LEGAL Suicide 190446

Adieu Sir Terry Pratchett

de Vivianne Crowley

Trad. V.F. Voxifera

Quand il est temps que la vie s’arrête, la Mort sera mon premier choix!  

Terry Pratchett, Le Dernier Continent, Disque-Monde 22

  

La semaine dernière les médias mondiaux ont annoncé la mort de l’écrivain fantasy anglais Terry Pratchett (28 avril 1948 – 12 mars 2015). Après 70 livres, 70 millions de copies vendues et traduites en 37 langues, et après 44 ans comme écrivain professionnel, l’un des auteur les plus intelligeants et visionnairs est passé dans le Grand Au-delà.

Terry a écrit beaucoup par rapport à la Mort, un être qui prend son travail au sérieux et qui semble souvent surprendre ses victimes. 

TU ME DEMANDE, dit la Mort. SI JE SUIS VRAIMENT LÀ, GARÇON?

« Oui », dit Mortimer lentement. « Je…j’ai observé les gens. Elles te regardent mais elle ne te voient pas, je crois. Tu fais quelques chose à leurs esprits. »

La Mort secoua la tête.

ELLES FONT TOUT ELLES-MÊMES, dit-elle. IL N’Y A AUCUNE MAGIE. LES GENS NE PEUVENT PAS ME VOIR, ELLES NE LE PERMETTENT SIMPLEMENT PAS. JUSQU’À CE SUE LEUR MOMENT EST ARRIVÉ, BIEN EVIDEMMENT. LES MAGICIENS PEUVENT ME VOIR, LES CHATS AUSSI. MAIS UN HOMME COMMUN …NON, JAMAIS. Il fit un rond de fumée vers le ciel, et ajouta BIZARRE MAIS C’EST VRAI.

Terry Pratchett, Mortimer, Disque-Monde 4

Terry était bien prêt à regarder la mort dans les yeux.

Un homme à la recherche d’un épée 

J’ai rencontré pour la première fois Terry Pratchett il y a un quart de siècle quand on organisait la première conférence de la Pagan Federation à l’intérieur. Terry nous a supporté tout de suite. Il arriva avec son caractéristique Fedora noir et son intervention nous laissa entre les rires et les larmes qui coulaient. Il jugea avec humour l’ensemble très varié de participants à la compétition pour le « Best Magrat ». Si vous ne le savez pas – Magrat Goussedail, Mémé Ciredutemps et Nounou Ogg sont les sorcières du coven de Lancre. À la différence des autres, Magrat est une sorcière New Age, qui utilise avec enthousiasme les cristaux et, ce qui est encore plus outrageux pour Mémé Ciredutemps – les chandelles colorées!

Terry fut bien impressionné par le talent des participants qui donnaient vie à ses personnages. De manière tout à fait impartiale, et bien en avance sur les temps, il conféra les prix à deux femmes et à un homme. Il regarda aussi les épées en vente, mais il ne trouva pas ce qu’il cherchait. Quelques années plus tard, quand il fut fait chevalier par la Reine, il fondit son épée depuis un dépôt de fer triuvé dans un champ près de chez lui à 14 milles au sud de Stonehenge. Il mêla le métal avec du fer météorique. C’était, disait-il « …très magique, tu dois y ajouter ce truc que tu y crois ou pas. »

Un auteur pagan-friendly

Dans les années qui suivirent, j’ai eu l’occasion de mieux connaitre Terry et son humour réchauffait très bien ces heures froides passées dans les backstage entre les nombreuses interventions. Pour être quelqu’un qui se definit athée et puis agnostique, Terry connaissait très bien le Paganisme. Il admirait les œuvres de Ronald Hutton et ses livres sont pleins de ces visions qui sont très familières si on a longtemps fréquenté les groupes païens.

Un lieu de réunion idéal pour les sorcières.

Cette nuit-là un feu brillait au sommet du mont dégarni. Des formes sombres bougeaient dans la lumière tramblotante. La lune planait à travers des dentelles de nuages. Finalement, une grande silhouette en chapeau pointu lança: « Tu veux dire que tout le monde a apporté de la salade de pomme de terre? »

Terry Pratchett, Mécomptes de fées, Disque-Monde 12

La Mort semblait préoccuper Terry

Probablement Terry savait que la mort l’aurait appelé bien avant que lui, sa famille et ses fans l’auraient souhaité. La Mort est l’un des personnages principaux dans ses livres et Terry souvent se réfère à Elle. La recension de son roman Les Tribulations d’un mage en Aurient, Disque-Monde 17 disait: 

Terry Pratchett naquit en 1948 et io n’est pas encore mort. Il a commencé à travailler comme journaliste un jour en 1965 et il vit son premier cadavre trois heures après, l’expérience de travail à l’époque etait importante.

En 2007, Terry reçut un diagnostic d’atrophie corticale postérieure (ACP), une forme rare de démence. On pense d’habitude à la démence comme à quelques chose qui affecte la mémoire, mais l’ACP est une progressive dégénération du cortex cérébral postérieur responsable de l’élaboration des informations visuelles. Elle se manifeste à travers une difficulté progressive qui affecte la lecture, l’orthographe, les opérations mathématiques, la capacité de conduire, et l’utilisation et l’identification des objets communs. Pour un écrivain comme Terry, c’était une maladie tragique, mais grâce à la technologie et aux assistants il a réussi à écrire encore des livres jusqu’à la fin de sa vie.

La Mort n’est pas cruelle, elle est juste terriblement, terriblement bonne pour faire son travail.

Terry Pratchett, Sourcellerie, Disque-Monde 5

Après le diagnostic Terry s’occupa d’autres causes. Il devint patron de l’Alzheimer’s Research UK et il donna 1 million $ à l’association. Il commença à se battre pour la légalisation du suicide assisté en Angleterre. En 2010, Terry fut invité comme premier écrivain à tenir le prestigieux et important Dimbleby Lecture. La maladie s’était déjà manifestée, donc Terry invita son ami acteur Tony Robinson pour l’assister pendant son intervention, Shaking Hands with Death (NdT: Serrer la main à la Mort). Terry lança un appel éloquent et touchant en faveur de ce qu’il appelait « solution raisonnable » – que tous ceux qui sont atteint par une maladie irréversible puissent choisir librement comment et quand mourir.

C’est une question qui a toucjé ma vie dejà deux fois. La première fois quand ma mère était en train de mourir à cause d’un cancer et un docteur très sage et empathique nous a aidé à prendre la décision « raisonnable » de laisser et attendre la fin. La deuxième quand j’ai été sérieusement malade. En pendant entre la vie et la mort, j’étais contenté d’aller au delà du confin ou de retourner, mai la terre de personne au milieu n’est pas un lieu où rester.

NE PENSE PAS MOURIR, dit la Mort. PENSE PLUTÔT PARTIR EN AVANCE POUR ÉVITER LA FOULE.

Neil Gailman et Terry Pratchett, Des bons présages, 1991

Mes experiences ont formé ma vision sur la mort assisté, mais la leçon de Terry a ramené la question à mon attention. Cet été-là j’organisait un atelier avec un groupe international de wiccan et on a passé des moments très touchants en parlant de comme cette question a touché nos vies et nos ressentis. Tout le monde croyait en la sainteté de la vie comme cadeau précieux des Dieux, mais beaucoup d’entre nous étaient fermement en accord avec la vision selon la qu’elle les individus sont autonomes, que l’on possède notre corps, et qu’on a le droit de mettre fin à notre vie si on est irréversiblement malade. Plus tard, la même année, j’ai eu la chance de participer à l’événement exclusif de Terry à la Conservative Party Conference pour la légalisation du suicide assisté. Le parti conservateur n’a jamais sympathisé pour les idées non-chrétiennes, mais l’éloquence de Terry, son authenticité et sincerté ont gagné.

Marcher bras dessous bras dessous

  

Dans son style, Terry a voulu que sa mort soit twittée. 

Terry Pratchett @terryandrob

AT LAST, SIR TERRY, WE MUST WALK TOGETHER. 3:06 PM – 12 Mar 2015

(NdT: ENFIN, MONSIEUR TERRY, NOUS DEVONS MARCHER ENSEMBLE.)

Terry Pratchett @terryandrob

Terry took Death’s arm and followed him through the doors and on to the black desert under the endless night. 3:07 PM – 12 Mar 2015

(NdT: Terry prit la Mort par le bras et la suivit à travers les portes et sur le désert noir dans la nuit éternelle.)

Terry nous a laissé trop tôt. Il nous manquera beaucoup et il sera déploré par millions de personnes, mais le travail qu’il a fait pour la littérature et la bienfaisance vivra encore.

Terry Pratchett’s 2010 Lecture can be viewed here: http://www.youtube.com/watch?v=90b1MBwnEHM

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En mémoire de Giordano Bruno, martyre

de Vivianne Crowley

Trad. de V.F. Voxifera

L’amour m’a donné une vision tellement haute de la verité…

(Giordano Bruno, ‘De l’Amore’ 1584, 2004 ed., 14)

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(Statue en bronze de Giordano Bruno par Ettore Ferrari (1845-1929), Campo de’ Fiori, Rome)

Le 17 février 1600, les cendres du moine italien Giordano Bruno, victime de l’Inquisition, furent transportées par le vent à travers les fenêtres des habitations de Campo de’ Fiori à Rome. Tous les mouvements politiques et religieux ont leurs martyres – ceux qui préfèrent mourir plutôt que renoncer à ce qu’ils pensent être vrai. Beaucoup d’entre nous ne vivent pas sous un régime politique et théologique qui condamne à mort tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, mais beaucoup de frères et sœurs hors du monde occidental vivent dans cette situation. Et dans cette première période du revival néo-païen, il y a qualqu’un à l’occident qui a encore besoin d’avoir un peu de courage pour manifester des nouvelles idées dans un société parfois sceptique et hostile. Se rappeler de nos héros peut nous aider à retrouver le courage dont on a besoin.

Donc, qui fut Giordano Bruno?

Giordano Bruno (1548-17 février 1600), moine dominicain rebelle, naquit à Nola, près de Naples, et il fut baptisé comme Filippo. Depuis son enfance il eut des experiences mystiques et il voyait des esprits entre les hêtres et les lauriers qui couvraient les pentes du volcan Vesuvio. Les germes du mysticisme païen naturel étaient présents mais, comme tous les autres jeunes garçons intellectuels et spirituels de son temps, il fut orienté vers le chemin de l’Eglise. À l’age de 15 ans il rentra dans un monastère dominicain, où il fut renommé Giordano.
Ce ne fut pas un choix très sage. L’ordre dominicain était tellement dédié à l’orthodoxie religieuse, qu’ils furents chargés d’instituer l’Inquisition. Il n’y avait pas de place pour un esprit investigateur. Giordano était brillant, trop brillant et subversif. Il encouragea ses camarades de séminaire à lire au delà des textes autorisés. Ceci et une pièce satyrique contre la corruption de l’Eglise attirères la rege de ses supérieurs. Après avoir caché un livre hérétique dans les latrines, il echappa juste avant d’être arrêté et accusé d’hérésie.

Les Ombres des Idées

Les pays qui étaient en train de se convertir rapidement au Protestantisme répresentaient un grand défi pour l’Eglise de Rome. Giordano éspera trouver un asile sur, mais les nouveaux protestants lui semblèrent aussi fanatiques et bigots que les chrétiens. Giordano trouva un milieu plus libéral et accueillant à Paris, où le roi resta suffisamment impressionné et lui accorda le titre de professeur. Cela lui donna la possibilité de terminer un des premiers oeuvres les plus importants, De umbris idearum – Les Ombres des Idées(1582), basé sur La République de Platon. Le livre propose une méthode mnémonique utilisant les images du zodiaque – les trente-six décans célestes décrits par Cornelius Agrippa dans De occulta philosophia – et il commençait à montrer la profondeur de ses idées hérétiques.
La chrétienté avait une vision profondément différente de la Terre et de sa place dans le cosmos par rapport à celle d’aujourd’hui. Pour les théologiens, il n’y avait qu’un seul cosmos – celui habité par l’homme, qui fut créé par un seul être divin en six jours, avec la planète Terre au centre, et l’être humain au sommet de la création. Le problème était que l’invention des verres avait donné la possibilité à l’homme d’observer le ciel. Depuis le 16ème siècle, l’invention des téléscopes a permis, en quelques simple observation, de comprendre que la vision religieuse du monde n’était pas correcte. L’astronome polonais Copernic avait déjà déclaré que c’etait le Soleil et non la Terre, au centre du ciel. Giordano était prêt à aller encore plus loin.

À la cour de la Reine Vierge

Giordano alla encore plus loin géographiquement – en Angleterre. À l’age de 35 ans il arriva à Londres, chez l’ambassadeur de France, et il fut accueilli à la cour de la Reine Elisabeth I. La cour élisabethaine était le milieu idéal pour un esprit ouvert. Le magicien et mathématicien Dr. John Dee était l’astrologue personnel de la reine. Pas seulement les hommes, mais aussi les femmes dans la cour, comme Mary Sidney Herbert, Comtesse de Pembroke, étaient des philosophes, des écrivaines, ou elles s’intéressaient à la science, à l’alchimie et à la magie. Giordano fut invité à l’Université d’Oxford pour parler de l’immortalité de l’âme. Ce n’était pas extraordinaire, c’était une croyance normale à l’époque, mais l’immortalité de l’âme pour Giordano incluait la réincarnation aussi et pour cela il n’attira pas la faveur des académiciens d’Oxford. La popularité de Giordano diminua, mais son séjour en Angleterre lui donna la possibilité d’écrire et publier ses oeuvres les plus importantes, comme De la causa, principio e uno – Cause, principe et unité et De l’infinito universo et mondi – L’infini, l’univers et les mondes.
Défier théologiquement des idées bien enracinées était assez dangereux mais Giordano bruno alla au déla de la science. Si la cosmologie chrétienne était incorrecte, alors il fallait reformer la religion. On n’avait pas besoin du Protestantisme, il disait, mais on avait besoin d’une nouvelle forme de religion, basée sur des formes divines évocatives en accors avec les nouvelles révélations scientifiques. Où est-ce qu’on peut trouver une religion pareille? Dans Spaccio de la bestia trionfante – L’expulsion de la bête triomphante (1584) – il répond: dans le Paganisme de l’Ancien Egypte, evidemment. Ce qui était évident pour Giordano devait être évident aussi pour les autres, si seulement il avait la possibilité de les convaincre.

Pas univers mais multi-vers

Aucune des visions de Giordano ne nous étonnerait pas aujourd’hui. En effet il fut un prophète du progrès scientifique, il a prévu beaucoup d’idées contemporaines sur la cosmologie. L’univers n’est pas limité, il disait, mais infini. Il n’y a pas un seul univers mais un multi-vers – un nombre infini d’univers qui contiennent des soleils infinis avec des planètes habitées comme la nôtre, et les étoiles de la nuit sont les soileils des autres univers. Mais Giordano eut la malchance d’être né dans son époque, une époque où la liberté d’expression ne rentrait pas dans les idéaux des pays occidentaux; une époque où on aurait risqué la torture et la mort si on disait des choses qui allaient contre la théologie dominante.
Convaincu à rentre par un faux prétexte, Giordano fut bientôt arrêté, longuement interrogé et emprisonné, jusqu’à ce qu’une liste définitive d’accusations fut déclaré. Outre le reniement de certaines doctrines catholiques, Giordano fut accusé de croire en plusieurs mondes et en leur éternité, de croire en la métempsychose et en la transmigration de l’âme humaine dans les animaux; et de pratiquer la magie et la divination. Ses crimes étaient la science et le Paganisme.
Le 17 février 1600, Giordano paya le prix de ses idées et il fut brulé, après avoir déclaré à ses juges:

Vous éprouvez sans doute plus de crainte à rendre cette sentence que moi à la récevoir.

Giordano Bruno cité dans Kaspar Schoppe’s letter to Konrad Rittershausen, Rome, 17 février 1600 (Spampanato 1921, 801)

« O esprit … tu sera un feu ardent. »

Petit, maigre, aux cheveux roux et combattif, l’un des premiers livres de Giordano Bruno fut La Cena de le Ceneri – Le Banquet des Cendres(1584), dans lequel il comprend pour la première fois les implications radicales de l’univers héliocentrique de Copernic pour la théologie. Les images puissantes du feu et de la cendre jouent un rôle très important dans ses écrits. Et sa mort dans le feu et la cendre, le jour après le mercredi de Cendres 1600, fut terrible mais peut-être prévue. Et ce ne fut pas une défaite. Giordano brula, mais sa mémoire vit dans les esprits et dans les coeurs de tous ceux qui trouvent dans la science, pas un défi pour la spiritualité, mais émerveillement, étonnement et réverence.

Puisque depuis les cendres du feu, le Phénix est rené,
Et depuis la mort une nouvelle vie nait, bien que sous une forme différente.


Vivianne Crowley (1984)

Références

Bruno, Giordano, Principle and Unity, and Essay on Magic. Cambridge University Press. Richard J Blackwell. Edité par Richard J. Blackwell. Traduit par Richard J. Blackwell. Cambridge: Cambridge University Press. Publié pour la première fois 1584-5, 2004

Crowley, Vivianne. « Review: ‘Cause, Principle and Unity’ by Giordano Bruno. » Heythrop Journal 41, n. 2 (Avril 2000): 252-253

Wicca: A Comprehensive guide to the Old Religion in the modern world 2ème édition. London: Element/Harper Collins. Publié pour la première fois 1996, éd 2003

Firpo, Luigi. Il processo di Giordano Bruno. Napoli: Edizioni Scientifiche Italiane, 1949.

Spampanato, Vincenzo. Vita di Giordano Bruno: con documenti editi e inediti. Messina: G. Principato, 1921.

Qu’ils n’aient pas du pouvoir sur nous

de Vivianne Crowley

(Traduction de V.F. Voxifera)

En septembre 2001, j’étais aux Etats-Unis pour présenter un nouveau livre que j’ai écrit avec mon mari – Your Dark Side. C’est un livre qui parle de la transformation du coté sombre de la personnalité. Le matin du 11 septembre j’étais en train de parler dans une série d’émissions radio et on me posait des questions au téléphone dans la chambre de mon hôtel à New York. Juste après 8.45h, la réception telephonique commença à diminuer. Il y avait des craquements sur la ligne et il y a eu un changement dans les questions. « Que pensez-vous du terrorisme international? C’est une manifestation du coté sombre de la personnalité? » une grande question complexe – et j’ai essayé d’y répondre pendant les derniers dix minutes de l’interview. C’etait le 11 septembre 2001. Pendant que je parlait la première des deux Tours Jumelles a été abattue. Quand moi et mon mari sommes sortis dans la rue, le vol United States 175 avait abattu la deuxième.

Terroriste ou héros, fanatique ou martyr?

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Ce mois-ci on a assisté en Europe à l’acte de terrorisme le plus frappant. Le 7 janvier 2015, deux hommes armés au cri de ‘Allāhu akbar’,‘Dieu est grand’, et ‘le Prophète a été vengé’, ont attaqué le bureau du hebdomadaire satyrique Charlie Hebdo, en tuant douze personnes et en blessant onze personnes. Certains étaient membres de la rédaction de Charlie Hebdo. D’autres étaient de la manutention et de la police. Pourquoi ces hommes ont décidé d’attaquer? Parce qu’ils n’aimaient pas ce que les journalistes et les vignettistes de Charlie Hebdo disaient et dessinaient.

Quand j’ai entendu la nouvelle juste après, j’étais profondément frappée et angoissée. Paris est une ville icône, l’un des berceaux de la civilisation européenne. C’est aussi le berceau de l’art européen et le lieu de naissance de « Liberté, Egalité et Fraternité ». Je me sentais comme si quelques chose qui m’était chère était violée – une violence à mon Paris bien aimé.

Connaître l’ombre intérieure

C’est facile d’étiqueter les actions des terroristes comme « mauvaises ». ça a été ma toute première réaction quand j’ai entendu la nouvelle. Ça a été facile de passer du choc et horreur à la rage et le dégoût, et du degout à la sensation que les personnes qui ont fait cela etaient des aliens et « etrangers », « non-humain »; c’est trop facile de descendre cette pente glissante qui nous fait devenir exactement ce que les terroristes desirent – que leurs ennemis deviennent des semeurs de haine comme eux.

En tant que païenne, je ne crois pas en une force du « mal » externe dans l’univers. J’adhère plutôt à la vision de Mahatma Gandhi:

Les seuls diables sont ceux qui se trouvent dans notre coeur, et c’est là qu’on doit combattre nos batailles.

Mahatma Gandhi

Le mal est un produit humain, qui vient de la peur, de l’ignorance, de la rage et de la frustration. Quand ces pressions s’accumulent, c’est facile de croire qu’il y a une solution simple. La mutilation et la destruction de nos ennemis, l’inquisition, le nettoyage ethnique, les guerres religieuses – ils sont tous nourris par la même illusion – qu’il y a une idéologie bonne, pure et correcte qui peut améliorer ce monde. Si les gens n’adhèrent pas, elles sont mauvaises et il faut les détruire. Une fois que l’on a étiqueté un groupe comme « étranger », ennemi, on peut se persuader que toute action est justifiable afin de protéger ce qu’on pense être juste et précieux.

L’histoire nous montre qu’aucun groupe est immune à cette pensée. Penser « je ne pourrais jamais être comme ça » c’est très dangereux. Si on ne connais pas le pouvoir séduisant de la rage justifiée, c’est très difficile de l’extirper de notre psyché. Et on se retrouve tout à coup dans sa prise. La capacité de faire du mal est typique de notre nature humaine. Elle arrive quand on a la possibilité de choisir. En tant qu’humains on a la possibilité de faire des actes qui servent un bien supérieur ou bien des actes misérables et destructifs. Ces choix, que l’on rencontre quotidiennement, sont sujets à nos émotions contrastantes – amour, haine, pitié, cruauté, avarice, égoïsme et altruisme – qui font partie de la réalité du coeur humain.

Dans le système de Carl Gustav Jung nous êtres humains partageons et héritons une psyché collective, l’inconscient collectif, qui représente l’ensemble des potentialités humaines, bonnes ou mauvaises. Beaucoup d’entre nous n’ont pas eu les experiences extremes de vie qui peuvent nous transfomer en des etres mauvais, mais tout le monde a la capacité de faire du mal. On peut être potentiellement totalement indifférents aux autres, comme on peut être potentiellement compassionnel, souciant et intéressé. Nier l’existence de notre ombre crée bien plus de problème que quand on la reconnaît, même si ce n’est pas trop agréable. Quand on la refuse, nos besoins négatifs – la malice, la jalousie et l’envie – augmentent, et se nourrissent dans l’obscurité. On peut croire que notre haine n’est pas maivaise – mais bonne, correcte et appropriée. C’est le vin enivrant de la colère justifiée, la drogue intoxicante des guerres religieuses et idéologiques.

Défendre ce que l’on aime

Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire.

Evelyn Beatrice Hall (1907) The Friends of Voltaire,

G. P. Putnam’s Sons, New York, p. 199.

Même si je vis en partie en France, je n’avais jamais entendu parler de Charlie Hebdo, ou ses contenus. Sa diffusion hebdomadaire compte environ 45,000 copies. C’est très petit dans le grand domaine des médias mondiaux – et on le publie en une seule langue – le français. Ceux qui ne veulent pas ne sont pas obligés de lire, de regarder, ou bien de jeter sa haine sur Charlie Hebdo. Maintenant tous ceux qui le désirent peuvent accéder au matériel qui a vexé les deux terroristes. Je dis « tous ceux qui le désirent » parce que personnellement je n’ai pas envie de regarder du matériel qui dénigre les croyances religieuses des autres. Mais je ferais tout ce que je peux pour acheter la dernière copie du journal puisque, en faisant écho aux célèbres paroles d’Evelyn Hall et qui encharnent parfaitement l’esprit de l’écrivain libertaire Voltaire (1694-1778), je respecte le droit de critiquer les croyances des autres.

Quand en 1989 Ayatollah Khomeini en Iran a déclaré que l’écrivain Salman Rushdie était une cible légitime seulement parce que l’Ayatollah n’aimait pas ce qu’il avait écrit dans son roman The Satanic Verses, je suis sortie et j’ai acheté une édition en couverture rigide. Pourquoi? Pas parce que je voulais le lire. J’y ai essayé – et je l’ai trouvé assez ennuyant – mais plutôt parce que je ne voulais pas vivre dans un monde où les fanatiques religieux tuent quelqu’un pour lui empêcher de dire des choses qu’ils n’aiment pas.

Les débats entre païens sur comment s’opposer au mal se transforment en disputes entre ceux que j’appelle paiens « Ancien Testament »  « oeil pour oeil » et les paiens « Nouveau Testament » « aime tes ennemis ». Ayant le Bouddhisme comme « deuxième religion », je suis pour un compromis. Je ne hais pas les terroristes qui ont fait ces horribles choses. Je me refus à me faire infecter par leur rage. Je suis un être humain libre et je choisis de ne pas descendre cette pente glissante. Mais je ne les aime pas non plus. Je permets à ma rage de se transformer en mépris et le mépris est un pas facile vers la pitié. J’ai pitié de ces jeunes hommes qui ont été séduits par le vin enivrant de la haine. J’ai pitié du fait qu’ils ne vivront pas la sagesse de l’âge mûr et qu’ils ne connaitront pas l’inutilité des idéologies qui n’apportent rien de positif à la condition humaine. Je prie que tous ceux qui sont comme eux se réveillent de la fantaisie à la réalité et que nous ayons la force de créer un monde où cette haine n’ait pas de place.

Beaucoup d’entre nous n’ont pas beaucoup de pouvoir dans ce monde. On peut faire seulement ce qu’on peut dans notre petite sphère d’influence. Mais il y a un endroit où l’on peut toujours commencer. C’est dans notre intérieurité. Refuser le mal c’est d’être fort face à la terreur, rester résolu dans nos valeurs et dans nos croyances, pour se refuser de partager la haine des terroristes.

 

Que la peur du mal n’ait pas de pouvoir sur nous

Que la semence de la haine ne s’enracine pas dans nos coeurs

Que notre volonté soit forte et notre vision soit claire

On vaincra.

« Car c’est la joie qu’on apporte » …sauf si l’on est déprimé

de Vivianne Crowley

(traduction de V.F. Voxifera)

Mes yeux noirs regardent dans la nuit,
en attendant l’arrivée de l’aurore.
En quoi avez-vous confiance,
vous qui avez choisi le jour comme votre père et mère,
quand le jour se termine?

La fin de l’année est la période traditionnelle pour penser aux résolutions pour le nouvel an. Idéalement on réflechit sur l’année qui vient de passer et on pense à comment on veut évoluer la prochaine année – ce que l’on veut faire et obtenir, ce que l’on veut changer de nous et du monde autour de nous. Beaucoup de ces résolutions vont vite disparaitre de notre esprit mais un moyen pour les fixer dans notre psycjé est celui de créer un rituel proche du nouvel an pour réflechir sur l’année – les succès et les échecs, les joies et les douleurs, pour résoudre et mettre à profit les bonnes choses et laisser aller ce que l’on veut oublier. On peut retenir quelques souvenir douloureux – le souvenir des personnes aimées qui sont passées au delà du voile par exemple – mais les autres ne sont pas nécessaires. En tant que païens, la saison que l’on célèbre nous apprend la réalité de l’univers – tout est limité. Le passé n’existe plus sauf dans notre mémoire. Si on a le courage, on peut laisser aller ce qui n’est plus nécessaire pour nous.

Trouver le point au centre

D’où vient-il ce courage? Très souvent on n’est pas courageux. La plupart des problèmes de ce monde naissent de la peur – la peur de l’inconnu, la peur de ceux qui sont différents par rapport à ce que l’on connait. La différence nous provoque. Elle répresente le vide qui se trouve entre ce que l’on voudrait et la réalité. On réagit à la peur de manière différente. Quelques fois on échappe, d’autres fois on attaque. Quelques fois elle nait de l’instinct et de l’habitude et elle nous fait perdre. Quand la vie devient difficile on doit canaliser notre expérience spirituelle et magique pour nous aider à rester au centre entre des forces opposées qui nous poussent d’une part à l’autre, pour nous aider à être ce point fixe au centre du cercle où l’on peut retrouver la calme, la paix et la capacité de choisir. La capacité de choisir est ce qui nous rend humains – des êtres conscients qui sont capables des actes de volonté.

S’adresser aux Puissants

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La fin de l’année est la période pour fêter. C’est aussi le moment pendant lequel on se sent encore plus seuls s’il y a quelques chose dans notre vie qui ne va pas. Si les cloches sonnent et les feux d’artifice explosent dans la joie typique de cette période et on ne la ressent pas, alors la différence entre la réalité et l’attente peut être douloureuse.
Quelques fois on arrive à trouver la volonté pour continuer et pour voir les jours meilleurs qui vont arriver, mais tout le monde a passé des périodes pendant lesquelles la vie semblait écrasante. Les peurs, les douleurs, et les déceptions nous harcèlent. Au lieu de rester au centre du cercle, en contrôlant les forces opposées, on se retrouve écrasé – on est à genoux, incapables d’affronter ce qui nous entoure et incapables de prendre les décisions et faire les choix nécessaires. À quoi peut-on s’adresser pour avoir un aide? Dans le Paganisme, à quoi peut-on s’appuyer pour continuer?
Dans certaines traditions spirituelles, pendant les périodes problématiques, les gens s’adressent à leur divinité patronne avec laquelle ils ont un rapport personnel. On peut avor un rapport avec la Déesse ou le Dieu que l’on sert en tant que Prêtre et Prêtresse. Quand l’ombre semble s’allonger, on peut s’adresser à notre divinité pour demander de l’assistance. Mais beaucoup de païens ont un rapport plus distant avec les divinités. Si on s’adresse premièrement à Gaia, ou à la conscience de l’univers, il peut sembler que le Divin ne se soucie pas des nos problèmes personnels. Même si ces problèmes semblent écrasants à nos yeux, au fond de notre coeur on sait qu’ils sont très triviales par rapport au grand schéma des choses. En effet, en se rappelant de cela on peut faire un premier pas vers la réalisation qui nous per met de prendre le contrôle de nos vies et de prendre les décisions qui nous permettent de progresser.

On ne travaille pas seuls

De plus, nous ne devons pas se prendre le risque d’une aventure en solitude,
parce que les héros de tout temps sont partis avant nous:
le labyrinthe est entièrement connu;
nous devons seulement suivre le fil du chemin du héros.
Et où nous pensions de trouver une abomination,
on trouvera un dieu;
où nous pensions de voyager à l’éxterieur,
on se retrouvera au centre de notre existence,
et où nous croyions être seuls,
nous nous retrouverons avec tout le monde.

Joseph Campbell (avec Bill Moyers). The Power of Myth. Edité par Betty Sue Flowers. New York: Doubleday and Co., 1988

Si on n’a pas une relation intime et personnelle avec une divinité, cela ne signifie pas qu’on est spirituellement isolé et seul. Il y a des forces dans l’univers qui sont plus proches de nous que la conscience qui fait bouger l’univers – et ce ne sont pas des anges ou des démons. Beaucoup d’entre nous honorent les ancêtres spirituels, ou les Puissants, des êtres humains qui ont parcouru le chemin que maintenant nous parcourons et qui ont été des pionniers sur les chemins que nous essayons de créer. Aucun chemin est pareil à un autre, mais les innovateurs qui ont aidé à créer le Paganisme post-chrétien qu’on pratique aujourd’hui nous ont laissé une carte du territoire.

S’adresser aux Puissants

On ne doit pas prétendre que nos ancêtres spirituels ont été des saints dans leur vie. Le Paganisme est un chemin terrestre et si on est sage on gardera un esprit assez concret qui nous permet de comprendre que les êtres humains ne sont jamais parfaits en vie et que la mort ne nous rend pas immédiatement des grands sages. À Samhain, quand le voile entre les mondes est subtile, on invite souvent nos ancêtres, les Puissants, à nous rejoindre, mais on ne doit pas les ignorer pendant le reste de l’année. Ceux qui sont sortis de leur corps n’ont pas nécessairement oublié ce monde. Beaucoup d’entre eux restent proches de ce monde, ils se soucient de son destin. Souvent ils s’approchent de nous pendant nos méditations et quand on fait nos rituels. Ils aiment et s’occupent de ceux qui les ont suivis.
Les activités rituelles sont des moyens pour canaliser les énergies. Ce sont les énergies de ceux qui sont dans l’espace rituel, mais ce sont les énergies de la période et de la saison. Quand dans la psyché humaine il y a un si grand nombre de personnes qui se tourne vers la fin de l’année, c’est bon moment pour canaliser l’énergie du renouvellement dans nos vies. Si on reste dans le cercle et on demande à nos ancêtres de nous guider pour la nouvelle année, ce sera une préparation idéale pour une divination qui nous aide à nous focaliser sur ce que l’on doit faire dans le nouvel an. On peut inviter les Puissants à s’approcher, à nous conseiller et à nous guider quand on doit affronter des problèmes; à nous pousser avec ces petites synchronicités qui nous aident à avoir des visions, à voir des nouveaux chemins, opportunités et connections qu’on n’aurait noté autrement. Ils ne sont pas tous des grands sages mais quand on sort du corps, on se retrouve dans un lieu sans temps et on atteint un état dans lequel le passé, le présent et le futur sont égaux « maintenant ». Si on s’approche d’eux, on peut marcher en ce lieu sans temps pour un instant, au centre, où tout notre potentiel rete caché, le fils solaire et le héros solaire qui sont en nous, prêtes encore une fois à affronter et étreindre le monde.

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‘Chaque homme et chaque femme est une étoile’

de Vivianne Crowley
(Traduction de V.F. Voxifera)

Si quelqu’un vous demande, ‘Qu’est-ce que Aleister Crowley, Gerald Gardner, Dion Fortune, Doreen Valiente, Kenneth Grant et Margot Adler ont en commun?’ Vous allez peut-être répondre qu’ils sontp tous des auteurs, ou bien qu’ils ont été très importants dans la redecouverte du Paganisme et de l’occultisme. Une autre réponse peut être qu’ils ont tous cité les mots de Carl Gustav Jung dans leurs oeuvres. Pourquoi Jung et pourquoi semble-t-il si important pour eux?
Aleister Crowley (1875-1947) naquit en la même année que Jung et il vécut les mêmes Guerres Mondiales et les mêmes changements dans la culture et société occidentales. Entre Thélème et la psychologie analytique il semble y avoir une grande distance, mais Crowley fut l’un des premiers lecteurs de Jung. En 1919, deux livres l’ont aidé à écrire ‘un traité formidable de quarante cinq mille mots’. Ces oeuvres furent Le Rameau d’or de Sir James Frazer et Psychologie de l’inconscient de Carl Jung. (Crowley, 1979 ed., p. 809).
Qu’est-ce qui a attiré le grand magicien vers l’oeuvre de Jung? Crowley ne fut pas vraiment un grand supporteur de la psychanalyse, mais en la fin de 1916 il écrivait dans l’édition americaine de Vanity Fair:

On n’est pas surpris en apprenent que le docteur Jung de Zurich a refusé quelques conclusion de Freud. Au lieu lier la volonté au sexe, il lie le sexe à la volonté. Donc, inconsciemment, il a ouvert la voie pour le retour de l’ancienne idée magique qui considère la volonté comme aspect dynamique du soi. Chaque individu, selon les initiés, a un but bien définit, et il assume une forme humaine, avec ses privilèges et ses limites, pour accomplir ce but. Cette vérité est bien exprimée en langage magique par la phrase ‘Chaque homme et chaque femme est une étoile’… (Crowley, 1916)

Trouver un centre

Aleister Crowley

Aleister Crowley

Pour Crowley, le travail de Jung conduit à ses mêmes conclusions – que chacun de nous a un but dans cette incarnation. Crowley considéra cela comme trouver son Vrai Soi, ou la Vraie Volonté. Dans le langage de Jung, ce but est « l’individuation » et le résultat final c’est de trouver le « soi ».

J’ai appelé cette totalité qui transcend la conscience, « soi ». Le but de ce procès d’individuation est la synthèse du soi.
(Jung, 1940, pp. 164, para. 278)

Selon Jung le soi est le soi le plus profonde:

…une conscience qui n’est plus coincée dans le monde personnel, super-sensible et fermé de l’ego, mais elle participe librement dans le vaste monde des intérêts objectifs. …en conduisant l’individu vers une communion absolue, indissoluble et liante avec le vaste monde.
(Jung, 1916/1928/1934, pp. 178, para. 275)

Ceci n’est pas le « moi » que l’on voit dans le miroir chaque matin. Ce n’est pas le produit de cette incarnation, bien que cette incarnation puisse contribuer. C’est plutôt le « soi » que l’enseignement hindou appelle « atman », notre noyau le plus profonde et durable.
Le procès de réalisation du soi inplique un déplacement du centre de conscience, de celui de l’ego à celui du soi. Cela est possible en s’ouvrant à ces parties de la psyché qui sont cachées et inconnues. On commence à sentir cette conscience plus vaste dans le monde du sommeil et du rêve. On peut également y accéder à travers la méditation, la visualisation et le rituel. Ce sont tous des procès qui bien évidemment font partie de la pratique de la plupart des païens.

Accepter l’ « autre »

Le voyage extérieur qui nous met en contacte avec la Nature, avec les Dieux, avec la Déesse, commence inévitablement à nous ouvrir à un endroit intérieur, le monde magique dans notre inconscient. Ce procès, s’il est bien administré, ne mène pas seulement à une ouverture mais à une intégration aussi – une acceptation du fait que les aspects qu’au début on considérait comme « autre », « pas-moi », font en réalité partie de notre être. Cela inclut l’ « intériorité sombre », l’ombre qui est le côté en négatif de notre personnalité que l’on préfère rejeter. Ce procès de réveil, réalisation, acceptation et intégration de l’ « autre » crée un nouveau centre qui entre en tout notre être, ce que Jung appelait « individuation ».

Individuation signifie devenir un « in-dividu », et, vu que l’ « individualité » comprend notre plus incomparable unicité intérieure, cela implique de devenir un avec son propre soi. On peut alors traduire individuation comme « atteindre le soi » ou « auto-réalisation ».
(Jung, 1916/1928/1934, pp. 173, para. 266)

Il y a beaucoup de chemins pour arriver à ce changement intérieur. La plupart des changements spirituels et psychologiques arrivent à travers les « initiations » de la vie quotidienne, quand on devient adulte et on apprend à avoir des responsabilités vers d’autres personnes. Mais une vie spirituellement et magiquement active peut bien accélérer ce procès – si on se prend du temps pour une vie spirituelle. Cela signifie employer son temps pour entrer en communion avec son propre monde intérieur, sa propre psyché profonde, la source de la vision et de l’inspiration. Le rituel, la méditation, la création artistique, l’écriture créative – ce sont des chemins pour l’inconscient et l’inconscient est un portail pour l’inconscient collectif de toute l’humanité. Qu’est-ce que c’est l’ « inconscient collectif »? On peut le voir comme une « zone a-temporale », un état de conscience au delà du temps et de l’espace, au delà du corps et au delà de notre incarnation actuelle. C’est un état de conscience que l’on perçoit et puis qu’on perd, et que l’on perçoit encore. Certaines pratiques du Paganisme – invocation, méditation, contemplation, voyage intérieur – peuvent nous aider à l’atteindre.

On est le Paganisme

Ces pionniers qui ont développé le Paganisme comme on le pratique aujourd’hui, ne sont pas arrivés à ce niveau en publiant des commentaires sur les groupes Facebook, ou en participant à des débats sur la réalité des dieux. Ils sont arrivés à ce niveau en dialoguant avec leur psyché intérieure. Pas tout le monde est un pionnier du Paganisme, destiné à écrire des livres érudits pur les autres; mais on est tous des pionnier parce qu’on est la première génération qui a appris à vivre comme des païens et à construire un Paganisme qui répond aux besoins de générations futures. Comment le Paganisme doit être vécu? Comment notre pratique peut créer un chemin pour l’auto-réalisation qui répond aux nécessités de ceux qui sont portés au changement spirituel? Comment peut-on vivre le paganisme si l’on veux créer quelques chose de nouveau, de beau et puissant qui va améliorer le monde, ou des petites parties? Ce sont les grandes questions qu’on affronte chaque jour, en chaque choix que l’on fait, et comment on choisit et décide de diriger nos énergies et notre temps.

Créer des constellations

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Aucune tradition spirituelle peut avancer au delà des individus qui en font partie, donc notre présent est le mieux qu’on puisse obtenir. Si on veux que le Paganisme se développe et prospère, on doit créer en nous une communion avec les Dieux et avec la psyché plus profonde qui nous change et qui inspire les autres. Tout cela prend tu temps, du temps intérieur. On ne peut pas le faire simplement en écrivant, en encourageant les autres, en organisant, en enseignant – tous ces choses sont importantes, mais ce seront authentiques et durables seulement si elles sont construites sur une véritable expérience spirituelle. Cela ne peut pas être absorbé indirectement, même si les expériences des autres peuvent nous inspirer. Chacun de nous doit créer du temps et de l’espace pour transformer notre intérieur.Chaque homme et chaque femme est une etoile, et pour créer un nouveau Paganisme on a besoin des constellations – des individus en contacte avec leur veritable et authentique soi et qui travaillent en harmonie avec les autres, et on obtien cela seulement en creant l’harmonie en nous-memes. Cela est le defi que l’on doit affronter.

Références

Crowley, A. (1916, December). An improvement on psycho-analysis: The Psychology of the Unconscious – for dinner-table consumption. Vanity Fair , pp. 55, 134.

Crowley, A. (1979 ed.). The Confessions of Aleister Crowley: An Autohagiography (2nd edition. First published 1969 ed.). (J. Symonds, & K. Grant, Eds.) London, Boston and Henley: Routledge & Kegan Paul.

Jung, C. G. (1940). The psychology of the child archetype. In C. G. Jung (1968 ed.), The Collected Works of C. G. Jung, Vol. 9, part 1, Archetypes and the collective unconscious (pp. 151-181). London: Routledge & Kegan Paul.

Jung, C. G. (1916/1928/1934). The relations between the ego and the unconscious; part 2: Individuation. In C. G. Jung (1966 ed.), The Collected works of C. G. Jung, Vol. 7, Two essays on analytical psychology (pp. 173-241). London: Routledge & Kegan Paul.

‘Et au delà de la mort je donne la paix et la liberté…’

de Vivianne Crowley 

Traduction de V.F. Voxifera

On est en train d’entrer dans le signe astrologique du Scorpion, quand notre esprit tourne naturellement vers la mort. Reconnaître la réalité de la mort c’est quelques chose que l’on fait – et que l’on ne fait pas. La plupart de nous hésite entre l’acceptation théorique et l’indifférence. Quelqu’un de nous a perdu des parents ou amis pendant l’adolescence ou à vingt ans et on a du faire face à la mort et à la douleur très tôt . On peut perdre les parents et les elders spirituels, et on trouve que les gens de notre génération tombent malades et meurent, parfois bien plus tôt que prévu.

Quand il atteignit sa quarantaine, le célèbre psychologue Carl Gustav Jung (1875-1961) écrivit dans son journal personnel Le Livre Rouge.

On a besoin de la froideur de la mort pour voir plus clairement. …Si j’accepte la mort, alors mon arbre devient vert, puisque la mort accroit la vie. Si je plonge dans la mort qui englobe le monde, alors mes bourgeons s’ouvrent. Que notre vie a besoin de la mort!

La joie pour les petits riens arrive à toi seulement quand tu as accepté la mort … Si tu accepte la mort, c’est à la fois comme une nuit glaciale et un pressentiment angoissant, mais c’est une nuit glaciale dans une vignoble pleine de doux raisins. Tu prendra bientôt plaisir de ta richesse. La mort fait mûrir. On a besoin de la mort pour pouvoir récolter les fruits. Sans la mort, la vie n’a pas de sens, puisque ce qui dure longtemps se lève encore et nie sa signification. Pour être, et réjouir de ton existence, tu as besoin de la mort, et cette limitation te permet d’accomplir ton existence.

Carl Gustav Jung, Liber Novus/Le Livre Rouge, 2009 ed., 274-275.

Il croyait qu’en affrontant la réalité des limites de la vie humaine cela faisait du bien. L mort peut nous aider à apprécier la vie.

Conscience au delà du corps

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Beaucoup de païens croient que la mort n’est pas la fin de l’existence. Etant païens, on est les héritiers des anciennes traditions à mystères. L’une des finalités du processus initiatique était celle d’apprendre aux initiés la réalité de la vie après la mort. L’initié était exposé à des rituels et symboles qui causaient en lui un changement intérieur qui faisait passer un message à propos de son endurance. Ce n’est pas le « moi » constitué par l’ensemble des expériences d’une seule incarnation, mais c’est quelques chose de plus profond, et sans limites.

Qu’est-ce que c’est ce genre de conscience? Parfois on l’aperçoit, on la goute, et on en fait l’expérience. Pendant nos méditations les plus profondes, quand on est seul dans la Nature, et parfois pendant des moment intenses d’amour, sexe, douleur, initiation. Si l’on a de la chance, on a eu des expériences spirituelles qui nous ont appris que le corps n’est pas le borne de notre existence; que la façon par laquelle nos sens perçoivent le temps et l’espace n’est qu’un élément momentané, une représentation de la réalité transmise dans les limites des nos sens et leurs capacités. Les expériences de synchronicité, télépathie, rêves prémonitoires, rencontres surnaturelles, et les expériences hors du corps, comme les rêves lucides nous permettent de comprendre que notre conscience et l’image que l’on a de soi peuvent être séparés du véhicule physique du corps.

Les expériences de mort-retour, pour ceux qui l’ont testé, peuvent nous transmettre ce que les anciens mystères ont appris – que la conscience existe au delà du corps. Ce genre d’expérience est éxperienciel et individuel. Il ne peut pas convaincre ceux qui ne l’ont pas testé. Ce n’est pas quelques chose que l’on peut expliquer avec des mots et des argumentations rationnelles; ni émotionnelles. Ce n’est point question de satisfaire un désir ni de se défendre contre la réalité de notre mortalité. Ce sont des expériences qui sont réelles, ineffables, profondes et qui changent la vie.

L’expérience de mort-retour de Carl Jung

Dr Carl Gustav Jung (1875 - 1961) (Photo by Hulton Archive/Getty Images)

Dr Carl Gustav Jung (1875 – 1961)
(Photo by Hulton Archive/Getty Images)

Carl Gustav Jung eut ce genre d’expérience en 1944 quand il avait 68 ans. Il souffrit à cause d’une fatalité commune dans la vieillesse – une chute sur le verglas. Il glissa et il se cassa le péroné. Puis, après dix jours, il eut une crise cardiaque et commença à mourir. Tout à coup, il se retrouva à flotter 1000 miles au dessus de la Terre. Les mers et les continents brillaient au dessous de lui et il put distinguer le désert arabe et les sommet enneigés des montagnes de l’Himalaya au nord des Indes, des images qui devaient être encore immortalisés à travers les voyages dans l’espace. Puis une grande structure monolithique noire se dressa devant lui. Il comprit que c’était un temple, et à l’entrée il vit un gourou hindou assis dans la position du lotus. Il ressentit que son existence terrestre avait été dépouillée, et rien ne restait sauf son essence, le coeur de son existence. Il était en train d’avancer et entrer dans le temple, quand son médecin apparut dans la vision et lui dit que son départ était prématuré; et beaucoup de personnes priaient pour son retour. Jung fut vraiment déçu quand la vision se termina tout à coup.

L’expérience eut un impacte profond sur sa vie. La dépression et le pessimisme qu’il avait ressenti pendant la Seconde Guerre Mondiale disparurent. Il décida d’abandonner son emploi dans l’université et de se dédier à son dernier travail important – ses recherches sur l’alchimie, la religion et le Gnosticisme. Il était détermine à utiliser le temps qui lui avait été donné et les dernières dix-sept années de sa vie de 68 à 85 ans furent les plus productives.

Le ‘moi’ et le corps ne coïncident pas

Tout le monde n’a pas eu des expériences traumatiques comme celles de mort-retour qui peuvent aider à se focaliser sur ce qui est vraiment important, mais les expériences spirituelles de transcendance, que beaucoup d’entre nous ont trouvé dans les rituels et dans les méditations, jouent presque le même rôle en nous apprenant que le « moi » et le corps ne coïncident pas. À travers notre pratique païenne, on a le privilège de pouvoir tester ce genre d’expérience qui nous aide à accepter l’inéluctable réalité: on est des êtres conscients dans un corps physique. Quand Samahin approche, on reconnaît que le corps grandit et déchoit. Comme on dit dans la Wicca, ce sont « …l’age et le destin contre lesquels on est impuissants » mais on se rappelle encore de la promesse de la Déesse:

‘Mienne est l’extase de l’esprit … et au delà de la mort je donne la paix, la liberté et la réunion avec ceux qui nous ont précédé.’

Donc en s’approchant à Samahin on honore le cycle de la mort, de la renaissance et de la nouvelle vie; et on honore la mémoire de ceux qui sont passés au delà du voile. On honore le don de la vie, le don le plus précieux, et on essaye de vider la coupe du vin de la vie jusqu’à la dernière goutte pour qu’aucune goutte ne soit gaspillée.

Honorer la Terre

de Vivianne Crowley (Traduction de V.F. Voxifera)   Autumn

Je suis la fraiche terre de Printemps lavée par la pluie,

un nectar pour les narines, dans lequel toutes les graines fleurissent;

Je suis les champs ensoleillés de l’Eté,

chaud au contact, le lit des amants;

Je suis le sol de la foret en Automne,

couvert de feuilles, je protège ce qu’il y a en dessous;

Je suis la terre glacée en Hiver,

je semble aride, mais je suis vivante.

Vivianne Crowley, Earth Charge

Selon moi l’automne est l’une des saisons les plus liées à l’élément Terre . Autour de notre maison dans la campagne française, les champs ont été dépouillés du blé doré de l’été. La terre est labourée et riche de fumier pour les cultures hivernales. Le mais est sec et bruni, prêt à être moissonné. Les feuilles sous les pieds dans les bois sont elles aussi sèches et brunies, et jonché de marrons. La senteur de la terre est intense dans les matins brumeux pleins de rosée.

L’automne est le temps d’honorer la Terre

On a célébré le moisson du blé, maintenant c’est le temps de célébrer le moisson des fruits de la Terre. On honore la terre qui nous donne richesse et abondance. La Terre est encore en train de fournir la nourriture dont on a besoin, mais tandis que notre population augmente, notre appétit pour la nourriture augmente comme les protéines animales qui consomment la plupart des ressources de la Terre et créent les gaz de serre. On devient de plus en plus conscient de la fragilité de l’économie agricole globale qui nous tient en vie. On s’inquiète pour la biodiversité des graines et la diminution de la population d’abeilles et papillons qui fécondent nos cultures nécessaires à la vie. On découvre que les grandes corporations détiennent les ressources des grains et essayent de les contrôler. À cause de l’interconnexion de l’économie globale il peut sembler difficile de comprendre ce que l’on peut faire en tant qu’ individus païens ou en tant que communauté. C’est facile de se sentir si impuissant que l’on croit que rien ne peut être fait pour changer la situation.

On est les Enfants de la Terre

Pas tous les païens sont éco-païens. Il y a des païens du Temple et des païens de la nature sauvage. Il y a ceux qui trouvent leur expression spirituelle la plus haute en étant seuls sous les étoiles, la lune, ou le soleil; et il y a ceux qui trouve l’intensité du Divin dans un rituel dans un temple sacré. Pas tout le monde veux occuper Wall Street, mais on est tous des enfants de la Terre, les enfants de Gaia. Un fil qui unit le tapis multicolore qui est le paganisme contemporaine, est l’amour pour la nature et pour la Terre. C’est banale, mais c’est vrai: si l’on est adorateurs de la nature il faut qu’il y ait une nature à adorer. Le succès de notre espèce est merveilleux sur différents niveaux, mais il y a un prix pour tout ça. La Terre et les autres êtres qui partage la planète sont en train de payer ce prix. La perte de notre monde naturel est un désastre pour toutes les espèces de la Terre, mais pour les païens cette douleur contient une autre dimension douloureuse de plus; pour nous la Terre est un être sentent qui a une conscience et une volonté. Réparer l’Éthéré Une bonne nouvelle qui nous fait espérer a été donnée il y a quelques jours: une bonne partie de l’élément éthéré a été reconstituée après le dégât que nous avons provoqué. Le World Meteorological Organization et le United Nations Environment Programme disent que la mise en pratique du protocole de Montreal du 1987 pour l’arrêt de la production des gaz CFC de réfrigération et des spray aérosol, a commencé à reconstituer le trou dans la couche d’ozone. La mauvaise nouvelle est que les gaz atmosphériques de serre ont atteint un niveau record. Il y a encore beaucoup à faire et il faudra toute notre énergie et pression sur les gouvernements pour qu’ils fassent quelques chose. Quand les problèmes sont si grands, on peut se sentir écrasé. Si l’on cède au problème on peut réagir par un refus, ou bien per le désespoir. On peut même arriver à haïr et mépriser notre espèce, en oubliant que l’on est des créatures de beauté et naïveté, aussi bien que de destruction.

Je chanterai pour Gaia

Je chanterai pour l’ancienne Gaia,

Mère de Tout, plus ancienne que la création,

Tu nourris tous les êtres du monde,

tout ce qui demeure sur la terre,

tout ce qui nage dans les mers,

tout ce qui vole –

tout est nourri par ton abondance.

À travers toi, on est béni en enfants

et moissons,

tu as le pouvoir de donner la vie – et de la prendre.

Depuis l’Hymne homérique à Gaia, 7ème siècle AEC

Pour honorer la Terre on peut faire des rituels pour elle, on peut offrir des libations pour elle, on peut laisser des cadeaux ou des offres dans ses espaces sacrés. Tous ses actes de dévotion nous rappellent ce qui est important et sacré et ce que l’on apprécie. Et tout comme nos ancêtres païens, on peut chanter pour elle. Mais on peut bien transformer cette dévotion en action. On peut honorer Gaia par les choix énergétiques que l’on fait, la nourriture que l’on mange, les biens que l’on achète, et les organisations que l’on supporte. En rendant verte la planète, on rendra verte notre âme aussi. En faisant les bons choix cela nous donne de l’énergie et de la puissance. Quand on se sent puissant on a le courage d’agir et faire. On crée une spirale dans laquelle une action en inspire une autre.

Trouver refuge dans le petit

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Quand je pense à ces choses, ce qui m’arrive à l’esprit est l’ancienne philosophie et système de divination chinois: l’I Ching, le Livre des Changements. L’exagramme n°9 de l’I Ching c’est Hsiao Ch’u. Les vieux textes anglais le traduisaient par « Le Pouvoir Apprivoisant du Petit ». Les nouveaux textes parlent de « Attention au détail » ou « Petit moisson ». Il apparaît souvent quand on est dans une condition de faiblesse et l’on a besoin de se focaliser sur des petits changements cumulatifs pour atteindre le but. Quand il faut rendre soutenable notre planète, si l’on faisait de petits changements on atteindrait un objectif bien plus grand. Des petites actions deviennent des grandes actions quand beaucoup agissent. Il faut aussi dire que quand le voyage est long, il est difficile de commencer, donc commencez par des petits pas – et continuez dans cette direction.

Action collective 

À l’occasion de l’Equinoxe beaucoup d’entre nous dans le monde se retrouveront ensemble à New York, Rio, Bogota, Santiago, Amsterdam, Paris, Londres, Madrid, Rome, Milan, Berlin, Varsovie, Dehli, Melbourne, et en d’autres grandes villes et petits centres dans le monde pour le People’s March Against Climate Change pour démontrer que les gens ordinaires veulent agir contre le changement climatique. Ceux qui entre nous vivent dans un pays démocratique où les manifestions publiques sont permises, sont dans une position enviable. Beaucoup d’autres ne peuvent pas protester, ne peuvent pas se regrouper, donc on doit parler aussi pour les autres. Mais marcher pour Gaia n’est pas suffisant. On peut faire des changements dans notre style de vie, mais on peut aussi persuader les autres. Les mots sont puissants mais les actions symboliques comme les rituels d’une communauté peuvent être des moyens puissants pour inspirer les autres. En tant que païens, on doit utiliser ce que l’on fait mieux, donc que l’automne soit la saison de la Terre et que par les mots, les actes, les chansons et les rituels on bouge avec les autres quelques petit pas en avant.

Le soleil qui sèche, le cri de l’ouragan – qu’est-ce qu’on peut faire face au changement climatique?

de Vivianne Crowley

(Traduction de V.F. Voxifera)

 

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Je suis les soleil qui sèche, le cri de l’ouragan,

la terre qui tremble et l’océan en crue,

le désert aride et la calotte de glace qui fond

les eaux qui montent, les incendies des forets,

la fleuve desséchée, l’érosion de la colline.

Quand on pense au Divin dans la Nature, on pense à sa beauté – la verte terre et la blanche lune parmi les étoiles – mais la nature peut être effrayante et belle à la fois. Nos ancêtres vénéraient la nature parce qu’ils la craignaient et l’adoraient, puisqu’ils savaient qu’ils dépendaient totalement de quelques chose de plus puissant qu’eux. Dans les rituels païens contemporains, on apprivoise les éléments. Le soleil devient une bougie; la terre un bol de terre; le vent devient encens; la mer et les fleuves un bol d’eau. Isolés des éléments dans nos maisons en ville, il est facile d’oublier que les forces de la nature peuvent nous écraser et détruire. On a l’illusion de pouvoir contrôler la nature; mais on ne peut pas ordonner à la pluie de pleuvoir, au soleil de briller, aux vent de ne pas souffler.

La peur peut être positive

Depuis quelques années, partout dans le monde on a assisté au pouvoir de la nature dans les crues, les incendies des forets, les tremblements de terre, les avalanches et les ouragans. Quand j’était petite j’aimais beaucoup les tempêtes. Cet hiver, quand le vent arrachait les racines des arbres de la terre et les écrasait sur la maison des voisins, pour la première fois j’ai eu peur de l’élément air. Mais la peur peut être positive si elle nous fait rendre compte que quelques chose est en train de se passer. Tout n’est plus comme avant. Le gaz à effet de serre créé par l’ activité humaine est en train de causer le réchauffement de l’atmosphère de notre planète. Les climats existants sont perturbés en devenant plus extrêmes.

L’émission globale de gaz à effet de serre a atteint des niveaux sans précédent

Des parties de la planète sont en train de perdre les précipitations nécessaires pour supporter l’agriculture; dans d’autres parties, le niveau des mers monte en rendant la terre inhabitable. Les problèmes écologiques ne sont pas nouveaux. Depuis que notre espèce a appris à créer le feu, on a affecté notre environnement négativement. Mais à présent le problème a accéléré de manière exponentielle. Le World Meteorological Association et le United Nations Intergovernamental Panel on Climate Change ont rapporté ce printemps (IPCC 2014) que les émissions ont augmenté plus rapidement entre 2000 et 2010 que dans chacune des trois décades précédentes.

Les responsables politiques ont cédé à l’arrêt du réchauffement global.

Les efforts de la politique internationale sont en train de se concentrer sur la stabilisation de la température à deux degrés Celsius au-dessus par rapport aux lois précédentes. Pour atteindre cela, pour la moitié du siècle on devra baisser les émission de gaz à effet de serre du 40-70% par rapport au 2010. Les pays occidentaux produisent une grand partie des gaz d’émission, mais les émissions des pays en voie de développement augmentent puisqu’ils essaient de rattraper le niveau de vie de l’Ouest. Cela signifie que dans l’ouest on devra consommer moins ressource mondiales si l’on veut atteindre une sorte de stabilité globale.

Comme en haut, ainsi en bas

La magie de la Terre est un approche, mais la magie a besoin d’un lien avec le niveau matériel. La manière la plus simple de guérir la terre est de changer le comportement humain. Le micro-niveau est le lieu plus facile pour commencer – nous-mêmes. Les choix que l’on fait chaque jour sont comme les ondulations dans un bassin. Chaque changement culturel commence par les individus qui anticipent le zeitgeist.Ceux qui ont vécu aux années ’70 se rappellent que seulement les hippies et les über-geeks étaient inquiétés par le changement climatique. Après cinquante ans, on a le protocole de Kyoto et d’autres accord internationaux. Bien qu’ils soient imparfaits, ils montrent que la volonté d’agir est en train de prendre son élan.

On peut obtenir beaucoup en se focalisant sur les grandes sources d’émission

La plus grande source d’émission est l’énergie; deuxième l’agriculture, gestion des forets et exploitation du territoire (AFOLU); troisième la production industrielle; et quatrième les transports (IPCC, 2014)

IPCC 2014 Greenhouse gases by economic sector

Source: IPCC (2014)

On peut aider à réduire le réchauffement globale selon la façon par laquelle on refroidit ou réchauffe nos maisons, selon ce que l’on mange, ce que l’on achète, et la façon par laquelle on voyage. Voici cinq simples moyens pour commencer.

  • Energie: Consumez moins – éteignez le chauffage central et la climatisation, éteignez les lumières et les appareils quand on ne les utilise pas. Choisissez des énergies aux sources écologiques – beaucoup de pays ont un marché énergétique très compétitif. Engagez-vous avec le fournisseurs d’énergie qui utilise la source la plus écologique.
  • Nourriture: Mangez moins et mieux – achetez des produits locaux qui ne requièrent pas des transports internationaux, consumez moins de protéines – mangez moins de viande ou ne la mangez point, cultivez des légumes – ils prospéreront même dans un pot. .
  • Consumer les produits: Achetez moins, achetez les produits locaux, achetez à l’occasion, devenez fan de e-Bay.
  • Transport:Marchez au lieu d’aller en voiture, allez en vélo au lieu de conduire, faites vos courses près de chez vous et en ligne au lieu d’aller en voiture jusqu’aux centres commerciaux, voyagez par train, si l’on doit prendre l’avion choisissez des compagnies aériennes qui ont des offres de compensation.
  • Investir et donner: Mettez quelques économie pour un projet qui finance des activités écologiques; faites des dons aux organisations qui exploitent l’énergie du soleil et d’autres énergies renouvelables. Des petites donations se rajoutent si mille personnes les font.

Appuyez le bon bouton

Sur le niveau moyen des communautés, on doit persuader les autres à agir. Peut-être qu’ils ne répondent pas à un discours sur Gaia, mais les gens sont intéressée par l’épargne d’argent – à l’aide d’une réduction des énergies consommées; par le bien-être et la perte de poid – à l’aide d’une bonne nourriture et le choix des transports, et par la façon par laquelle les autres les perçoivent. Voici cinq choses que l’on peut faire:

  • Groupes magiques et spirituels: Quand on fait de la magie, est-ce que l’on peut faire quelques chose pour notre planète? Comme quand on achète une chandelle jaune pour un travail magique lié au soleil, est-ce que l’on peut encourager nos membres à faire une donation à une association pour l’énergie solaire? Est-ce que l’on peut apporter de la nourriture locale ou faite à la maison pour la partager aux sabbats, faire du covoiturage ou prendre les transports communs pour aller aux événements, encourager les organisateurs du festival à rendre écologique notre festival préféré?
  • Travail: Les entreprises et les organisations publiques aiment les références écologiques – qui leur donnent une bonne image – et elles aiment épargner de l’argent. Est-ce qu’il y a un groupe pour la durabilité qui promeut des activités et une politique écologiques? S’il n’y en a pas, est-ce que l’on peut persuader nos chefs à en créer un?
  • Voisinage: Est-ce qu’il y a un groupe pour la durabilité dans notre immeuble ou dans le voisinage? Est-ce que l’on peut collaborer avec les voisins pour couper la dépense de l’immeuble, pour créer des potagers dans les jardins communs, pour contrôler les enfants pour qu’il se rendent à l’école à pied ou en vélo plutôt qu’en voiture?
  • Ecoles et universités: Les bâtiments publiques utilisent beaucoup d’énergie. Est-ce que l’école ou le collège de nos enfants ont un groupe pour la durabilité?Est-ce qu’ils renseignent les élèves sur le changement climatique?
  • Réseaux sociaux: Les réseaux sociaux peuvent influencer beaucoup. Partageons donc des produits, corporations, administrations et initiatives amis de l’environnement.

On a plus d’influence comme insiders que comme outsiders

Sur un macro-niveau, tous les partis politiques peuvent être écologiques – de droite ou gauche – s’ils pensent que cela peut importer aux électeurs. Signons pour le parti qui est plus compatible avec notre vision de la société et faisons pression pour une politique écologique. Ce n’est pas seulement une question de politique nationale et internationale. Les politiques locaux peuvent promouvoir des projets écologiques pour les transport publiques, la gestion des déchets, la construction des bâtiments, et la gestion de l’argent des contribuables pour l’administration publique. Influençons-les pour qu’ils fassent les choix que l’on veut.

On peut supporter le changement climatique par la magie, les rituels et la prière

Prendre des mesures sur le changement climatique c’est difficile, mais notre spiritualité païenne peut nous inspirer et supporter. Nos Dieux sont les Dieux de ce monde et on veut qu’il prospère et q’il soit encore là dans l’avenir. On est prêtres et prêtresses de Gaia. Servons-La maintenant dans le temps du besoin.

Liens utiles:

Réduire son empreinte écologique : http://environnement.doctissimo.fr/rechauffement-climatique/Reduire-son-empreinte-ecologique.html

Investir vert: http://vieenvert.telequebec.tv/sujets/427/investir-vert

Petite guide ecologique (en anglais): http://www.epa.gov/osbp/pdfs/smart_steps_greening_guide_042101.pdf

Education au développement durable: http://www.education.gouv.fr/cid205/l-education-au-developpement-durable.html

La Haste au Chaudron, la Lance au Graal

de Vivianne Crowley

Edwin Austin Abbey, The Quest for the Holy Grail - Golden Tree and The Achievement of the Grail, Boston Public Library, (1895-1901)

Edwin Austin Abbey, The Quest for the Holy Grail – Golden Tree and The Achievement of the Grail, Boston Public Library, (1895-1901)

Le soleil est invisible dans les gens, mais visible dans le monde; et les deux sont un seul et même soleil.

Gerhard Dorn, Theatrum Chemicum, Tome 1, Speculativa Philosophia

Chacun de nous a son unique chemin dans le Paganisme. Certains d’entre nous trouvent que c’est quand on est dans la nature que l’on ressent le sacré – on se sent plus proche au Divin sous le ciel que dans les bâtiments. Pour certains, c’est le Divin Féminin, la Déesse, qui nous appelle. D’autres s’approchent à une divinité ancienne ou un panthéon en particulier. On peut ressentir l’esprit Divin de l’univers comme une énergie abstraite plutôt qu’une divinité personnelle. On peut chercher à ne pas adorer une divinité, mais plutôt à parvenir à un état de conscience dans lequel on se sent en union et en communion avec la nature, la vaste univers, et toute l’humanité.

La Quête Sacrée

Notre chemin païen peut, ou peut-être pas, inclure un rituel formel d’initiation, mais beaucoup d’entre nous partagent le sentiment d’être dans un voyage initiatique, une quête sacrée. Ce voyage peut commencer pour des raisons qui sont profondément personnelles. On peut être à la recherche de guérison, confort, amour ,connaissance, ou d’un sens. On peut ne pas savoir pourquoi ou ce que l’on cherche; seulement que l’on a un sentiment profond que l’être humain a un but et qu’il y a bien plus dans la vie que la récompense matérielle et le succès.

      Au-dessus de certains temples des traditions mystériques anciennes on trouve les mots, « Connais-toi toi-même ». Cela implique que si on veut se rapprocher aux Dieux, on doit connaître ce que l’on est. Mais cela n’est pas fixé, et il continue à évoluer. Quand on pratique notre paganisme, quand on rencontre d’autres personnes qui partages nos valeurs et qui ont une vision compatible, quand on commence à pratiquer des rituels avec les autres, dans de travaux d’environnement, ou lors des événements de la communauté, le voyage commence à nous changer. On commence à comprendre nos points de force et nos limites. Et si on travaille avec les autres, on commence à voir comment on peut contribuer au grand effort que l’on a entrepris ensemble. Cet effort est souvent appelé « Le Grand Oeuvre ». Les gens ont des différentes interprétations du sens de cet expression, mais en général le Grand Oeuvre concerne la transformation de l’humanité. Cet oeuvre doit commencer par ce qui est plus proche de nous – nous-mêmes.

Symboles et non pas mots

Le paganisme contemporain n’est pas une « religion du livre ». Les objets symboliques sont plus importants que les mots écrits. La plupart de l’enseignement est transmise subtilement, à travers le rituel et les actions symboliques. Ces anciennes manières de communication pré-verbales parlent au cerveau droit plutôt qu’au cerveau gauche. En engageant le corps et en participant physiquement dans nos rites, on ouvre l’oeil intérieur pour voir. On permet aux images et aux symboles de parler à notre inconscient pour réveiller en nous les visions et les sens qui peuvent nous guider sur notre chemin.

Le Mariage du Solstice d’Eté

Summer Solstice at Stonehenge

Summer Solstice at Stonehenge

Certaines actions rituelles de notre tradition sont devenues si familières que l’on y prete à peine attention, mais notre exposition répétée à ces actions est une sorte d’enculturation que dans le temps commence à former notre vision du monde. Pour beaucoup d’entre nous, le Calice ou la Coupe est toujours présent; il est si présent que l’on peut arrêter de faire attention au geste symbolique que l’on répète à chaque rituel – l’union de la coupe avec le couteau ou la baguette.

      Ce geste est central au Solstice d’Eté, quand beaucoup d’entre nous célèbrent le mariage entre le Feu et l’Eau, l’union de la Lance de Lugh et le Chaudron, le ventre aquatique de la Déesse, le Chaudron, la Coupe, le Graal, et le récipient alchimique – tous ces récipients sacrés ont les mêmes propriétés. Ils transforment ce qu’ils contiennent en quelques chose qui est plus que la somme des parties. Le mariage sacré donne vie à l’or alchimique, l’enfant solaire de la promesse, l’élixir doré qui guérit et donne l’immortalité, et le soleil intérieur du Vrai Soi.

Indiana Jones et la Dernière Croisade

Du Vrai Soi à Steven Spielberg il peut sembler un grand bond, mais son film « Indiana Jones et la Dernière Croisade » reprend l’idée de la Quête du Graal et certaines histoires sur l’obsession des chasseurs nazis du Graal pour trouver la relique sacrée. Sean Connery joue le rôle du Professeur Henry Jones, un expert du Graal, qui à été enlevé par les nazis pour le forcer à révéler où le Graal se trouve. Son fils, l’aventurier Indiana Jones (Harrison Ford) essaie de le sauver, mais le Professeur reste gravement blessé. Pour le sauver, Indiana Jones doit prendre le Graal de la caverne où il a été caché et gardé depuis des siècles et verser l’eau du Graal dans la blessure de son père. Le Graal guérit le Professeur, tandis que la nazi Dr. Else Schneider est anéantie quand elle essaie de prendre la Graal pour elle-même et le Graal s’évanouit dans l’Autre Monde. Maintenant le vrai but de ce voyage a été revelé. Ce n’est pas la possession d’un objet magique puissant; puisque comme on sait, si on ne trouve pas ce que l’on cherche en nous, on ne pourra jamais le trouver hors de nous. Le but de la quete est celui d’être changés par le voyage.

Professor Henry Jones: Elsa n’a jamais cru en le graal.

Elle croyait de trouver une recompense.

Indiana Jones: Et qu’est-ce que tu as trouvé, papa?

Professor Henry Jones: Moi? L’illumination.

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Devenir le Graal

La quete du Graal est un voyage interieur, vers le Vrai Soi, le centre caché de notre être; mais ce n’est point la fin de l’histoire. Le mariage sacré du Chaudron et de la Lance au Solstice d’Eté c’est un mariage entre le roi et la terre aussi, symbolisant la volonté de servir les autres et le monde entier. Le Solstice d’Eté est une periode pour confirmer notre dedication à la quete spirituelle, pas pour obtenir quelques chose mais pour devenir quelques chose. Le secret n’est pas trouver le Graal, mais devenir le graal – une source d’amour, compassion et vision spirituelle, à laquelle les autres peuvent boire.

Je suis un puits dans le désert,

Je contiens la lumière et l’eau à la fois,

ils peuvent tirer tout ce qu’ils veulent de moi.

La lumière du Soleil et de la Lune me remplissent,

Je suis le Graal.

À partir de dimanche 7 octobre 2014, Vivianne Crowley tiendra un cours Insights en ligne de quatre semaines pour Cherry Hil Seminary sur « Le Graal et la Quete Spirituelle ». Vous trouvez les infos sur ce lien.

http://cherryhillseminary.org/students/fall-2014-courses/the-grail-and-the-spiritual-quest/

Traduction de V.F. Voxifera

 

Ouvre la porte qui n’a pas de clé

de Vivianne Crowley

Une des sensations les plus communes quand on trouve notre chemin dans le Paganisme est celle d’être « rentré chez soi ». On n’a peut-être jamais participé à un rituel païen avant, mais la première fois qu’on le fait ça a l’air familier. C’est comme si l’on se rappelait quelques chose que l’on a oublié, une redécouverte plutôt qu’une nouvelle expérience. Pourquoi ressent-on ce sens de connexion? Il peut être que l’on porte avec nous des souvenirs d’une vie précédente, ou bien on est en train de faire appel à la mémoire collective. Il peut être que l’on a déjà vu des rituels semblables, mais dans les film ou à la télé. C’est peut-être aussi parce que le Paganisme contemporain utilise des anciens archétypes que les humaines trouvent spirituellement et affectivement satisfaisants. Il s’agit de symboles que les humains ont utilisé pendant des millénaires pour donner un sens à nous-mêmes et à l’univers autour de nous et notre place. Le mot « archétype » est dérive du grec arch, qui signifie origine, et tupos, qui signifie empreinte. Les archétypes apparaissent dans des symboles et des modèles semblables à travers le temps, les lieux et les cultures. Ils sont le fondement de l’expression culturelle, artistique et spirituelle et ils viennent de nos premiers ancêtres quand la spiritualité, l’art et la culture étaient intégrés et intégrants dans tous les aspects de la vie quotidienne plutôt que des activités spécialisées réservées à quelques élus.

Le Cercle et les Quatre Quarts

John William Waterhouse, Magic Circle, 1886

John William Waterhouse, Magic Circle, 1886

Beaucoup d’entre nous utilisent le symbole archétypique du cercle et des quatre directions comme espace sacré. Pourquoi un cercle? Le cercle est le symbole d’unité qui a été utilisé pendant des millénaires comme espace pour des rites sacrés. Quand on travaille avec des archetypes et des symboles particuliers ils ont un effet puissant. Quand on intègre les symboles dans nos vies, ils commencent à nous modeler et changer.

Le voyage spirituel qui est au coeur du Paganisme contemporain est un voyage dans l’unité, un voyage pour intégrer les parties les plus diverses de nous et pour parvenir à un point au centre. Quand on invoque les quatre quarts, on appelle les énergies des éléments associées à eux dans notre espace sacré. On est en train d’appeler les éléments en nature et on est aussi en train d’appeler leurs qualités en nous. Les quatre directions et les éléments associés peuvent symboliser quatre aspects en nous – corps, émotion, tête et esprit. Tous sont nécessaires pour la vie et dans le cercle on leur donne le même poids et le même respect. Le message est simple mais profond. Le but du voyage est celui de trouver le point de balance où tous les aspects de notre être puissent vivre en harmonie avec les autres et remplir sa fonction. Pour joindre l’unité, on invite les diverses parties de nous dans le cercle sacré, l’unité qui contient la multiplicité, un lieu où ce qui est à l’intérieur peut s’unir avec ce qui est à l’extérieur.

Entre les mondes

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Dans un rituel, on dit que le cercle est un espace « intermédiaire ». C’est « entre les mondes ». Il se trouve entre « le monde des hommes et les domaines des Puissants », entre l’humanité et les Dieux, entre le spirituel et le physique. C’est un lieu où, étant des incarnations physiques, on peut rencontrer les êtres non-physiques comme les Dieux en sureté et harmonie. Le cercle est un lieu de paix où notre conscience rationnelle et les rêves et les visions qui viennent de notre inconscient peuvent se rencontrer et fertiliser et s’énergiser l’un l’autre. C’est un point de calme intérieure et réceptivité, mais c’est aussi le point d’action où on peut exercer le pouvoir intérieur. Les symboles qui nous apparaissent dans les rêves et dans les visions sont des messages de l’inconscient à propos de ce qui est en train de se passer à l’intérieur. Pour avoir des rêves et des visions on doit être en mode réceptif et on doit être préparé à voir et écouter l’inconscient. Dans un rituel, même le contraire peut se passer. On est en mode actif et réceptif à la fois. On est des magiciens et des médiums à la fois. En tant que magiciens, on devient émetteur des symboles qui communiquent à un niveau profond de notre être ce que l’on veux d’eux.

Les Mystères

Les Paganismes des derniers millénaires avaient des formes exotériques et ésotériques. Il y avait la religion exotérique qui se focalisait sur la cohésion sociale, et la religion ésotérique qui était pour la formation d’un rapport personnel de transformation avec les Dieux. Beaucoup d’entre nous, étant païens contemporains, pratiquent les deux. On a les célébration saisonnières familières qui nous rappellent l’importance de notre connexion avec la nature et entre nous, et de comment on devrait se comporter dans le monde extérieur. On peut pratiquer la méditation, les veilles, et les rites transformateurs qui vont changer le monde intérieur, notre moi. Le mot mystère vient du mot grec musterion, qui implique quelques chose sur laquelle il faut se taire. Un mystère est révélé par le symbole ou chuchoté dans les coins obscurs. On doit bien écouter pas seulement parce que les mot sont chuchotés, mais aussi parce que les mots expriment bien plus que leur signifié littéraire. Le signifié est une allusion plutôt qu’une révélation. C’est le sable qui crée la perle.

Modeler la psyché

Créer l’espace sacré par le cercle et les quatre directions c’est d’envoyer un message à la psyché plus profonde sur comment on essaie de la modeler. Chaque fois que l’on effectue un rite, on renforce ce message, qui exprime la façon par laquelle on voit notre monde intérieur, mais aussi la façon par laquelle on voit le vaste univers – qui est un équilibre d’énergies opposées, de glace et feu, de vent et mer, d’obscurité et lumière. La réalisation et l’illumination arrivent au point au centre où les énergies opposées se rencontrent.

Quel est donc le mystère du cercle? Le cercle est un espace dans lequel tous le monde voit les autres. Il n’y a pas de place où l’on peut se cacher. Le secret est que ce n’est pas un lieu de secrets, mais c’est un lieu de transparence et révélation. Les mystères sont très simples. Ils sont tout autour de nous – si on a les yeux pour voir et les oreilles pour écouter. Chaque fois que l’on crée un cercle, on recommence le procès de communication et révélation. Dans notre espace sacré, on trouve et on ouvre la porte qui n’a pas de clé.

Traduction de V.F. Voxifera