Adieu Sir Terry Pratchett

de Vivianne Crowley

Trad. Valentina Voxifera

Quand il est temps que la vie s’arrête, la Mort sera mon premier choix!

Terry Pratchett, Le Dernier Continent, Disque-Monde 22

 

La semaine dernière les médias mondiaux ont annoncé la mort de l’écrivain fantasy anglais Terry Pratchett (28 avril 1948 – 12 mars 2015). Après 70 livres, 70 millions de copies vendues et traduites en 37 langues, et après 44 ans comme écrivain professionnel, l’un des auteur les plus intelligeants et visionnairs est passé dans le Grand Au-delà.

Terry a écrit beaucoup par rapport à la Mort, un être qui prend son travail au sérieux et qui semble souvent surprendre ses victimes.

TU ME DEMANDE, dit la Mort. SI JE SUIS VRAIMENT LÀ, GARÇON?
« Oui », dit Mortimer lentement. « Je…j’ai observé les gens. Elles te regardent mais elle ne te voient pas, je crois. Tu fais quelques chose à leurs esprits. »
La Mort secoua la tête.
ELLES FONT TOUT ELLES-MÊMES, dit-elle. IL N’Y A AUCUNE MAGIE. LES GENS NE PEUVENT PAS ME VOIR, ELLES NE LE PERMETTENT SIMPLEMENT PAS. JUSQU’À CE SUE LEUR MOMENT EST ARRIVÉ, BIEN EVIDEMMENT. LES MAGICIENS PEUVENT ME VOIR, LES CHATS AUSSI. MAIS UN HOMME COMMUN …NON, JAMAIS. Il fit un rond de fumée vers le ciel, et ajouta BIZARRE MAIS C’EST VRAI.

Terry Pratchett, Mortimer, Disque-Monde 4

Terry était bien prêt à regarder la mort dans les yeux.

Un homme à la recherche d’un épée

J’ai rencontré pour la première fois Terry Pratchett il y a un quart de siècle quand on organisait la première conférence de la Pagan Federation à l’intérieur. Terry nous a supporté tout de suite. Il arriva avec son caractéristique Fedora noir et son intervention nous laissa entre les rires et les larmes qui coulaient. Il jugea avec humour l’ensemble très varié de participants à la compétition pour le « Best Magrat ». Si vous ne le savez pas – Magrat Goussedail, Mémé Ciredutemps et Nounou Ogg sont les sorcières du coven de Lancre. À la différence des autres, Magrat est une sorcière New Age, qui utilise avec enthousiasme les cristaux et, ce qui est encore plus outrageux pour Mémé Ciredutemps – les chandelles colorées!

Terry fut bien impressionné par le talent des participants qui donnaient vie à ses personnages. De manière tout à fait impartiale, et bien en avance sur les temps, il conféra les prix à deux femmes et à un homme. Il regarda aussi les épées en vente, mais il ne trouva pas ce qu’il cherchait. Quelques années plus tard, quand il fut fait chevalier par la Reine, il fondit son épée depuis un dépôt de fer triuvé dans un champ près de chez lui à 14 milles au sud de Stonehenge. Il mêla le métal avec du fer météorique. C’était, disait-il « …très magique, tu dois y ajouter ce truc que tu y crois ou pas. »

Un auteur pagan-friendly

Dans les années qui suivirent, j’ai eu l’occasion de mieux connaitre Terry et son humour réchauffait très bien ces heures froides passées dans les backstage entre les nombreuses interventions. Pour être quelqu’un qui se definit athée et puis agnostique, Terry connaissait très bien le Paganisme. Il admirait les œuvres de Ronald Hutton et ses livres sont pleins de ces visions qui sont très familières si on a longtemps fréquenté les groupes païens.

Un lieu de réunion idéal pour les sorcières.

Cette nuit-là un feu brillait au sommet du mont dégarni. Des formes sombres bougeaient dans la lumière tramblotante. La lune planait à travers des dentelles de nuages. Finalement, une grande silhouette en chapeau pointu lança: « Tu veux dire que tout le monde a apporté de la salade de pomme de terre? »

Terry Pratchett, Mécomptes de fées, Disque-Monde 12

La Mort semblait préoccuper Terry

Probablement Terry savait que la mort l’aurait appelé bien avant que lui, sa famille et ses fans l’auraient souhaité. La Mort est l’un des personnages principaux dans ses livres et Terry souvent se réfère à Elle. La recension de son roman Les Tribulations d’un mage en Aurient, Disque-Monde 17 disait:
Terry Pratchett naquit en 1948 et io n’est pas encore mort. Il a commencé à travailler comme journaliste un jour en 1965 et il vit son premier cadavre trois heures après, l’expérience de travail à l’époque etait importante.
En 2007, Terry reçut un diagnostic d’atrophie corticale postérieure (ACP), une forme rare de démence. On pense d’habitude à la démence comme à quelques chose qui affecte la mémoire, mais l’ACP est une progressive dégénération du cortex cérébral postérieur responsable de l’élaboration des informations visuelles. Elle se manifeste à travers une difficulté progressive qui affecte la lecture, l’orthographe, les opérations mathématiques, la capacité de conduire, et l’utilisation et l’identification des objets communs. Pour un écrivain comme Terry, c’était une maladie tragique, mais grâce à la technologie et aux assistants il a réussi à écrire encore des livres jusqu’à la fin de sa vie.

La Mort n’est pas cruelle, elle est juste terriblement, terriblement bonne pour faire son travail.
Terry Pratchett, Sourcellerie, Disque-Monde 5

Après le diagnostic Terry s’occupa d’autres causes. Il devint patron de l’Alzheimer’s Research UK et il donna 1 million $ à l’association. Il commença à se battre pour la légalisation du suicide assisté en Angleterre. En 2010, Terry fut invité comme premier écrivain à tenir le prestigieux et important Dimbleby Lecture. La maladie s’était déjà manifestée, donc Terry invita son ami acteur Tony Robinson pour l’assister pendant son intervention, Shaking Hands with Death (NdT: Serrer la main à la Mort). Terry lança un appel éloquent et touchant en faveur de ce qu’il appelait « solution raisonnable » – que tous ceux qui sont atteint par une maladie irréversible puissent choisir librement comment et quand mourir.

C’est une question qui a toucjé ma vie dejà deux fois. La première fois quand ma mère était en train de mourir à cause d’un cancer et un docteur très sage et empathique nous a aidé à prendre la décision « raisonnable » de laisser et attendre la fin. La deuxième quand j’ai été sérieusement malade. En pendant entre la vie et la mort, j’étais contenté d’aller au delà du confin ou de retourner, mai la terre de personne au milieu n’est pas un lieu où rester.

NE PENSE PAS MOURIR, dit la Mort. PENSE PLUTÔT PARTIR EN AVANCE POUR ÉVITER LA FOULE.
Neil Gailman et Terry Pratchett, Des bons présages, 1991

Mes experiences ont formé ma vision sur la mort assisté, mais la leçon de Terry a ramené la question à mon attention. Cet été-là j’organisait un atelier avec un groupe international de wiccan et on a passé des moments très touchants en parlant de comme cette question a touché nos vies et nos ressentis. Tout le monde croyait en la sainteté de la vie comme cadeau précieux des Dieux, mais beaucoup d’entre nous étaient fermement en accord avec la vision selon la qu’elle les individus sont autonomes, que l’on possède notre corps, et qu’on a le droit de mettre fin à notre vie si on est irréversiblement malade. Plus tard, la même année, j’ai eu la chance de participer à l’événement exclusif de Terry à la Conservative Party Conference pour la légalisation du suicide assisté. Le parti conservateur n’a jamais sympathisé pour les idées non-chrétiennes, mais l’éloquence de Terry, son authenticité et sincerté ont gagné.

Marcher bras dessous bras dessous


Dans son style, Terry a voulu que sa mort soit twittée.

Terry Pratchett @terryandrob

AT LAST, SIR TERRY, WE MUST WALK TOGETHER. 3:06 PM – 12 Mar 2015

(NdT: ENFIN, MONSIEUR TERRY, NOUS DEVONS MARCHER ENSEMBLE.)

Terry Pratchett @terryandrob

Terry took Death’s arm and followed him through the doors and on to the black desert under the endless night. 3:07 PM – 12 Mar 2015

(NdT: Terry prit la Mort par le bras et la suivit à travers les portes et sur le désert noir dans la nuit éternelle.)

Terry nous a laissé trop tôt. Il nous manquera beaucoup et il sera déploré par millions de personnes, mais le travail qu’il a fait pour la littérature et la bienfaisance vivra encore.

Terry Pratchett’s 2010 Lecture can be viewed here: http://www.youtube.com/watch?v=90b1MBwnEHM

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Vivre dans le présent

de Vivianne Crowley
Traduction de V.F. Voxifera
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Gerald Gardner était un retraité quand il a commencé à offrir au monde sa vision d’une vieille religion pour la modernité. Né en 1884, il avait à peu près 55 ans quand il a été initié dans le coven de New Forest et 70 ans quand il a publié son célèbre texte, Witchcraft Today.

La Roue qui tourne

Donc si vous n’avez pas encore écrit votre Grand Oeuvre, ne vous découragez pas. Pour certains, la retraite est la période la plus productive. Ils se sentent complètement libres d’être ce qu’il sont et ils ne se sentent pas contraints par les normes sociales. Mais on doit aussi reconnaître que le temps passe très vite, et le rythme semble accélérer en vieillissant. Quand on a 5 ans, et un an représente le 20 pour cent de notre vie, cela semble une éternité. Quand on arrive à 50 ans et un an représente le 2 pour cent de notre vie, le temps passe très vite. Soudain la Roue de l’Année tourne de plus en plus vite, les étés passent rapidement. « Certes » on pense, « l’Eté ne peux pas être déjà passé? » Mais il est passé.

« Ce sont l’age et le destin face auxquels on est impuissants »

Gerald Gardner était bien conscient de son âge. C’était l’un des facteurs qui l’ont poussé à rendre publique sa vision de la sorcellerie le plus vite possible. Il savait que son temps et ses énergies étaient limités. Quand Gerald Gardner écrivit par rapport à l’âge et au destin dans son Livre des Ombres, il était bien conscient de la réalité de la vieillesse et de la mort.

Vie après vie

Les trois traditions spirituelles qui ont influencé beaucoup ma vie sont la Wicca, la Kabbale et le Bouddhisme. La première est une religion de la nature orienté vers la Déesse, la deuxième est une tradition mystique juive, et la troisième est une philosophie spirituelle athée. Ces trois traditions ont la réincarnation comme partie intégrante de l’enseignement. Est-ce que je crois en la réincarnation? Je n’ai pas besoin de croire ou pas croire. La réincarnation est l’une des possibilités de l’après-mort. Si l’on visite un médium qui nous parle de nos vies antérieures, on peut ressentir si ce qu’il ou elle dit sonne comme « vrai » en quelques manière. Cela va résonner avec nous et semble avoir du sens. Mais quelle est la nature de cette information – mémoires du passé, nos fantaisies conscientes ou inconscientes, ou des expériences aléatoires de l’inconscient collectif? Est-ce que les « mémoires » sont des vraies pensées, fantaisies et symboles qui représentent des parties différentes de notre psyché? Est-ce qu’elles représentent nos manques? Est-ce qu’elles sont des qualités que l’on voudrait manifester, des aspects de nous qui ont besoin d’être renforcés et exprimés?

Le Paganisme nous apprend à vivre dans le présent

Le paganisme nous apprend à vivre dans le présent. Cela ne signifie pas un hédonisme insensé; mais plutôt de voir la vie comme un cadeau précieux et limité. On a nos corps en prêt. Il arrive un moment où on doit le rendre. Même si la réincarnation existe les incarnations sont très courtes, donc il est important de les vivre bien. La source des mémoires de la réincarnation ont moins d’importance que la manière par laquelle on les utilise et si elles nous donnent des aperçus de nos vies présentes. Les mémoires lointaines peuvent être nuisibles ou bien utiles; une substitution de la réalité ou bien une manière de visualiser l’avenir. Les incarnations du passé peuvent être fascinantes, mais si on se prend trop la tête, c’est comme si l’on était insatisfaits de notre vie présente. Et si l’on est insatisfait du présent, on doit le changer. Les mémoires des incarnations sont utiles si elles nous indiquent notre potentiel caché, ou nos barrières inconscientes qui empêchent au potentiel de se réaliser. Elles sont utiles si elles nous encouragent à nous ouvrir pour devenir tout ce que l’on peut être dans cette incarnation présente.

Judy Harrow, Morning Glory Zell, Margot Adler

(à gauche) Morning Glory Zell, Margot Adler, Judy Harrow

(à gauche) Morning Glory Zell, Margot Adler, Judy Harrow

La vision de Gerald Gardner de la mort et de ce qu’il y a après est encourageante. Après la mort il y a Summerland (Terre d’Eté N.d.T.) – un lieu de repos, renouvellement et réunion avec ceux que l’on a aimé, avant de se réincarner encore avec ceux que l’on aime. Mais il y a aussi la conscience que la magie ne revient pas en arrière. On ne peut pas arrêter le vieillissement inévitable de nos cellules qui nous mène à la fin de cette phase d’existence.
La mort des autres peut nous rappeler que la vie est bien moins longue qu’on ne pense. Cette année notre communauté a perdu en rapide succession trois importantes pionnières du paganisme dont la vie et les écrits nous ont inspiré – Judy Harrow, Morning Glory Zell-Ravenheart, et Margot Adler. Aucune d’eux a atteint les 70 ans, ou ce que maintenant est considéré comme vieillesse. La mort de ces personnalités dynamiques est une perte terrible pour notre communauté. Elles rappellent également que la vie passe vite et elle ne nous attend pas. Les jours et les ans passent. S’il y a quelques chose que l’on veut faire dans la vie, on doit agir et la faire.

Le moment de manifester la Vraie Volonté

Pendant la période qui précède le changement de saison à l’Equinoxe, il est bon de faire le point et comprendre où l’on en est. Est-ce que l’on est dans une bonne position dans notre vie? Est-ce que l’on a une direction pour avancer? Est-ce que l’on est en train d’essayer de connaître et manifester notre Vraie Volonté sincèrement? Si on n’a pas des buts personnels, il est difficile de donner la priorité à notre temps et à nos énergies pour atteindre quelques chose. Chacun de nous a des priorités différentes, mais la chose qui est vraiment importante est de se rappeler que cette incarnation est limitée. Malgré la difficulté, il y a de choses que l’on peut apprendre et de choses que l’on peut obtenir et qui nous aident à développer, grandir et rendre meilleure notre vie ou nos vies futures. Il y une citation merveilleuse de W.H. Murray, chef de l’expédition pour l’escalade de l’Himalaya. Malheureusement, cette citation a été galvaudée il y a quelques années (et non, ce n’est pas de Goethe); mais en tout cas c’est vrai:

Jusqu’à ce que tu es engagé, il y a toujours de l’hésitation,
la chance recule, toujours inefficace. …
Tout ce que tu peux faire, ou rêves de faire, commence-le:
l’hardiesse a du génie, du pouvoir et de la magie; commence maintenant.

W.H. Murray (1951) The Scottish Himalayan Expedition. London: J.M. Dent & Sons Ltd.
La vie est courte – et devient toujours plus courte – rendons chaque instant important.

Inanna ou l’art d’aimer et de « se faire la guerre »

De Voxifera

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O Reine des Sept Dieux, O rayonnante splendeur de lumière, chère du Ciel et de la Terre,

prêtre, fille et serviteur du Ciel!

Ornée de joyaux et couronnée par la vie, née pour être Seigneur, dans tes mains sont les esprits gardiens des Sept Dieux,

et toi, toi meme tu gardes et protèges les esprits gardiens, tu les a attrapés et tu les a liés à tes mains,

tu les a enveloppés et serrés contre ta poitrine.

Tu abreuves la terre de ton poison comme un serpent, les plantes s’évanouissent de la Terre quand tu tonnes comme Anu,

à ton ordre les inondations descendent de la montagne.

Suprême en pouvoir, Inanna du Ciel et de la Terre, dont la bouche pleut des scintilles de lumière sur la terre,

maitresse du bétail, douée de l’esprit divin par An, par An douée du don du Mot indéfectible pour parler à son ordre fatal: qui peut comprendre ta gloire?

O sauvage et rampante, fille ainée de la Lune, Reine plus grande que An, qui peut vous rendre suffisamment hommage?

Reine des Reines, qui en accord avec les esprits étaient plus grands que ta mère quand tu es née,

sage et Reine savante de tous les pays, mère des hommes et des animaux, je chante ma prière…

Je suis entrée avant toi en mes vêtements sacrés, moi la princesse impériale, Enheduanna,

en chantant et en portant tes paniers rituels,

Grande Prêtresse de la Lune. […]

(Hymne à Inanna de Enheduanna, Princesse fille de Sargon II et Prêtresse d’Inanna, 2300 a.J.C.)

« Reine du Ciel et de la Terre », « Suprême en pouvoir » ainsi les Sumériens s’adressaient à leur déesse Inanna. L’importance de cette déesse est documentée pendant toute l’histoire de Sumer et son culte se diffusa dans toute la Méditerranée en portant son influence même dans le christianisme. Même la Wicca reprend l’archétype d’Inanna: le mythe wiccan de la Déesse qui descend aux Enfers n’est qu’un écho très évident du mythe de la descente d’Inanna.

La descente d’Inanna aux enfers est surement le mythe le plus connu, mais cette déesse a d’autres aspects très intéressants qui parfois sont négligés. Donc dans cet article on va prendre en considération son rôle de déesse de la sexualité, de la guerre et son rôle de guide de l’humanité.

 

Inanna, la déesse rugissante du Moyen-Orient

 Inanna est sans doute l’une des plus importantes déesses de l’Antiquité. Son culte eut origine en la Mésopotamie, même si probablement il s’agissait d’une divinité proto-euphratique assimilable à la déesse mère hourrite Hannahannah. Les premières notices historiques arrivent cependant depuis la période dite d’Uruk (4000-3100 a.J.C.), avec des vases représentant des prêtres et des prêtresses d’Inanna occupés à faire des offres à la déesse. Le nom Inanna dérive du titre de « Reine du Ciel » Nin-anna en sumérien, c’est une déesse liée à l’amour, à la beauté, à l’amour sexuel, à la guerre et à la fertilité; son culte eut son centre principale dans la ville d’Uruk où il fut construit un des temples les plus grands dédiés à elle: l’E-anna ou La Maison du Ciel.

Inanna fait partie des Sept Dieux Suprêmes de l’Announaki (l’assemblée des dieux) avec An, Enki, Enlil, Nanna, Utu et Ninhursag; l’iconographie représente la déesse nue avec de joyaux importants et de chevelures élaborées qui se dresse sur le dos de deux lionnes, le lion était souvent associé à la déesse dans son aspect « lumineux », tandis que dans son aspect « sombre » elle était associé au scorpion.

Le symbole d’Inanna est l’étoile à huit branches, qui représente la planète Venus comme étoile du matin et du soir (les sumériens furent les premier à reconnaître qu’il s’agissait de la même étoile), associé à la déesse parce que dans les mythes d’Inanna ses mouvements rappellent ceux de Venus dans le ciel.

 

Inanna aujourd’hui : une invitation à la Beauté, à l’Amour et au Plaisir

« Je fais en sorte que l’homme s’embellisse pour la femme…

et que la femme s’embellisse pour l’homme…

 

(Chant d’Inanna, Textes sumériens et akkadiens)

 

Entrer en contact avec Inanna et accepter sa présence dans notre vie est comme accepter une invitation à la Beauté, à l’Amour et au Plaisir: elle est patronne de l’Amour en toutes ses formes et cela nous pousse à accepter et apprécier notre corps et notre sensualité, qu’elle soit utilisé pour séduire plusieurs partenaires ou pour renforcer une relation stable, le mot clé est Aimer. Le contact avec Inanna nous met en la condition de voir et reconnaître la Beauté du monde et de la nature et d’en tirer du plaisir, vu comme la forme la plus haute de perception humaine, une perception qui peut nous mettre en contact avec les sphères divines. Le culte d’Inanna envisageait la hiérogamie, pendant laquelle la Grande Pretresse choisissait un jeune représentant le dieu Dumuzi, dieu de la fertilité, de l’agriculture et de l’elevage, avec lequel elle avait un rapport sexuel qui symbolisait l’union des deux principes divins sur la terre et qui rendait favorable le moisson; et dans une époque plus tarde de l’histoire des sumériens les rois légitimaient leur rôle en passant une nuit dans le temple avec une des prêtresses d’Inanna pendant les célébrations pour la Nouvelle Année à l’occasion de l’Equinoxe du Printemps. La hiérogamie est un aspect que l’on trouve dans la Wicca même si , en général, sous la forme seulement symbolique des Noces Sacrées représentées par l’union de l’Athame et de la Coupe pendant la libation et le Grand Rite, ça n’empêche pas que cela puisse être célébré de manière effective.

En la Kabbale Inanna est associée aux énergies de Netzah, la septième sphère de l’Arbre de la Vie, dont la représentation s’accorde parfaitement avec celle d’Inanna: une très belle femme nue. L’expérience avec Netzah est comme l’attente avant de rencontrer son/sa propre copain/copine ou amant/e, la trépidation, le bonheur qui nous remplit quand on regard l’amour qui se reflet dans les yeux de la personne aimée ou le parfum enivrant que son corps dégage.

 

La Politique et la Guerre : des questions pas complètement masculines

 « Quand je suis au plus fort de la mêlée,

moi je suis le « coeur » de la bataille, je suis le « bras » […] »

 

(Ishtar se presente, Textes sumériens et akkadiens)

 

Reine incontestée qui aime son peuple mais qui est prête à verser le sang pour le protéger, l’archétype d’Inanna comprend même un aspect martial, c’est-à-dire la guerre et la politique. Depuis toujours reléguées à l’univers masculin, la politique et la guerre en la figure d’Inanna se révèlent être des arts suprêmes, des armes puissantes qui affinent le volonté et la capacité de résoudre les problèmes. Dans l’histoire on retrouve beaucoup d’exemples de femmes engagées en politique, de reines puissantes et indépendantes, parfois de guerrières, qui ont été capables de guider leur peuples en se débrouillant dans un monde où la femme n’avait droit qu’au rôle de mère et épouse. Accepter cet aspect d’Inanna signifie reconnaître sa propre force intérieure indépendamment du sexe, une force qui nous aide à atteindre notre buts et qui nourrit notre ambitions, au niveau kabbalistique ce sont des energies associées à Gevurah, la cinquième sphère de l’Arbre de la Vie, liée à l’aspect martial et fougueux de l’esprit humain, qui nous permet de continuer et de ne pas démordre en les situations les plus critiques et désespérées, et qui nous permet d’exercer notre libre choix et autodétermination.

 

Une ancienne Prométhée

 Inanna est identifiée par les sumériens comme celle qui a apporté la civilité, un mythe raconte comment la déesse escamota les Me (les tables du destin) au dieu des abysses Enki. Les Mes étaient des tables qui recelaient une loi divine et immuable, les limites des hommes et des dieux et un série de concepts comme « l’autorité sur la terre, l’autorité divine, la couronne éternelle, le trône du roi, le sceptre exalté, le sanctuaire, […], le royaume, la prêtrise et les rites religieux, la vérité, la descente aux enfers et la remontée, […], l’inondation, les rapports sexuels et la prostitution, la bonne langue et la calomnie, l’art, les chambres sacrées, les « hiérodules* du ciel », la musique, l’autorité des adultes, l’autorité des héros et le pouvoir, l’inimitié, la clarté, la destruction des villes et les lamentations, la joie au coeur, la fausseté, la terre rebelle, la bonté et la justice, le travail des charpentiers, […], les scribes, les forgerons, les tanneurs, les maçons, et le tresseurs de paniers, la sagesse et la compréhension, la purification, la peur et la protestation, la flamme gentille et la flamme qui consume, la fatigue, le cri de victoire, le conseil, le coeur troublé, le jugement et la décision, l’exubérance, les instruments musicals. » (S.N.Kramer, The Sumerian Mythology, 1944).

Inanna veut offrir en cadeau tout cela au peuple d’Erech pour obtenir le royaume et pour que son nom soit exalté, donc elle se rend à Eridu, où Enki, dieu de la sagesse, vit. En le séduisant et en l’enivrant avec du vin Inanna arrive à obtenir les tables du destin, retournant à son royaume avec un bateau escamoté à Enki. Quand le dieu cuve son vin il est déjà trop tard et même ses sept pièges tendus à la déesse pendant le retour n’arrivent pas à empêcher la distribution des Mes.

 

 

*la hiérodulie était la pratique de la prostitution sacrée.

 

Mon petit autel dédié à Inanna

Mon petit autel dédié à Inanna

Sources:

Samuel N. Kramer – The Sumerians: Their History, Culture and Character 

                                       (1963, University of Chicago Press)

                                      -Sumerian Mythology: Study of Spiritual and Literary Achievement in                                          

                                       the Third Millennium B.C. (1961, University of Pennsylvania Press) 

Verderame – La vestizione di Inanna

Janet et Stewart Farrar – The Witches’ Goddess: The Feminine Principles of Divinity

                                                (1987, Phoenix Publishing Inc)

Vivianne Crowley – A Woman’s Kabbalah: Kabbalah for the 21st century, (2000, Thorsons)

 

 

 

Home Sweet Home ou les Dieux de chez nous

De Voxifera

Depuis que je fréquente un groupe j’ai compris l’importance de contacter et célébrer les divinités du lieu, et l’inspiration pour cet article vient d’une réflexion que j’ai fait hier lorsque j’étais avec le groupe et on célébrait Lammas à la montagne.

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 La Wicca est un parcoure multiculturel, quand on commence à pratiquer et à entrer en contact avec le divin et ses aspects on a presque l’embarras du choix: grec, roman, celtique, égyptien, sémitique, sumérien, nordique etc etc…d’habitude on est poussé vers certaines divinités ou panthéon selon notre nature, inclination ou bien grâce à des manifestations, et cela nous donne même la possibilité d’explorer de cultures qui sont très distantes de la nôtre. Il est facile d’oublier pour un instant ce qui nous entoure, ce qui nous appartient culturellement et traditionnellement surtout quand on est au début. J’en ai compris l’importance pendant ces deux années, lorsque je faisait des sorties dans le nord de l’Italie avec le groupe, on a toujours invoqué les divinités qui appartenaient à ces lieux et on a toujours eu des réponses plus ou moins directes. Cela est du au fait que ces dieux ont longtemps été honorés en ce lieu, et donc ils sont vivants et actifs, et le contact n’est pas si difficile à créer.

Il est donc important de connaître le territoire où l’on va célébrer et les divinités qu’y sont liées. Parfois la présence de ces entités n’est pas si évidente, donc il faut « réveiller » et réactiver les énergies du lieu avec, par exemple, un rituel dédié à ce but.

 L’histoire du territoire où l’on vit nous parle de différents peuples et différentes cultures. Ce que les français et les italiens (ceux du nord de l’Italie) ont en commun, domination romane à part, est certainement la présence des Celtes ou, pour utiliser le terme roman, les Gaulois de la Gaule Cisalpine et Transalpine. On a invoqué souvent divinités comme par exemple Belenos, Belisama, Verkos, qui ont été vénérées en France aussi; bien que le peuple celtique était constitué par plusieurs ethnies, le panthéon était presque le même et on retrouve la présence de certaines divinité dans la toponymique soit italienne que française.

 Par exemple le village où je vis (près de Milan) se trouve dans une région où le culte de la Vierge Marie est très fort, presque toutes les églises sont dédiées à la Vierge et cela n’est pas un hasard: quand j’ai étudié l’histoire de ma région j’ai découvert que près de mon village le culte des Matrones était très diffusé. Il s’agissait d’un groupe de divinités celtiques féminines de la fécondité et de la fertilité, romanisées par le contacte avec l’Empire.

témoignage du culte des matrones

témoignage du culte des matrones

 Donc la Wicca nous pousse à connaître d’autres cultures mais au même temps elle nous encourage à connaître la terre où l’on vit, ses traditions, son histoire, sa culture qui nous appelle depuis l’antiquité. Un appel auquel il faut répondre pour ne pas oublier une partie des notre racines.