bien qu’ils ont été très importants dans la redecouverte du Paganisme et de l’occultisme. Une autre réponse peut être qu’ils ont tous cité les mots de Carl Gustav Jung dans leurs oeuvres. Pourquoi Jung et pourquoi semble-t-il si important pour eux?
Aleister Crowley (1875-1947) naquit en la même année que Jung et il vécut les mêmes Guerres Mondiales et les mêmes changements dans la culture et société occidentales. Entre Thélème et la psychologie analytique il semble y avoir une grande distance, mais Crowley fut l’un des premiers lecteurs de Jung. En 1919, deux livres l’ont aidé à écrire ‘un traité formidable de quarante cinq mille mots’. Ces oeuvres furent Le Rameau d’or de Sir James Frazer et Psychologie de l’inconscient de Carl Jung. (Crowley, 1979 ed., p. 809).
Qu’est-ce qui a attiré le grand magicien vers l’oeuvre de Jung? Crowley ne fut pas vraiment un grand supporteur de la psychanalyse, mais en la fin de 1916 il écrivait dans l’édition americaine de Vanity Fair:

On n’est pas surpris en apprenent que le docteur Jung de Zurich a refusé quelques conclusion de Freud. Au lieu lier la volonté au sexe, il lie le sexe à la volonté. Donc, inconsciemment, il a ouvert la voie pour le retour de l’ancienne idée magique qui considère la volonté comme aspect dynamique du soi. Chaque individu, selon les initiés, a un but bien définit, et il assume une forme humaine, avec ses privilèges et ses limites, pour accomplir ce but. Cette vérité est bien exprimée en langage magique par la phrase ‘Chaque homme et chaque femme est une étoile’… (Crowley, 1916)

Trouver un centre

Aleister Crowley

Aleister Crowley

Pour Crowley, le travail de Jung conduit à ses mêmes conclusions – que chacun de nous a un but dans cette incarnation. Crowley considéra cela comme trouver son Vrai Soi, ou la Vraie Volonté. Dans le langage de Jung, ce but est « l’individuation » et le résultat final c’est de trouver le « soi ».

J’ai appelé cette totalité qui transcend la conscience, « soi ». Le but de ce procès d’individuation est la synthèse du soi.
(Jung, 1940, pp. 164, para. 278)

Selon Jung le soi est le soi le plus profonde:

…une conscience qui n’est plus coincée dans le monde personnel, super-sensible et fermé de l’ego, mais elle participe librement dans le vaste monde des intérêts objectifs. …en conduisant l’individu vers une communion absolue, indissoluble et liante avec le vaste monde.
(Jung, 1916/1928/1934, pp. 178, para. 275)

Ceci n’est pas le « moi » que l’on voit dans le miroir chaque matin. Ce n’est pas le produit de cette incarnation, bien que cette incarnation puisse contribuer. C’est plutôt le « soi » que l’enseignement hindou appelle « atman », notre noyau le plus profonde et durable.
Le procès de réalisation du soi inplique un déplacement du centre de conscience, de celui de l’ego à celui du soi. Cela est possible en s’ouvrant à ces parties de la psyché qui sont cachées et inconnues. On commence à sentir cette conscience plus vaste dans le monde du sommeil et du rêve. On peut également y accéder à travers la méditation, la visualisation et le rituel. Ce sont tous des procès qui bien évidemment font partie de la pratique de la plupart des païens.

Accepter l’ « autre »

Le voyage extérieur qui nous met en contacte avec la Nature, avec les Dieux, avec la Déesse, commence inévitablement à nous ouvrir à un endroit intérieur, le monde magique dans notre inconscient. Ce procès, s’il est bien administré, ne mène pas seulement à une ouverture mais à une intégration aussi – une acceptation du fait que les aspects qu’au début on considérait comme « autre », « pas-moi », font en réalité partie de notre être. Cela inclut l’ « intériorité sombre », l’ombre qui est le côté en négatif de notre personnalité que l’on préfère rejeter. Ce procès de réveil, réalisation, acceptation et intégration de l’ « autre » crée un nouveau centre qui entre en tout notre être, ce que Jung appelait « individuation ».

Individuation signifie devenir un « in-dividu », et, vu que l’ « individualité » comprend notre plus incomparable unicité intérieure, cela implique de devenir un avec son propre soi. On peut alors traduire individuation comme « atteindre le soi » ou « auto-réalisation ».
(Jung, 1916/1928/1934, pp. 173, para. 266)

Il y a beaucoup de chemins pour arriver à ce changement intérieur. La plupart des changements spirituels et psychologiques arrivent à travers les « initiations » de la vie quotidienne, quand on devient adulte et on apprend à avoir des responsabilités vers d’autres personnes. Mais une vie spirituellement et magiquement active peut bien accélérer ce procès – si on se prend du temps pour une vie spirituelle. Cela signifie employer son temps pour entrer en communion avec son propre monde intérieur, sa propre psyché profonde, la source de la vision et de l’inspiration. Le rituel, la méditation, la création artistique, l’écriture créative – ce sont des chemins pour l’inconscient et l’inconscient est un portail pour l’inconscient collectif de toute l’humanité. Qu’est-ce que c’est l’ « inconscient collectif »? On peut le voir comme une « zone a-temporale », un état de conscience au delà du temps et de l’espace, au delà du corps et au delà de notre incarnation actuelle. C’est un état de conscience que l’on perçoit et puis qu’on perd, et que l’on perçoit encore. Certaines pratiques du Paganisme – invocation, méditation, contemplation, voyage intérieur – peuvent nous aider à l’atteindre.

On est le Paganisme

Ces pionniers qui ont développé le Paganisme comme on le pratique aujourd’hui, ne sont pas arrivés à ce niveau en publiant des commentaires sur les groupes Facebook, ou en participant à des débats sur la réalité des dieux. Ils sont arrivés à ce niveau en dialoguant avec leur psyché intérieure. Pas tout le monde est un pionnier du Paganisme, destiné à écrire des livres érudits pur les autres; mais on est tous des pionnier parce qu’on est la première génération qui a appris à vivre comme des païens et à construire un Paganisme qui répond aux besoins de générations futures. Comment le Paganisme doit être vécu? Comment notre pratique peut créer un chemin pour l’auto-réalisation qui répond aux nécessités de ceux qui sont portés au changement spirituel? Comment peut-on vivre le paganisme si l’on veux créer quelques chose de nouveau, de beau et puissant qui va améliorer le monde, ou des petites parties? Ce sont les grandes questions qu’on affronte chaque jour, en chaque choix que l’on fait, et comment on choisit et décide de diriger nos énergies et notre temps.

Créer des constellations

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Aucune tradition spirituelle peut avancer au delà des individus qui en font partie, donc notre présent est le mieux qu’on puisse obtenir. Si on veux que le Paganisme se développe et prospère, on doit créer en nous une communion avec les Dieux et avec la psyché plus profonde qui nous change et qui inspire les autres. Tout cela prend tu temps, du temps intérieur. On ne peut pas le faire simplement en écrivant, en encourageant les autres, en organisant, en enseignant – tous ces choses sont importantes, mais ce seront authentiques et durables seulement si elles sont construites sur une véritable expérience spirituelle. Cela ne peut pas être absorbé indirectement, même si les expériences des autres peuvent nous inspirer. Chacun de nous doit créer du temps et de l’espace pour transformer notre intérieur.Chaque homme et chaque femme est une etoile, et pour créer un nouveau Paganisme on a besoin des constellations – des individus en contacte avec leur veritable et authentique soi et qui travaillent en harmonie avec les autres, et on obtien cela seulement en creant l’harmonie en nous-memes. Cela est le defi que l’on doit affronter.

Références

Crowley, A. (1916, December). An improvement on psycho-analysis: The Psychology of the Unconscious – for dinner-table consumption. Vanity Fair , pp. 55, 134.

Crowley, A. (1979 ed.). The Confessions of Aleister Crowley: An Autohagiography (2nd edition. First published 1969 ed.). (J. Symonds, & K. Grant, Eds.) London, Boston and Henley: Routledge & Kegan Paul.

Jung, C. G. (1940). The psychology of the child archetype. In C. G. Jung (1968 ed.), The Collected Works of C. G. Jung, Vol. 9, part 1, Archetypes and the collective unconscious (pp. 151-181). London: Routledge & Kegan Paul.

Jung, C. G. (1916/1928/1934). The relations between the ego and the unconscious; part 2: Individuation. In C. G. Jung (1966 ed.), The Collected works of C. G. Jung, Vol. 7, Two essays on analytical psychology (pp. 173-241). London: Routledge & Kegan Paul.

‘Et au delà de la mort je donne la paix et la liberté…’

de Vivianne Crowley 

Traduction de Valentina Voxifera Ferracioli

On est en train d’entrer dans le signe astrologique du Scorpion, quand notre esprit tourne naturellement vers la mort. Reconnaître la réalité de la mort c’est quelques chose que l’on fait – et que l’on ne fait pas. La plupart de nous hésite entre l’acceptation théorique et l’indifférence. Quelqu’un de nous a perdu des parents ou amis pendant l’adolescence ou à vingt ans et on a du faire face à la mort et à la douleur très tôt . On peut perdre les parents et les elders spirituels, et on trouve que les gens de notre génération tombent malades et meurent, parfois bien plus tôt que prévu.

Quand il atteignit sa quarantaine, le célèbre psychologue Carl Gustav Jung (1875-1961) écrivit dans son journal personnel Le Livre Rouge.

On a besoin de la froideur de la mort pour voir plus clairement. …Si j’accepte la mort, alors mon arbre devient vert, puisque la mort accroit la vie. Si je plonge dans la mort qui englobe le monde, alors mes bourgeons s’ouvrent. Que notre vie a besoin de la mort!

La joie pour les petits riens arrive à toi seulement quand tu as accepté la mort … Si tu accepte la mort, c’est à la fois comme une nuit glaciale et un pressentiment angoissant, mais c’est une nuit glaciale dans une vignoble pleine de doux raisins. Tu prendra bientôt plaisir de ta richesse. La mort fait mûrir. On a besoin de la mort pour pouvoir récolter les fruits. Sans la mort, la vie n’a pas de sens, puisque ce qui dure longtemps se lève encore et nie sa signification. Pour être, et réjouir de ton existence, tu as besoin de la mort, et cette limitation te permet d’accomplir ton existence.

Carl Gustav Jung, Liber Novus/Le Livre Rouge, 2009 ed., 274-275.

Il croyait qu’en affrontant la réalité des limites de la vie humaine cela faisait du bien. L mort peut nous aider à apprécier la vie.

Conscience au delà du corps

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Beaucoup de païens croient que la mort n’est pas la fin de l’existence. Etant païens, on est les héritiers des anciennes traditions à mystères. L’une des finalités du processus initiatique était celle d’apprendre aux initiés la réalité de la vie après la mort. L’initié était exposé à des rituels et symboles qui causaient en lui un changement intérieur qui faisait passer un message à propos de son endurance. Ce n’est pas le « moi » constitué par l’ensemble des expériences d’une seule incarnation, mais c’est quelques chose de plus profond, et sans limites.

Qu’est-ce que c’est ce genre de conscience? Parfois on l’aperçoit, on la goute, et on en fait l’expérience. Pendant nos méditations les plus profondes, quand on est seul dans la Nature, et parfois pendant des moment intenses d’amour, sexe, douleur, initiation. Si l’on a de la chance, on a eu des expériences spirituelles qui nous ont appris que le corps n’est pas le borne de notre existence; que la façon par laquelle nos sens perçoivent le temps et l’espace n’est qu’un élément momentané, une représentation de la réalité transmise dans les limites des nos sens et leurs capacités. Les expériences de synchronicité, télépathie, rêves prémonitoires, rencontres surnaturelles, et les expériences hors du corps, comme les rêves lucides nous permettent de comprendre que notre conscience et l’image que l’on a de soi peuvent être séparés du véhicule physique du corps.

Les expériences de mort-retour, pour ceux qui l’ont testé, peuvent nous transmettre ce que les anciens mystères ont appris – que la conscience existe au delà du corps. Ce genre d’expérience est éxperienciel et individuel. Il ne peut pas convaincre ceux qui ne l’ont pas testé. Ce n’est pas quelques chose que l’on peut expliquer avec des mots et des argumentations rationnelles; ni émotionnelles. Ce n’est point question de satisfaire un désir ni de se défendre contre la réalité de notre mortalité. Ce sont des expériences qui sont réelles, ineffables, profondes et qui changent la vie.

L’expérience de mort-retour de Carl Jung

Dr Carl Gustav Jung (1875 - 1961) (Photo by Hulton Archive/Getty Images)

Dr Carl Gustav Jung (1875 – 1961)
(Photo by Hulton Archive/Getty Images)

Carl Gustav Jung eut ce genre d’expérience en 1944 quand il avait 68 ans. Il souffrit à cause d’une fatalité commune dans la vieillesse – une chute sur le verglas. Il glissa et il se cassa le péroné. Puis, après dix jours, il eut une crise cardiaque et commença à mourir. Tout à coup, il se retrouva à flotter 1000 miles au dessus de la Terre. Les mers et les continents brillaient au dessous de lui et il put distinguer le désert arabe et les sommet enneigés des montagnes de l’Himalaya au nord des Indes, des images qui devaient être encore immortalisés à travers les voyages dans l’espace. Puis une grande structure monolithique noire se dressa devant lui. Il comprit que c’était un temple, et à l’entrée il vit un gourou hindou assis dans la position du lotus. Il ressentit que son existence terrestre avait été dépouillée, et rien ne restait sauf son essence, le coeur de son existence. Il était en train d’avancer et entrer dans le temple, quand son médecin apparut dans la vision et lui dit que son départ était prématuré; et beaucoup de personnes priaient pour son retour. Jung fut vraiment déçu quand la vision se termina tout à coup.

L’expérience eut un impacte profond sur sa vie. La dépression et le pessimisme qu’il avait ressenti pendant la Seconde Guerre Mondiale disparurent. Il décida d’abandonner son emploi dans l’université et de se dédier à son dernier travail important – ses recherches sur l’alchimie, la religion et le Gnosticisme. Il était détermine à utiliser le temps qui lui avait été donné et les dernières dix-sept années de sa vie de 68 à 85 ans furent les plus productives.

Le ‘moi’ et le corps ne coïncident pas

Tout le monde n’a pas eu des expériences traumatiques comme celles de mort-retour qui peuvent aider à se focaliser sur ce qui est vraiment important, mais les expériences spirituelles de transcendance, que beaucoup d’entre nous ont trouvé dans les rituels et dans les méditations, jouent presque le même rôle en nous apprenant que le « moi » et le corps ne coïncident pas. À travers notre pratique païenne, on a le privilège de pouvoir tester ce genre d’expérience qui nous aide à accepter l’inéluctable réalité: on est des êtres conscients dans un corps physique. Quand Samahin approche, on reconnaît que le corps grandit et déchoit. Comme on dit dans la Wicca, ce sont « …l’age et le destin contre lesquels on est impuissants » mais on se rappelle encore de la promesse de la Déesse:

‘Mienne est l’extase de l’esprit … et au delà de la mort je donne la paix, la liberté et la réunion avec ceux qui nous ont précédé.’

Donc en s’approchant à Samahin on honore le cycle de la mort, de la renaissance et de la nouvelle vie; et on honore la mémoire de ceux qui sont passés au delà du voile. On honore le don de la vie, le don le plus précieux, et on essaye de vider la coupe du vin de la vie jusqu’à la dernière goutte pour qu’aucune goutte ne soit gaspillée.

Honorer la Terre

de Vivianne Crowley (Traduction de Valentina Ferracioli)   Autumn

Je suis la fraiche terre de Printemps lavée par la pluie,

un nectar pour les narines, dans lequel toutes les graines fleurissent;

Je suis les champs ensoleillés de l’Eté,

chaud au contact, le lit des amants;

Je suis le sol de la foret en Automne,

couvert de feuilles, je protège ce qu’il y a en dessous;

Je suis la terre glacée en Hiver,

je semble aride, mais je suis vivante.

Vivianne Crowley, Earth Charge

Selon moi l’automne est l’une des saisons les plus liées à l’élément Terre . Autour de notre maison dans la campagne française, les champs ont été dépouillés du blé doré de l’été. La terre est labourée et riche de fumier pour les cultures hivernales. Le mais est sec et bruni, prêt à être moissonné. Les feuilles sous les pieds dans les bois sont elles aussi sèches et brunies, et jonché de marrons. La senteur de la terre est intense dans les matins brumeux pleins de rosée.

L’automne est le temps d’honorer la Terre

On a célébré le moisson du blé, maintenant c’est le temps de célébrer le moisson des fruits de la Terre. On honore la terre qui nous donne richesse et abondance. La Terre est encore en train de fournir la nourriture dont on a besoin, mais tandis que notre population augmente, notre appétit pour la nourriture augmente comme les protéines animales qui consomment la plupart des ressources de la Terre et créent les gaz de serre. On devient de plus en plus conscient de la fragilité de l’économie agricole globale qui nous tient en vie. On s’inquiète pour la biodiversité des graines et la diminution de la population d’abeilles et papillons qui fécondent nos cultures nécessaires à la vie. On découvre que les grandes corporations détiennent les ressources des grains et essayent de les contrôler. À cause de l’interconnexion de l’économie globale il peut sembler difficile de comprendre ce que l’on peut faire en tant qu’ individus païens ou en tant que communauté. C’est facile de se sentir si impuissant que l’on croit que rien ne peut être fait pour changer la situation.

On est les Enfants de la Terre

Pas tous les païens sont éco-païens. Il y a des païens du Temple et des païens de la nature sauvage. Il y a ceux qui trouvent leur expression spirituelle la plus haute en étant seuls sous les étoiles, la lune, ou le soleil; et il y a ceux qui trouve l’intensité du Divin dans un rituel dans un temple sacré. Pas tout le monde veux occuper Wall Street, mais on est tous des enfants de la Terre, les enfants de Gaia. Un fil qui unit le tapis multicolore qui est le paganisme contemporaine, est l’amour pour la nature et pour la Terre. C’est banale, mais c’est vrai: si l’on est adorateurs de la nature il faut qu’il y ait une nature à adorer. Le succès de notre espèce est merveilleux sur différents niveaux, mais il y a un prix pour tout ça. La Terre et les autres êtres qui partage la planète sont en train de payer ce prix. La perte de notre monde naturel est un désastre pour toutes les espèces de la Terre, mais pour les païens cette douleur contient une autre dimension douloureuse de plus; pour nous la Terre est un être sentent qui a une conscience et une volonté. Réparer l’Éthéré Une bonne nouvelle qui nous fait espérer a été donnée il y a quelques jours: une bonne partie de l’élément éthéré a été reconstituée après le dégât que nous avons provoqué. Le World Meteorological Organization et le United Nations Environment Programme disent que la mise en pratique du protocole de Montreal du 1987 pour l’arrêt de la production des gaz CFC de réfrigération et des spray aérosol, a commencé à reconstituer le trou dans la couche d’ozone. La mauvaise nouvelle est que les gaz atmosphériques de serre ont atteint un niveau record. Il y a encore beaucoup à faire et il faudra toute notre énergie et pression sur les gouvernements pour qu’ils fassent quelques chose. Quand les problèmes sont si grands, on peut se sentir écrasé. Si l’on cède au problème on peut réagir par un refus, ou bien per le désespoir. On peut même arriver à haïr et mépriser notre espèce, en oubliant que l’on est des créatures de beauté et naïveté, aussi bien que de destruction.

Je chanterai pour Gaia

Je chanterai pour l’ancienne Gaia,

Mère de Tout, plus ancienne que la création,

Tu nourris tous les êtres du monde,

tout ce qui demeure sur la terre,

tout ce qui nage dans les mers,

tout ce qui vole -

tout est nourri par ton abondance.

À travers toi, on est béni en enfants

et moissons,

tu as le pouvoir de donner la vie – et de la prendre.

Depuis l’Hymne homérique à Gaia, 7ème siècle AEC

Pour honorer la Terre on peut faire des rituels pour elle, on peut offrir des libations pour elle, on peut laisser des cadeaux ou des offres dans ses espaces sacrés. Tous ses actes de dévotion nous rappellent ce qui est important et sacré et ce que l’on apprécie. Et tout comme nos ancêtres païens, on peut chanter pour elle. Mais on peut bien transformer cette dévotion en action. On peut honorer Gaia par les choix énergétiques que l’on fait, la nourriture que l’on mange, les biens que l’on achète, et les organisations que l’on supporte. En rendant verte la planète, on rendra verte notre âme aussi. En faisant les bons choix cela nous donne de l’énergie et de la puissance. Quand on se sent puissant on a le courage d’agir et faire. On crée une spirale dans laquelle une action en inspire une autre.

Trouver refuge dans le petit

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Quand je pense à ces choses, ce qui m’arrive à l’esprit est l’ancienne philosophie et système de divination chinois: l’I Ching, le Livre des Changements. L’exagramme n°9 de l’I Ching c’est Hsiao Ch’u. Les vieux textes anglais le traduisaient par « Le Pouvoir Apprivoisant du Petit ». Les nouveaux textes parlent de « Attention au détail » ou « Petit moisson ». Il apparaît souvent quand on est dans une condition de faiblesse et l’on a besoin de se focaliser sur des petits changements cumulatifs pour atteindre le but. Quand il faut rendre soutenable notre planète, si l’on faisait de petits changements on atteindrait un objectif bien plus grand. Des petites actions deviennent des grandes actions quand beaucoup agissent. Il faut aussi dire que quand le voyage est long, il est difficile de commencer, donc commencez par des petits pas – et continuez dans cette direction.

Action collective 

À l’occasion de l’Equinoxe beaucoup d’entre nous dans le monde se retrouveront ensemble à New York, Rio, Bogota, Santiago, Amsterdam, Paris, Londres, Madrid, Rome, Milan, Berlin, Varsovie, Dehli, Melbourne, et en d’autres grandes villes et petits centres dans le monde pour le People’s March Against Climate Change pour démontrer que les gens ordinaires veulent agir contre le changement climatique. Ceux qui entre nous vivent dans un pays démocratique où les manifestions publiques sont permises, sont dans une position enviable. Beaucoup d’autres ne peuvent pas protester, ne peuvent pas se regrouper, donc on doit parler aussi pour les autres. Mais marcher pour Gaia n’est pas suffisant. On peut faire des changements dans notre style de vie, mais on peut aussi persuader les autres. Les mots sont puissants mais les actions symboliques comme les rituels d’une communauté peuvent être des moyens puissants pour inspirer les autres. En tant que païens, on doit utiliser ce que l’on fait mieux, donc que l’automne soit la saison de la Terre et que par les mots, les actes, les chansons et les rituels on bouge avec les autres quelques petit pas en avant.

Le soleil qui sèche, le cri de l’ouragan – qu’est-ce qu’on peut faire face au changement climatique?

de Vivianne Crowley

(Traduction de Valentina Voxifera Ferracioli)

 

climat_glacier

Je suis les soleil qui sèche, le cri de l’ouragan,

la terre qui tremble et l’océan en crue,

le désert aride et la calotte de glace qui fond

les eaux qui montent, les incendies des forets,

la fleuve desséchée, l’érosion de la colline.

Quand on pense au Divin dans la Nature, on pense à sa beauté – la verte terre et la blanche lune parmi les étoiles – mais la nature peut être effrayante et belle à la fois. Nos ancêtres vénéraient la nature parce qu’ils la craignaient et l’adoraient, puisqu’ils savaient qu’ils dépendaient totalement de quelques chose de plus puissant qu’eux. Dans les rituels païens contemporains, on apprivoise les éléments. Le soleil devient une bougie; la terre un bol de terre; le vent devient encens; la mer et les fleuves un bol d’eau. Isolés des éléments dans nos maisons en ville, il est facile d’oublier que les forces de la nature peuvent nous écraser et détruire. On a l’illusion de pouvoir contrôler la nature; mais on ne peut pas ordonner à la pluie de pleuvoir, au soleil de briller, aux vent de ne pas souffler.

La peur peut être positive

Depuis quelques années, partout dans le monde on a assisté au pouvoir de la nature dans les crues, les incendies des forets, les tremblements de terre, les avalanches et les ouragans. Quand j’était petite j’aimais beaucoup les tempêtes. Cet hiver, quand le vent arrachait les racines des arbres de la terre et les écrasait sur la maison des voisins, pour la première fois j’ai eu peur de l’élément air. Mais la peur peut être positive si elle nous fait rendre compte que quelques chose est en train de se passer. Tout n’est plus comme avant. Le gaz à effet de serre créé par l’ activité humaine est en train de causer le réchauffement de l’atmosphère de notre planète. Les climats existants sont perturbés en devenant plus extrêmes.

L’émission globale de gaz à effet de serre a atteint des niveaux sans précédent

Des parties de la planète sont en train de perdre les précipitations nécessaires pour supporter l’agriculture; dans d’autres parties, le niveau des mers monte en rendant la terre inhabitable. Les problèmes écologiques ne sont pas nouveaux. Depuis que notre espèce a appris à créer le feu, on a affecté notre environnement négativement. Mais à présent le problème a accéléré de manière exponentielle. Le World Meteorological Association et le United Nations Intergovernamental Panel on Climate Change ont rapporté ce printemps (IPCC 2014) que les émissions ont augmenté plus rapidement entre 2000 et 2010 que dans chacune des trois décades précédentes.

Les responsables politiques ont cédé à l’arrêt du réchauffement global.

Les efforts de la politique internationale sont en train de se concentrer sur la stabilisation de la température à deux degrés Celsius au-dessus par rapport aux lois précédentes. Pour atteindre cela, pour la moitié du siècle on devra baisser les émission de gaz à effet de serre du 40-70% par rapport au 2010. Les pays occidentaux produisent une grand partie des gaz d’émission, mais les émissions des pays en voie de développement augmentent puisqu’ils essaient de rattraper le niveau de vie de l’Ouest. Cela signifie que dans l’ouest on devra consommer moins ressource mondiales si l’on veut atteindre une sorte de stabilité globale.

Comme en haut, ainsi en bas

La magie de la Terre est un approche, mais la magie a besoin d’un lien avec le niveau matériel. La manière la plus simple de guérir la terre est de changer le comportement humain. Le micro-niveau est le lieu plus facile pour commencer – nous-mêmes. Les choix que l’on fait chaque jour sont comme les ondulations dans un bassin. Chaque changement culturel commence par les individus qui anticipent le zeitgeist.Ceux qui ont vécu aux années ’70 se rappellent que seulement les hippies et les über-geeks étaient inquiétés par le changement climatique. Après cinquante ans, on a le protocole de Kyoto et d’autres accord internationaux. Bien qu’ils soient imparfaits, ils montrent que la volonté d’agir est en train de prendre son élan.

On peut obtenir beaucoup en se focalisant sur les grandes sources d’émission

La plus grande source d’émission est l’énergie; deuxième l’agriculture, gestion des forets et exploitation du territoire (AFOLU); troisième la production industrielle; et quatrième les transports (IPCC, 2014)

IPCC 2014 Greenhouse gases by economic sector

Source: IPCC (2014)

On peut aider à réduire le réchauffement globale selon la façon par laquelle on refroidit ou réchauffe nos maisons, selon ce que l’on mange, ce que l’on achète, et la façon par laquelle on voyage. Voici cinq simples moyens pour commencer.

  • Energie: Consumez moins – éteignez le chauffage central et la climatisation, éteignez les lumières et les appareils quand on ne les utilise pas. Choisissez des énergies aux sources écologiques – beaucoup de pays ont un marché énergétique très compétitif. Engagez-vous avec le fournisseurs d’énergie qui utilise la source la plus écologique.
  • Nourriture: Mangez moins et mieux – achetez des produits locaux qui ne requièrent pas des transports internationaux, consumez moins de protéines – mangez moins de viande ou ne la mangez point, cultivez des légumes – ils prospéreront même dans un pot. .
  • Consumer les produits: Achetez moins, achetez les produits locaux, achetez à l’occasion, devenez fan de e-Bay.
  • Transport:Marchez au lieu d’aller en voiture, allez en vélo au lieu de conduire, faites vos courses près de chez vous et en ligne au lieu d’aller en voiture jusqu’aux centres commerciaux, voyagez par train, si l’on doit prendre l’avion choisissez des compagnies aériennes qui ont des offres de compensation.
  • Investir et donner: Mettez quelques économie pour un projet qui finance des activités écologiques; faites des dons aux organisations qui exploitent l’énergie du soleil et d’autres énergies renouvelables. Des petites donations se rajoutent si mille personnes les font.

Appuyez le bon bouton

Sur le niveau moyen des communautés, on doit persuader les autres à agir. Peut-être qu’ils ne répondent pas à un discours sur Gaia, mais les gens sont intéressée par l’épargne d’argent – à l’aide d’une réduction des énergies consommées; par le bien-être et la perte de poid – à l’aide d’une bonne nourriture et le choix des transports, et par la façon par laquelle les autres les perçoivent. Voici cinq choses que l’on peut faire:

  • Groupes magiques et spirituels: Quand on fait de la magie, est-ce que l’on peut faire quelques chose pour notre planète? Comme quand on achète une chandelle jaune pour un travail magique lié au soleil, est-ce que l’on peut encourager nos membres à faire une donation à une association pour l’énergie solaire? Est-ce que l’on peut apporter de la nourriture locale ou faite à la maison pour la partager aux sabbats, faire du covoiturage ou prendre les transports communs pour aller aux événements, encourager les organisateurs du festival à rendre écologique notre festival préféré?
  • Travail: Les entreprises et les organisations publiques aiment les références écologiques – qui leur donnent une bonne image – et elles aiment épargner de l’argent. Est-ce qu’il y a un groupe pour la durabilité qui promeut des activités et une politique écologiques? S’il n’y en a pas, est-ce que l’on peut persuader nos chefs à en créer un?
  • Voisinage: Est-ce qu’il y a un groupe pour la durabilité dans notre immeuble ou dans le voisinage? Est-ce que l’on peut collaborer avec les voisins pour couper la dépense de l’immeuble, pour créer des potagers dans les jardins communs, pour contrôler les enfants pour qu’il se rendent à l’école à pied ou en vélo plutôt qu’en voiture?
  • Ecoles et universités: Les bâtiments publiques utilisent beaucoup d’énergie. Est-ce que l’école ou le collège de nos enfants ont un groupe pour la durabilité?Est-ce qu’ils renseignent les élèves sur le changement climatique?
  • Réseaux sociaux: Les réseaux sociaux peuvent influencer beaucoup. Partageons donc des produits, corporations, administrations et initiatives amis de l’environnement.

On a plus d’influence comme insiders que comme outsiders

Sur un macro-niveau, tous les partis politiques peuvent être écologiques – de droite ou gauche – s’ils pensent que cela peut importer aux électeurs. Signons pour le parti qui est plus compatible avec notre vision de la société et faisons pression pour une politique écologique. Ce n’est pas seulement une question de politique nationale et internationale. Les politiques locaux peuvent promouvoir des projets écologiques pour les transport publiques, la gestion des déchets, la construction des bâtiments, et la gestion de l’argent des contribuables pour l’administration publique. Influençons-les pour qu’ils fassent les choix que l’on veut.

On peut supporter le changement climatique par la magie, les rituels et la prière

Prendre des mesures sur le changement climatique c’est difficile, mais notre spiritualité païenne peut nous inspirer et supporter. Nos Dieux sont les Dieux de ce monde et on veut qu’il prospère et q’il soit encore là dans l’avenir. On est prêtres et prêtresses de Gaia. Servons-La maintenant dans le temps du besoin.

Liens utiles:

Réduire son empreinte écologique : http://environnement.doctissimo.fr/rechauffement-climatique/Reduire-son-empreinte-ecologique.html

Investir vert: http://vieenvert.telequebec.tv/sujets/427/investir-vert

Petite guide ecologique (en anglais): http://www.epa.gov/osbp/pdfs/smart_steps_greening_guide_042101.pdf

Education au développement durable: http://www.education.gouv.fr/cid205/l-education-au-developpement-durable.html

La Haste au Chaudron, la Lance au Graal

de Vivianne Crowley

Edwin Austin Abbey, The Quest for the Holy Grail - Golden Tree and The Achievement of the Grail, Boston Public Library, (1895-1901)

Edwin Austin Abbey, The Quest for the Holy Grail – Golden Tree and The Achievement of the Grail, Boston Public Library, (1895-1901)

Le soleil est invisible dans les gens, mais visible dans le monde; et les deux sont un seul et même soleil.

Gerhard Dorn, Theatrum Chemicum, Tome 1, Speculativa Philosophia

Chacun de nous a son unique chemin dans le Paganisme. Certains d’entre nous trouvent que c’est quand on est dans la nature que l’on ressent le sacré – on se sent plus proche au Divin sous le ciel que dans les bâtiments. Pour certains, c’est le Divin Féminin, la Déesse, qui nous appelle. D’autres s’approchent à une divinité ancienne ou un panthéon en particulier. On peut ressentir l’esprit Divin de l’univers comme une énergie abstraite plutôt qu’une divinité personnelle. On peut chercher à ne pas adorer une divinité, mais plutôt à parvenir à un état de conscience dans lequel on se sent en union et en communion avec la nature, la vaste univers, et toute l’humanité.

La Quête Sacrée

Notre chemin païen peut, ou peut-être pas, inclure un rituel formel d’initiation, mais beaucoup d’entre nous partagent le sentiment d’être dans un voyage initiatique, une quête sacrée. Ce voyage peut commencer pour des raisons qui sont profondément personnelles. On peut être à la recherche de guérison, confort, amour ,connaissance, ou d’un sens. On peut ne pas savoir pourquoi ou ce que l’on cherche; seulement que l’on a un sentiment profond que l’être humain a un but et qu’il y a bien plus dans la vie que la récompense matérielle et le succès.

      Au-dessus de certains temples des traditions mystériques anciennes on trouve les mots, « Connais-toi toi-même ». Cela implique que si on veut se rapprocher aux Dieux, on doit connaître ce que l’on est. Mais cela n’est pas fixé, et il continue à évoluer. Quand on pratique notre paganisme, quand on rencontre d’autres personnes qui partages nos valeurs et qui ont une vision compatible, quand on commence à pratiquer des rituels avec les autres, dans de travaux d’environnement, ou lors des événements de la communauté, le voyage commence à nous changer. On commence à comprendre nos points de force et nos limites. Et si on travaille avec les autres, on commence à voir comment on peut contribuer au grand effort que l’on a entrepris ensemble. Cet effort est souvent appelé « Le Grand Oeuvre ». Les gens ont des différentes interprétations du sens de cet expression, mais en général le Grand Oeuvre concerne la transformation de l’humanité. Cet oeuvre doit commencer par ce qui est plus proche de nous – nous-mêmes.

Symboles et non pas mots

Le paganisme contemporain n’est pas une « religion du livre ». Les objets symboliques sont plus importants que les mots écrits. La plupart de l’enseignement est transmise subtilement, à travers le rituel et les actions symboliques. Ces anciennes manières de communication pré-verbales parlent au cerveau droit plutôt qu’au cerveau gauche. En engageant le corps et en participant physiquement dans nos rites, on ouvre l’oeil intérieur pour voir. On permet aux images et aux symboles de parler à notre inconscient pour réveiller en nous les visions et les sens qui peuvent nous guider sur notre chemin.

Le Mariage du Solstice d’Eté

Summer Solstice at Stonehenge

Summer Solstice at Stonehenge

Certaines actions rituelles de notre tradition sont devenues si familières que l’on y prete à peine attention, mais notre exposition répétée à ces actions est une sorte d’enculturation que dans le temps commence à former notre vision du monde. Pour beaucoup d’entre nous, le Calice ou la Coupe est toujours présent; il est si présent que l’on peut arrêter de faire attention au geste symbolique que l’on répète à chaque rituel – l’union de la coupe avec le couteau ou la baguette.

      Ce geste est central au Solstice d’Eté, quand beaucoup d’entre nous célèbrent le mariage entre le Feu et l’Eau, l’union de la Lance de Lugh et le Chaudron, le ventre aquatique de la Déesse, le Chaudron, la Coupe, le Graal, et le récipient alchimique – tous ces récipients sacrés ont les mêmes propriétés. Ils transforment ce qu’ils contiennent en quelques chose qui est plus que la somme des parties. Le mariage sacré donne vie à l’or alchimique, l’enfant solaire de la promesse, l’élixir doré qui guérit et donne l’immortalité, et le soleil intérieur du Vrai Soi.

Indiana Jones et la Dernière Croisade

Du Vrai Soi à Steven Spielberg il peut sembler un grand bond, mais son film « Indiana Jones et la Dernière Croisade » reprend l’idée de la Quête du Graal et certaines histoires sur l’obsession des chasseurs nazis du Graal pour trouver la relique sacrée. Sean Connery joue le rôle du Professeur Henry Jones, un expert du Graal, qui à été enlevé par les nazis pour le forcer à révéler où le Graal se trouve. Son fils, l’aventurier Indiana Jones (Harrison Ford) essaie de le sauver, mais le Professeur reste gravement blessé. Pour le sauver, Indiana Jones doit prendre le Graal de la caverne où il a été caché et gardé depuis des siècles et verser l’eau du Graal dans la blessure de son père. Le Graal guérit le Professeur, tandis que la nazi Dr. Else Schneider est anéantie quand elle essaie de prendre la Graal pour elle-même et le Graal s’évanouit dans l’Autre Monde. Maintenant le vrai but de ce voyage a été revelé. Ce n’est pas la possession d’un objet magique puissant; puisque comme on sait, si on ne trouve pas ce que l’on cherche en nous, on ne pourra jamais le trouver hors de nous. Le but de la quete est celui d’être changés par le voyage.

Professor Henry Jones: Elsa n’a jamais cru en le graal.

Elle croyait de trouver une recompense.

Indiana Jones: Et qu’est-ce que tu as trouvé, papa?

Professor Henry Jones: Moi? L’illumination.

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Devenir le Graal

La quete du Graal est un voyage interieur, vers le Vrai Soi, le centre caché de notre être; mais ce n’est point la fin de l’histoire. Le mariage sacré du Chaudron et de la Lance au Solstice d’Eté c’est un mariage entre le roi et la terre aussi, symbolisant la volonté de servir les autres et le monde entier. Le Solstice d’Eté est une periode pour confirmer notre dedication à la quete spirituelle, pas pour obtenir quelques chose mais pour devenir quelques chose. Le secret n’est pas trouver le Graal, mais devenir le graal – une source d’amour, compassion et vision spirituelle, à laquelle les autres peuvent boire.

Je suis un puits dans le désert,

Je contiens la lumière et l’eau à la fois,

ils peuvent tirer tout ce qu’ils veulent de moi.

La lumière du Soleil et de la Lune me remplissent,

Je suis le Graal.

À partir de dimanche 7 octobre 2014, Vivianne Crowley tiendra un cours Insights en ligne de quatre semaines pour Cherry Hil Seminary sur « Le Graal et la Quete Spirituelle ». Vous trouvez les infos sur ce lien.

http://cherryhillseminary.org/students/fall-2014-courses/the-grail-and-the-spiritual-quest/

Traduction de Valentina Voxifera Ferracioli

 

Ouvre la porte qui n’a pas de clé

de Vivianne Crowley

Une des sensations les plus communes quand on trouve notre chemin dans le Paganisme est celle d’être « rentré chez soi ». On n’a peut-être jamais participé à un rituel païen avant, mais la première fois qu’on le fait ça a l’air familier. C’est comme si l’on se rappelait quelques chose que l’on a oublié, une redécouverte plutôt qu’une nouvelle expérience. Pourquoi ressent-on ce sens de connexion? Il peut être que l’on porte avec nous des souvenirs d’une vie précédente, ou bien on est en train de faire appel à la mémoire collective. Il peut être que l’on a déjà vu des rituels semblables, mais dans les film ou à la télé. C’est peut-être aussi parce que le Paganisme contemporain utilise des anciens archétypes que les humaines trouvent spirituellement et affectivement satisfaisants. Il s’agit de symboles que les humains ont utilisé pendant des millénaires pour donner un sens à nous-mêmes et à l’univers autour de nous et notre place. Le mot « archétype » est dérive du grec arch, qui signifie origine, et tupos, qui signifie empreinte. Les archétypes apparaissent dans des symboles et des modèles semblables à travers le temps, les lieux et les cultures. Ils sont le fondement de l’expression culturelle, artistique et spirituelle et ils viennent de nos premiers ancêtres quand la spiritualité, l’art et la culture étaient intégrés et intégrants dans tous les aspects de la vie quotidienne plutôt que des activités spécialisées réservées à quelques élus.

Le Cercle et les Quatre Quarts

John William Waterhouse, Magic Circle, 1886

John William Waterhouse, Magic Circle, 1886

Beaucoup d’entre nous utilisent le symbole archétypique du cercle et des quatre directions comme espace sacré. Pourquoi un cercle? Le cercle est le symbole d’unité qui a été utilisé pendant des millénaires comme espace pour des rites sacrés. Quand on travaille avec des archetypes et des symboles particuliers ils ont un effet puissant. Quand on intègre les symboles dans nos vies, ils commencent à nous modeler et changer.

Le voyage spirituel qui est au coeur du Paganisme contemporain est un voyage dans l’unité, un voyage pour intégrer les parties les plus diverses de nous et pour parvenir à un point au centre. Quand on invoque les quatre quarts, on appelle les énergies des éléments associées à eux dans notre espace sacré. On est en train d’appeler les éléments en nature et on est aussi en train d’appeler leurs qualités en nous. Les quatre directions et les éléments associés peuvent symboliser quatre aspects en nous – corps, émotion, tête et esprit. Tous sont nécessaires pour la vie et dans le cercle on leur donne le même poids et le même respect. Le message est simple mais profond. Le but du voyage est celui de trouver le point de balance où tous les aspects de notre être puissent vivre en harmonie avec les autres et remplir sa fonction. Pour joindre l’unité, on invite les diverses parties de nous dans le cercle sacré, l’unité qui contient la multiplicité, un lieu où ce qui est à l’intérieur peut s’unir avec ce qui est à l’extérieur.

Entre les mondes

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Dans un rituel, on dit que le cercle est un espace « intermédiaire ». C’est « entre les mondes ». Il se trouve entre « le monde des hommes et les domaines des Puissants », entre l’humanité et les Dieux, entre le spirituel et le physique. C’est un lieu où, étant des incarnations physiques, on peut rencontrer les êtres non-physiques comme les Dieux en sureté et harmonie. Le cercle est un lieu de paix où notre conscience rationnelle et les rêves et les visions qui viennent de notre inconscient peuvent se rencontrer et fertiliser et s’énergiser l’un l’autre. C’est un point de calme intérieure et réceptivité, mais c’est aussi le point d’action où on peut exercer le pouvoir intérieur. Les symboles qui nous apparaissent dans les rêves et dans les visions sont des messages de l’inconscient à propos de ce qui est en train de se passer à l’intérieur. Pour avoir des rêves et des visions on doit être en mode réceptif et on doit être préparé à voir et écouter l’inconscient. Dans un rituel, même le contraire peut se passer. On est en mode actif et réceptif à la fois. On est des magiciens et des médiums à la fois. En tant que magiciens, on devient émetteur des symboles qui communiquent à un niveau profond de notre être ce que l’on veux d’eux.

Les Mystères

Les Paganismes des derniers millénaires avaient des formes exotériques et ésotériques. Il y avait la religion exotérique qui se focalisait sur la cohésion sociale, et la religion ésotérique qui était pour la formation d’un rapport personnel de transformation avec les Dieux. Beaucoup d’entre nous, étant païens contemporains, pratiquent les deux. On a les célébration saisonnières familières qui nous rappellent l’importance de notre connexion avec la nature et entre nous, et de comment on devrait se comporter dans le monde extérieur. On peut pratiquer la méditation, les veilles, et les rites transformateurs qui vont changer le monde intérieur, notre moi. Le mot mystère vient du mot grec musterion, qui implique quelques chose sur laquelle il faut se taire. Un mystère est révélé par le symbole ou chuchoté dans les coins obscurs. On doit bien écouter pas seulement parce que les mot sont chuchotés, mais aussi parce que les mots expriment bien plus que leur signifié littéraire. Le signifié est une allusion plutôt qu’une révélation. C’est le sable qui crée la perle.

Modeler la psyché

Créer l’espace sacré par le cercle et les quatre directions c’est d’envoyer un message à la psyché plus profonde sur comment on essaie de la modeler. Chaque fois que l’on effectue un rite, on renforce ce message, qui exprime la façon par laquelle on voit notre monde intérieur, mais aussi la façon par laquelle on voit le vaste univers – qui est un équilibre d’énergies opposées, de glace et feu, de vent et mer, d’obscurité et lumière. La réalisation et l’illumination arrivent au point au centre où les énergies opposées se rencontrent.

Quel est donc le mystère du cercle? Le cercle est un espace dans lequel tous le monde voit les autres. Il n’y a pas de place où l’on peut se cacher. Le secret est que ce n’est pas un lieu de secrets, mais c’est un lieu de transparence et révélation. Les mystères sont très simples. Ils sont tout autour de nous – si on a les yeux pour voir et les oreilles pour écouter. Chaque fois que l’on crée un cercle, on recommence le procès de communication et révélation. Dans notre espace sacré, on trouve et on ouvre la porte qui n’a pas de clé.

Traduction de Valentina Voxifera Ferracioli

La Wicca et la Quête spirituelle

de Vivianne Crowley

Le Saint Graal, Dante Gabriel Rossetti, 1874

Le Saint Graal, Dante Gabriel Rossetti, 1874

Nous sommes arrivés alors, les derniers enfants de Cerridwen,

filles de la Lumière et de l’Obscurité, et fils de la Mort.

Nous avons cherché ta présence sur les collines sauvages du Nord,

mais dans la solitude, nous ne t’avons pas trouvé.

Nous avons cherché ta présence dans la lumière de l’Est,

mais dans les brumes de l’aube, nous n’avons pas distingué ta forme.

Nous avons cherché ta présence sous le soleil du Sud,

mais où les ombres reculent, nous ne pûmes pas voir ton visage.

Puis nous avons cherché ta présence où le vent dort à l’Ouest,

mais dans le silence, nous n’avons pas entendu ta voix.

Vivianne Crowley (1984)

Ma pratique spirituelle fondamentale c’est la Wicca. J’ai pratiqué la Wicca toute ma vie et ma vie s’est formée pour être à son service. Il y a quelques semaines, pendant une intervention publique quelqu’un, qui a été dans la Wicca même plus longtemps que moi, m’a demandé si je regrettais d’avoir dédié toute ma vie à ce chemin. Cette question est arrivée de façon inattendue dans un milieu publique et elle m’a beaucoup surprise. Je n’avait jamais pensé à cela. Puis la réponse est arrivée spontanément: je ne pouvais pas le regretter puisque « je suis ce que je suis ». Si je n’avait pas pratiqué la Wicca, dont les premières manifestations commencèrent dès mon enfance et qui furent officiellement perpétrées dans mon adolescence, je ne serais peut-être pas la personne que je suis maintenant. Le « je » que je suis maintenant ne peut pas désirer être un autre. Si on parcoure un chemin spirituel en profondeur, il changera notre essence et ce qui nous sommes. Il n’y a pas de retour en arrière. On ne peut qu’avancer.

      J’ai la chance d’avoir beaucoup d’amis du même âge ou bien plus âgés que moi qui sont aussi allés jusqu’au bout. Comment avons-nous réussi à continuer notre chemin pendent tout ce temps?

Qu’est-ce qui nous fait rester sur le chemin?

   Il est facile de voir ce qui nous attire dans la Wicca quand on est jeune. Son symbolisme est fascinant et passionnant. Elle offre la responsabilisation et, pour la femme en particulier, un rôle attrayant que l’on ne peut pas trouver ailleurs. Mais afin qu’une tradition spirituelle puisse accompagner ses adhérents à travers toutes les différentes étapes du cycle de la vie, elle doit être capable de répondre aux questions existentielles qui se présentent lorsque l’on affronte les problèmes de notre société, de l’environnement, et de notre vie intérieure. Afin qu’une tradition spirituelle accompagne ses membres dans la quarantaine et dans la vieillesse, elle doit offrir un moyen de trouver un sens dans l’existence humaine, un sens dans l’univers.

    Au début, le voyage dans la Wicca peut être simple. On développe des nouveaux pouvoirs et des nouvelles relations estimées. On devient plus surs du pouvoir latent qui est en nous. On commence la quête spirituelle et les barrières à l’intérieur sont enlevées. On devient comme la carte de l’Etoile ou du Soleil des tarots du jeu Waite. On s’ouvre et on reste nus sous la lumière de l’inspiration et de l’illumination. Mais la configuration de l’univers est obscurité et lumière, luminosité et ombre, soleil et nuage, nuit et étoile. Inévitablement, il arrive le temps difficile. Les défis se présentent dans la vie de tous les jours et on essaie peut-être de les affronter en échouant. On fait appelle aux Dieux, on fait notre magie, et les Dieux ne répondent pas, les charmes ne marchent pas.

La Nuit Sombre de l’Ame

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    Toutes les traditions spirituelles reconnaissent qu’il y a des périodes pendant lesquelles il semblerait que les Dieux nous aient tourné le dos. Le lien Divin que l’on a ressenti en nous et lors de nos rituels disparaît. Comme si la Déesse s’était retirée. La porte du temple intérieur ne s’ouvre plus. Cela peut nous plonger dans la dépression et le désespoir. On entre dans la « Nuit Sombre de l’Ame ».

    On a vénéré nos divinités et poursuivi avec enthousiasme le chemin spirituel et magique. On a rencontré le pouvoir et l’énergie de nos Dieux et ils ont parlé avec nous. Ils ont inspiré nos cœurs et nos esprits et on a fait leur travail. Et maintenant arrive un moment où les Dieux ne parlent pas; quand l’image pâlit. On se méfie de nos visions et questions. Le chemin est-il une illusion? Aurait-on mieux fait de choisir le chemin que tout le monde suit? Aurait-on du se concentrer un peu plus sur la carrière, gagnant de l’argent, plutôt que poursuivre une quête spirituelle?

    Peut-être qu’à un moment donné on s’est senti supérieur aux autres qui n’ont pas eu la vision mystique. Peut-être que l’on a considéré notre chemin meilleur par rapport à ceux des autres. Maintenant on a peut-être la sensation d’avoir été bercé d’illusions et qu’ils ont été bien plus sages que nous.

     On connait la désillusion quand on voit le coté sombre de notre chemin. On voit les gens en tant que gens, déchirés par la malice, la jalousie et l’envie. On comprend pourquoi ces mots apparaissent dans le texte des rituels.

Retourner à la source

     Et puis, quand il semble qu’il n’y ait pas de solution, quelques chose se passe. On se rappelle des mots de la Déesse,  «si ce que vous cherchez, vous ne le trouvez pas en vous… », on retourne en arrière. On retourne au début – au premier livre qui a réveillé notre conscience, ou mieux encore, l’endroit dans la nature où l’on se sent plus proche aux Dieux. On va jusqu’au fond et on entre dans le silence intérieur. On écoute et on attend les Dieux pour qu’ils nous donnent une nouvelle vision – et la réponse arrive.

      On découvre que la façon dont on voyait le cosmos avant était simpliste et que la réalité est à la fois plus simple et plus compliquée qu’il n’y paraît. On découvre que derrière les symboles et les images de notre tradition il se trouve quelques chose d’encore plus mystérieux, plus puissant et plus beau que prévu. On se retrouve à approcher une nouvelle réalisation, notre compréhension évolue. On passe sur la spirale à un nouvel avantage – que ce que l’on a cherché en dehors est intériorisé. On renforce notre connexion avec le Divin. Quelques fois on perd cette connexion, quelques fois elle est forte, mais elle est toujours là.

       Notre vision s’accroit. On devient conscient de la souffrance du monde et on se sent en connexion avec tous les êtres humains et les animaux. Cette vision nous soutient longuement. Maintenant on a peut-être compris que notre chemin n’est vraiment qu’un des nombreux chemins et qu’il a des grands pièges ainsi que des grandes forces; mais on sent que même si beaucoup de ses idées sont erronés, à l’intérieur il y a une profonde et puissante vérité. Et puis, dans le temps, notre vision évolue encore; quelques chose change en nous et dissout encore plus les barrières entre le moi et les autres. La personnalité que l’on a construit tout au long de cette incarnation devient moins importante, et une lumière intérieure brille et semble attirer les gens vers nous parce qu’elle les touche aux plus profond d’eux.

       On comprend que à la fois on est et on n’est pas cette lumière qui brille à travers nous. Et l’identification de l’ego qui a peut-être harcelé nos jours commence à disparaître. On fait un autre pas dans notre voyage. La Roue tourne, notre perspective change, on avance joyeusement, embrassant le Mat et avançant encore à la quête de la réunification avec le Divin; un voyage de lumière et obscurité, de douleur et désolation, de rire et amour, et qui peut refuser la quête du Graal, quand c’est le Graal même qui appelle?

Traduction de Valentina Voxifera Ferracioli

Créativité, Art et Art magique

de Vivianne Crowley

« Ce qui est important est de créer. Rien ne compte plus; la création c’est tout. »

Pablo Picasso (1948). Picasso, An Intimate Portrait.New York: Prentice-Hall, p. 145.

On n’est pas unique dans notre habilité de créer – l’univers manifeste l’œuvre la plus belle qui a jamais été créée. Une étoile, une fleur, un arbre, un cheval – tout cela est bien plus exquis que toute production humaine. Mais en tant qu’êtres conscients, on partage le procès créatif du Divin qui imprègne l’univers. En tant qu’êtres libres, on peut choisir de se connecter avec l’énergie créative qui se manifeste dans le cosmos et de devenir ses vois et ses instruments. À travers nos sens, on peut traduire l’inspiration en forme matérielle et en images, paroles et musique. L’acte créatif est un acte spirituel et magique. En choisissant d’exprimer notre créativité, on est en train d’assister à l’évolution de l’univers en lui permettant d’exprimer de nouvelles idées et visions.

Créativité et spiritualité sont profondément liées

Allégorie de la peinture, François Boucher (1765)

Allégorie de la peinture, François Boucher (1765)

Il y a de différentes formes de créativité au-delà des celles que d’habitude on étiquète comme « artistiques ». Certains créent de nouvelles façons de faire les choses, d’autres créent de nouvelles relations et organisations, certains créent des percées scientifiques, d’autres encore créent des milieux agréables dans lesquels les êtres humains peuvent se développer et prospérer.

Certains d’entre nous font de la cuisine, d’autres tricotent, d’autres créent des expériences spirituelles qui inspirent les autres. Qui que vous êtes, il y aura toujours des vois à travers lesquelles vous pourrez manifester l’instinct créatif qui est le cœur de notre humanité.

La créativité et la spiritualité sont profondément liées et la spiritualité païenne prend de la joie dans l’expression créative. On construit des autels pour honorer nos Dieux. On confectionne des robes, on fait des peintures et crée invocations pour exprimer notre joie et notre amour pour l’univers qui nous entoure. Les anciens pensaient que la créativité venait des Dieux, d’un lieu bien plus profond et savant que l’individu qui était la chaîne de cette expression créative. Beaucoup d’artistes, de poètes, de musiciens, de danseurs et d’écrivains connaissent leur meilleur travail d’imagination quand cela vient d’un lieu qui est au delà de l’esprit conscient. Souvent ceux qui produisent l’œuvre la plus innovatrice – œuvre qui est trop innovatrice pour son temps – sont des personnes qui se sentent inspirées par le domaine spirituel et quelquefois directement guidées par lui. Chez certaines cultures, les artistes et les poètes parlent de la communion avec un esprit, une divinité ou une muse qui les guident. D’autres connaissent le domaine spirituel d’une façon plus abstraite, comme un profond état de conscience au delà de l’ego de tous les jours.

Le chemin vers le haut est en bas

Incubation

Dans le silence qui résonne du bruit,

Je suis immobile et j’entends ta voix.

La transition de ce qui n’a pas de forme en paroles -

l’esprit comme une immobile, réceptive flaque.

Une pensée y tombe, en disparaissant -

une pierre sans éclaboussement,

et elle reste dans les profondeurs,

les eaux qui la digèrent – lentement.

La pierre est-elle une perle?

Vivianne Crowley (1996) in Vivianne Crowley & Christopher Crowley. Free Your Creative Spirit. Salem, OR: Walking Stick Press, 2001, p. 116

Pour accéder à notre partie la plus créative et innovatrice, on devrait ressentir le besoin de se retirer de temps en temps du monde quotidien de la pensée engagée, pour aller dans le silence et l’obscurité vers le lieu des rêves et des visions. Aller dans un endroit solitaire dans la nature peut nous aider à rejoindre l’intérieur, mais on ne cherche pas un endroit physique mais un état de conscience. On peut atteindre cet état à travers le rituel et la méditation. La pratique spirituelle peut nous aider à accéder à notre créativité en apprenant à notre esprit conscient à se débarrasser de la censure et du contrôle. Une partie essentielle du procès de croissance est de développer un sens de la réalité et d’être ancré dans le présent, mais on a aussi besoin d’avoir notre esprit libre, de couler de temps en temps. Ecouter de la musique, se promener dans la nature, la méditation, courir, chanter – ce sont des façons pour accéder à de différents « endroits » dans nos psychés qui réside entre le sommeil et le réveil, entre le monde de la pensée et du rêve, entre les mondes du symbole et de la parole. Quand on entre dans cet endroit, on peut trouver l’inspiration originelle qui donne vie à de nouvelles idées et expressions qui peuvent commencer à changer notre monde.

Art et magie, imagination et invocation

L’art et la magie, imagination et invocation, sont des actes créatifs qui nous définissent comme humains. Notre imagination créative est à l’origine de la science et de la technologie, de l’art et de la musique, de tout ce qui nous constitue. On essaie d’émuler la nature, mais on cherche aussi des percées dans d’autres états de conscience qui semblent nous transporter au delà de l’univers que l’on connait physiquement. Comme la photographie et les film ont libéré l’art du besoin de répliquer des images externes, l’imagination artistique a cherché de nouveaux aperçus du monde autour de nous. Comme le microscope nous a révélé la beauté et la complexité du monde moléculaire que nos sens physiques n’étaient pas capable de voir, ainsi nos esprits commencent à aller loin et librement dans les structures de la lumière et du son. L’art abstrait et les nouvelles formes de musique ont frappé les visionneurs et les auditeurs conventionnels. Leur créateurs les plus radicaux ont été bafoués, évités et ignorés par l’opinion commune. Cela n’a pas l’air familier pour les Païens – est-ce que les nouvelles façons de voir la nature et la société devraient être rejetées?

Traverser le pont

Les académiques et les intellectuels ont longtemps cherché refuge dans le rationnel en s’éloignant de la pensée créative, spirituelle et magique. Cela est en train de changer. Quelque chose est en train de se passer dans le domaine intellectuel. Les vielles barrières disparaissent et les préjugés sont réexaminés tandis que l’intérêt dans l’échange des mondes artistique, spirituel et magique augmente. Cette semaine j’ai participé à une conférence à l’England’s University of Cambridge – « Visions of Enchantment: Occultism, Spirituality and Visual Culture » (Visions d’Enchantement: Occultisme, Spiritualité et Culture Visuelle NdT). Cela a été une collaboration entre le Département d’Histoire de l’Art, l’Université de Cambridge et l’Université des Arts Bournemouth, en association avec l’ European Society for the Study of Western Esotericism. La conférence a rassemblé des professeurs des universités les plus importantes, historiens de l’art des musées les plus célèbres, et Païens, magiciens, artistes et cinéastes pour explorer le rôle formatif que l’occultisme et la spiritualité ont joué dans la création de la culture visuelle et matérielle occidentale et non-occidentale. Des importants érudits comme le professeur M. E. Warlick de l’Université de Denver, le professeur Antoine Faivre de la Sorbonne, le professeur Emilie Savage-Smith de l’Université d’Oxford, et le docteur Marco Pasi de l’Université d’Amsterdam, ont discuté d’art, d’alchimie, d’ésotérisme, Wicca et Paganisme. Et le déjeuner a été animé par la visite inattendue des professeurs plus âgés errants avec Aleister Crowley and the Temptation of Politics de Marco Pasi sous leur bras.

Cet engagement n’est pas facile. La récession économique a signifié un manque d’argent pour l’étude de ces matières. Mais il y a eu un grand changement, il y a un grand empressement de la part des académiques pour s’engager avec le domaine où l’imagination créative et spirituelle se rencontrent, un domaine auquel le paganisme contemporain appartient. Cela est-il important pour les Païens qui ne sont pas des académiques? Je pense que oui. Des ponts de compréhension ont été construits entre la pensée commune et le paganisme contemporain. Maintenant on doit générer les idées et la pensée nécessaires pour les traverser.

Traduction de Valentina Voxifera Ferracioli

Vingt-cinquième anniversaire – Wicca: The Old Religion in the New Age

de Vivianne Crowley

Wicca, a comprehensive guide to the old

Voilà vingt-cinq ans ce mois-ci, que mon livre Wicca – the old religion in the new age sortait. Depuis ce moment, Wicca a été encore publié avec deux sous-titres différents et traduit en allemand, espagnol, hollandais, norvégien et italien, avec beaucoup d’autres traductions en cours. Maintenant, un quart de siècle après, on peut réfléchir sur comment un chemin spirituel comme la Wicca est en train d’évoluer.

Un « livre de troisième génération »

La première génération de livres sur la religion de la sorcellerie a inspiré la Wicca contemporaine, aujourd’hui pratiquée par beaucoup de gens. Les textes de Charles Leland, Margaret Murray et Gerald Gardner indiquent un désir du retour des anciens Dieux. Sans ces pionniers, la Wicca n’aurait pas existé dans sa forme moderne.

Dans les années 1970 et 1980 la deuxième génération d’auteurs, comme Doreen Valiente, Stewart et Janet Farrar, a développé les rituels de la Wicca et ses pratiques, et a donné aux gens la connaissance qui permet de pratiquer l’Art en solitaire.

Depuis 1979 – et pendant les vingt années qui ont suivi – beaucoup de livres ont été écrits par une troisième génération qui a porté l’Art sur de nouveaux chemins. La vision féministe et centrée sur la terre de Starhawk dans The Spiral Dance: A Rebirth of the Ancient Religion of the Great Goddess a inspiré les activistes écologiques et les sorcières féministes. La Wicca de Scott Cunningham a été d’inspiration pour ceux qui ne pouvaient ou ne voulaient pas appartenir à un groupe. Mon livre Wicca se base sur mon expérience dans la psychologie jungienne pour montrer comment la Wicca initiatique peut être un chemin de croissance spirituelle et de transformation personnelle.

Wicca et transformation spirituelle

Quand j’ai écrit Wicca, j’était déjà sur le chemin depuis 15 ans. Pendant ce temps j’ai vu comment la Wicca peut transformer les gens. Bien de nombreuses évolutions – que j’ai pu observer quand les gens parcouraient le chemin initiatique – étaient celles qui se manifestaient à travers le voyage intérieur que Carl Gustav Jung appelait « individuation ». En exposant notre monde intérieur aux Dieux et à ceux qui partagent le chemin spirituel avec nous, on en sort transformé. Ce n’est pas une question de quelques années, mais un processus d’une vie entière, que la Wicca initiatique peut – dans le meilleur des cas – encourager, soutenir et favoriser. Le but de ce voyage est celui de la Grande Œuvre – la transformation du « moi » comme point de départ pour la transformation de l’humanité; si les individus ne changent pas, alors la société ne peut pas évoluer. Notre but est de grandir plus près des Dieux, de se déplacer d’un engagement égocentrique avec le monde pour nos seuls buts, à un recentrement qui nous détache de nos préoccupations personnelles et qui nous permet de voir le monde d’une perspective plus large, profonde et à long terme.

La Wicca n’est pas parfaite

La Wicca est pratiquée par des êtres humains imparfaits et on est donc susceptibles des mêmes défauts des autres traditions spirituelles. La Wicca est quand même différente des autres. Elle est pratiquée par des femmes et des hommes sur le même niveau. Il ne s’agit pas de rechercher le bien-être économique, le pouvoir absolu,ou de créer une structure d’une leadership rémunérée avec ses adeptes. Elle est pratiquée avant tout dans les maisons et dans les cours, dans les forêts et les parcs. Au cœur de sa structure il y a de petits groupes, avec tous les défis et besoins que l’adhésion apporte à une petite communauté. Malgré la fragilité de sa structure et l’évolution des formes de la Wicca – déplacée à l’étranger et plus ouverte – la tradition initiatique, comme elle a été révélée par Gerald Gardner, a survécu et prospéré. Elle a évolué sur son chemin. J’aime souvent comparer la Wicca à une vigne. Dans chaque pays dans lequel on plante une vigne, le vin qu’elle produit prend l’arôme du sol de la région. Cependant, dans tous les pays où elle s’est développée – Royaume-Uni, Amérique, Canada, Pays-Bas, Allemagne, Scandinavie, Belgique, Italie, Pologne, Australie, et beaucoup d’autres encore – la Wicca initiatique est restée manifestement la même. Les liens entre les wiccans dans les différents pays se sont renforcés au fil des années. Internet et les voyages économiques ont élargi et renforcé ce qui était déjà une communauté internationale. Aux réunions de la communauté en Europe, nous ne recevons pas que des salutations en anglais, mais aussi en hollandais, norvégien, allemand, polonais, tchèque, irlandais, espagnol, italien et russe… Chaque année la liste des langues s’allonge.

WICCA die halte religion

Est-ce que la Wicca survivra et croîtra?

La Wicca est-elle le dernier épanouissement de l’Âge des Poissons, un désir romantique d’un passé mystérieux et qui est en train disparaître? Ou bien est-elle une religion naturelle pour un âge postmoderne dans laquelle le féminin, l’individualité, la différence, l’autonomie personnelle, l’acceptation du corps et de ses nécessités, et un empressement à accepter de différentes interprétations du Divin, se trouvent côte à côte?

C’est ce que j’ai écrit à la fin de Wicca et que je trouve encore vrai:

Au fond des recoins de l’être humain, Notre Seigneur le Cornu a attendu à travers les siècles jusqu’au moment où il fallait qu’il revienne. Alors il démonta du chêne au centre de la forêt son cor de chasse qui n’a pas été joué depuis des milliers d’années, et il en joua trois fois. Il réveilla la Déesse de son sommeil rêveur et elle prononça d’une voix d’harpe d’argent « La Charge d’Arianrhod » en disant:

Je suis Arianrhod du château en spiral près de la mer argentée,

Je suis la dernière de ma race,

sans début et sans fin,

car avant que tout temps et changement commença,

ma mère la Déesse des Etoiles coucha avec le Seigneur de l’Obscurité

et je fus conçue.

Je suis au-delà du son et de la vue,

Je ne peut pas être touchée,

Je suis Celle qui demeure derrière le voile de la matière.

On me demande si j’existe,

et moi je répond que j’existe et que je n’existe pas;

mais à la fin des cycles et des saisons,

que certains nomment Mort,

mais que ceux qui ont soulevé mon voile nomment Vie,

aux rives de la Mer du Temps vous me trouverez,

ma tête tournée vers le vent,

en me promenant près des ondes des éons et en attendant,

votre arrivée et votre départ.

En réalité j’étais, je suis et je serai,

quand tout le reste s’efface de votre mémoire,

je suis quelque chose que vous possédez,

et quelque chose que vous cherchez,

e suis la question et la réponse;

je suis celle qui lie et celle qui libère;

je suis le début des choses; je suis la fin;

cherchez-moi et connaissez-moi, car je suis Elle.

La Déesse et le Dieu Cornu se sont réveillés de leur sommeil et appellent leur adorateurs, de l’Est au Sud, de l’Ouest au Nord, en chuchotant dans les rêves de ceux qui les aiment: «Cherche-nous, trouve-nous, connaisse-nous; parcoure le chemin qui se trouve entre les mondes»

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Wicca est disponible dans les librairies ésotériques et chez les distributeurs en ligne:

Amazon France: Wicca by Vivianne Crowley

(Traduction de Valentina Voxifera Ferracioli)

« Les forêts sont parties…nous sommes seuls à la lumière de la lune »

de Vivianne Crowley

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Parfois je me sens comme étendu sur le paysage et à l’intérieur des choses, et je vis dans tous les arbres, dans l’éclaboussement des ondes, dans les nuages et les animaux qui vont et qui viennent, dans le cycle des saisons.

 trad. tirée de Carl Gustav Jung, Memories, Dreams, Reflections. London : Fontana Press, 1995 ed., p.252-253

En tant que païens, on est des gens de la campagne – pagus en latin. Nos divinités viennent du monde naturel. Ils sont les dieux des éléments – dieux et déesses de la terre, de la mer, du ciel, du soleil, de la lune et des étoiles. Ils sont les dieux de la végétations et de la renaissance des terres au printemps des sociétés agricoles – le Seigneur et la Dame du grain. Certains dieux sont en forme d’animal – avec des cornes comme Herne et Pan, en guise de chat comme la déesse égyptienne Bast. L’imagerie du paganisme est celle du monde naturel, mais la réalité de notre vie quotidienne est souvent bien loin de la nature. La majorité des païens vivent dans un milieu urbain entourés par le béton, le macadam, et les lumières de la ville qui font pâlir les étoiles.

« Les forêts sont parties…nous sommes seuls à la lumière de la lune”

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On peut observer les racines du revival païen dans les réactions des poètes, des artistes, des écrivains et des naturalistes du dix-neuvième siècle envers l’industrialisation du monde occidental. Il y a presque un siècle, pour le baron irlandais, poète et écrivain du fantastique Lord Dunsany, la destruction de l’environnement était un appel au réveil qui portait la nostalgie des anciens dieux de la nature.

C’était la voix des fleurs dans le vent de l’Ouest, l’aimable, l’ancien, le paresseux vent de l’Ouest, soufflant sans cesse, soufflant d’un air endormi, retournant à la Grèce.

Les forêts sont parties, elles sont tombées et nous ont laissés; les hommes ne nous aimes plus, nous sommes seuls à la lumière de la lune. De grandes machines prennent d’assaut les beaux champs, leur chemin s’allonge rudement et terriblement en haut et en bas des terres.

Les villes cancéreuses se propagent sur l’herbe, elles font sans cesse du bruit dans leurs tanières, elles scintillent contre nous brisant la nuit.

Les forêts sont parties, Ô Pan, les forêts, les forêts. Et tu es loin, Ô Pan, très loin.

trad. tirée de Lord Dunsany [Edward J. M. D. Plunkett]. “The Prayer of the Flowers” dans Fifty-One Tales. London: Elkin Matthews, 1915.

On a soif de verdure

Le monde naturel est essentiel pour le bien-être humain – physique, psychologique et spirituel. Les sciences nouvelles comme l’écopsychologie reconnaissent ce que le paganisme a déjà accepté depuis longtemps – nos psychés sont profondément connectées et affectées par la nature. Cela est vrai pour des raisons bien évidentes. Nos humeurs sont affectés par la quantité de lumière. Pendant l’hiver, on peut succomber au trouble affectif saisonnier (TAS). Quand il fait beau et nos muscles sont chauds et relaxés, on se sent heureux. Mais l’impact psychologique de l’environnement est important dans d’autres façons aussi. Nos esprits et cœurs désirent la beauté de la nature. On a soif de cela et on se sent consciemment ou inconsciemment privé quand on en est séparé. Quand on se sent écrasé par le béton et les bâtiments, on réagit en se sentant aliéné, déprimé, malheureux. L’aliénation humaine est plus forte quand on est plus loin du monde naturel dans lequel notre espèce s’est développée.

Comment pouvons-nous maintenir en vie notre connexion avec la nature?

Le désir humain de se reconnecter avec la nature est fort, mais quand nos vies sont sujettes à trop d’exigences opposées il est facile de le supprimer, ou simplement de ne pas le remarquer. Même pour les païens il est facile de l’oublier. On peut se retrouver dans nos maisons avec un chauffage central, monter sur nos voitures climatisées pour se rendre au Sabbat dans une maison de banlieue pour célébrer les Dieux de la nature, sans jamais avoir un contact avec le monde naturel.

Le travail physique peut être un moyen efficace pour se connecter avec notre nature; en particulier quand cela implique le travail avec ce que la nature offre – la terre, et les matériaux naturels comme le bois, la laine et la pierre. Beaucoup d’entre nous vivent collés à l’écran de l’ordinateur dans des bureaux et des centres d’appels qui offrent une atmosphère plus agréable que celle des usines, mais cela peut être également démoralisant. Le corps humain n’a pas été fait pour rester assis immobile pendant des heures. Quand cela devient notre style de vie, les maladies de la civilisation suivent – obésité, hypertension artérielle, diabète, troubles musculosquelettiques, mal au dos. Quand nos corps sont obligés et forcés à vivre en mauvaise santé, notre niveau d’énergie est réduit et on est privé physiquement ainsi que spirituellement.

Écologiser la ville, écologiser l’esprit

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Peu d’entre nous peuvent tourner le dos à la vie urbaine pour vivre à l’extérieur mais on peut tous trouver des moyens pour prendre part au monde naturel, à travers le jardinage, les travaux de préservation, ou en faisant des randonnées. Beaucoup de villes ont des projets et des groupes qui travaillent pour écologiser la ville, planter des arbres, créer des jardins et des parcs, et nettoyer les rivières. Les arbres et la verdure ont un impact énorme sur la psychologie humaine; il produisent aussi de l’air propre qui nous aide à mieux respirer, à avoir une plus grande énergie et à améliorer notre pensée. Planter un arbre et les travaux écologiques nous permettent d’écologiser la ville et d’écologiser nos esprits à la fois. Tout le monde peut s’engager avec la terre, même si on reste renfermé chez soi et ne pouvant pas se déplacer. Les abeilles peuvent être élevées dans un cadre urbain et la nourriture peut être cultivée à l’intérieur – les plantes de tomate, par exemple peuvent pousser sur le rebord d’une fenêtre. Faire pousser quelque chose à manger pour le sabbat est un moyen très simple pour s’engager avec la nature.

« Parfois je me sens comme si j’étais … moi-même vivant dans tous les arbres”

Quand j’étais petite je croyais mourir si je n’arrivais pas à grimper sur un arbre. En tant qu’adolescente j’ai dû abandonner cette activité, mais la connexion avec les arbres est restée. Les arbres font partie de notre mémoire archétypique, le lieu où notre espèce a évolué de notre condition de singes à celle de conscience. On sent que la connexion avec les arbres est important et cela est vrai pour adultes et enfants. La citation ci-dessus tirée de la biographie de Carl Gustav Jung Memories, Dreams, Reflections (Ma vie. Souvenirs, rêves et pensées NdT) exprime ses sentiments pendant la vieillesse, passée en simplicité dans une tour en pierre qu’il avait construit sur les rives du lac de Zurich.

Se connecter avec un arbre

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Un exercice simple que nous demandons aux gens qui commencent leur entraînement dans la Wicca est de trouver un arbre personnel et de se connecter avec lui pendant une période. Cela ne doit pas forcément être une ancienne forêt de chênes. Cela peut être un arbre dans un parc public que vous pouvez visiter à l’heure du déjeuner. Comment trouver le bon arbre? Avant tout, vous vous promenez près de chez vous pour voir quel genre d’arbres poussent. Savez-vous combien d’espèces différentes poussent près de chez vous? Connaissez-vous leurs noms? Si ce n’est pas le cas prenez des photos ou simplement une feuille, et utilisez-la pour identifier l’espèce.

Quand vous aurez trouvé celui qui vous plaît, restez près de lui et observez le mouvement de ses feuilles dans le vent, le son du vent à travers ses branches, le chant des oiseaux. Si vous vous sentez attirés, approchez-vous. Puis touchez le tronc de l’arbre. Mettez les paumes des vos mains contre lui. Comment vous sentez-vous? Fermez les yeux et sentez l’énergie dans l’arbre. Est-elle endormie, ou bien sa sève pulse avec la vie du printemps? Observez ce que votre corps sent. Permettez à votre psyché de se fondre un peu avec l’arbre. Comment c’est d’être enraciné dans la terre et de tirer la nourriture depuis le soleil et la pluie? Si vous vous sentez bien, prenez de l’énergie de l’arbre. Sentez sa puissante énergie couler en vous. Son temps est plus long que le votre, son pas est plus lent. Il a beaucoup vu, beaucoup absorbé, beaucoup enduré. Il y a beaucoup de choses que l’on peut apprendre grâce aux arbres. Si on le visite pendant un cycle saisonnier, on verra les messages des sabbats dans ses changements saisonniers et cela peut être aussi puissant qu’un rituel.

Traduction de Valentina Voxifera Ferracioli