En mémoire de Giordano Bruno, martyre

de Vivianne Crowley

Trad. de V.F. Voxifera

L’amour m’a donné une vision tellement haute de la verité…

(Giordano Bruno, ‘De l’Amore’ 1584, 2004 ed., 14)

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(Statue en bronze de Giordano Bruno par Ettore Ferrari (1845-1929), Campo de’ Fiori, Rome)

Le 17 février 1600, les cendres du moine italien Giordano Bruno, victime de l’Inquisition, furent transportées par le vent à travers les fenêtres des habitations de Campo de’ Fiori à Rome. Tous les mouvements politiques et religieux ont leurs martyres – ceux qui préfèrent mourir plutôt que renoncer à ce qu’ils pensent être vrai. Beaucoup d’entre nous ne vivent pas sous un régime politique et théologique qui condamne à mort tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, mais beaucoup de frères et sœurs hors du monde occidental vivent dans cette situation. Et dans cette première période du revival néo-païen, il y a qualqu’un à l’occident qui a encore besoin d’avoir un peu de courage pour manifester des nouvelles idées dans un société parfois sceptique et hostile. Se rappeler de nos héros peut nous aider à retrouver le courage dont on a besoin.

Donc, qui fut Giordano Bruno?

Giordano Bruno (1548-17 février 1600), moine dominicain rebelle, naquit à Nola, près de Naples, et il fut baptisé comme Filippo. Depuis son enfance il eut des experiences mystiques et il voyait des esprits entre les hêtres et les lauriers qui couvraient les pentes du volcan Vesuvio. Les germes du mysticisme païen naturel étaient présents mais, comme tous les autres jeunes garçons intellectuels et spirituels de son temps, il fut orienté vers le chemin de l’Eglise. À l’age de 15 ans il rentra dans un monastère dominicain, où il fut renommé Giordano.
Ce ne fut pas un choix très sage. L’ordre dominicain était tellement dédié à l’orthodoxie religieuse, qu’ils furents chargés d’instituer l’Inquisition. Il n’y avait pas de place pour un esprit investigateur. Giordano était brillant, trop brillant et subversif. Il encouragea ses camarades de séminaire à lire au delà des textes autorisés. Ceci et une pièce satyrique contre la corruption de l’Eglise attirères la rege de ses supérieurs. Après avoir caché un livre hérétique dans les latrines, il echappa juste avant d’être arrêté et accusé d’hérésie.

Les Ombres des Idées

Les pays qui étaient en train de se convertir rapidement au Protestantisme répresentaient un grand défi pour l’Eglise de Rome. Giordano éspera trouver un asile sur, mais les nouveaux protestants lui semblèrent aussi fanatiques et bigots que les chrétiens. Giordano trouva un milieu plus libéral et accueillant à Paris, où le roi resta suffisamment impressionné et lui accorda le titre de professeur. Cela lui donna la possibilité de terminer un des premiers oeuvres les plus importants, De umbris idearum – Les Ombres des Idées(1582), basé sur La République de Platon. Le livre propose une méthode mnémonique utilisant les images du zodiaque – les trente-six décans célestes décrits par Cornelius Agrippa dans De occulta philosophia – et il commençait à montrer la profondeur de ses idées hérétiques.
La chrétienté avait une vision profondément différente de la Terre et de sa place dans le cosmos par rapport à celle d’aujourd’hui. Pour les théologiens, il n’y avait qu’un seul cosmos – celui habité par l’homme, qui fut créé par un seul être divin en six jours, avec la planète Terre au centre, et l’être humain au sommet de la création. Le problème était que l’invention des verres avait donné la possibilité à l’homme d’observer le ciel. Depuis le 16ème siècle, l’invention des téléscopes a permis, en quelques simple observation, de comprendre que la vision religieuse du monde n’était pas correcte. L’astronome polonais Copernic avait déjà déclaré que c’etait le Soleil et non la Terre, au centre du ciel. Giordano était prêt à aller encore plus loin.

À la cour de la Reine Vierge

Giordano alla encore plus loin géographiquement – en Angleterre. À l’age de 35 ans il arriva à Londres, chez l’ambassadeur de France, et il fut accueilli à la cour de la Reine Elisabeth I. La cour élisabethaine était le milieu idéal pour un esprit ouvert. Le magicien et mathématicien Dr. John Dee était l’astrologue personnel de la reine. Pas seulement les hommes, mais aussi les femmes dans la cour, comme Mary Sidney Herbert, Comtesse de Pembroke, étaient des philosophes, des écrivaines, ou elles s’intéressaient à la science, à l’alchimie et à la magie. Giordano fut invité à l’Université d’Oxford pour parler de l’immortalité de l’âme. Ce n’était pas extraordinaire, c’était une croyance normale à l’époque, mais l’immortalité de l’âme pour Giordano incluait la réincarnation aussi et pour cela il n’attira pas la faveur des académiciens d’Oxford. La popularité de Giordano diminua, mais son séjour en Angleterre lui donna la possibilité d’écrire et publier ses oeuvres les plus importantes, comme De la causa, principio e uno – Cause, principe et unité et De l’infinito universo et mondi – L’infini, l’univers et les mondes.
Défier théologiquement des idées bien enracinées était assez dangereux mais Giordano bruno alla au déla de la science. Si la cosmologie chrétienne était incorrecte, alors il fallait reformer la religion. On n’avait pas besoin du Protestantisme, il disait, mais on avait besoin d’une nouvelle forme de religion, basée sur des formes divines évocatives en accors avec les nouvelles révélations scientifiques. Où est-ce qu’on peut trouver une religion pareille? Dans Spaccio de la bestia trionfante – L’expulsion de la bête triomphante (1584) – il répond: dans le Paganisme de l’Ancien Egypte, evidemment. Ce qui était évident pour Giordano devait être évident aussi pour les autres, si seulement il avait la possibilité de les convaincre.

Pas univers mais multi-vers

Aucune des visions de Giordano ne nous étonnerait pas aujourd’hui. En effet il fut un prophète du progrès scientifique, il a prévu beaucoup d’idées contemporaines sur la cosmologie. L’univers n’est pas limité, il disait, mais infini. Il n’y a pas un seul univers mais un multi-vers – un nombre infini d’univers qui contiennent des soleils infinis avec des planètes habitées comme la nôtre, et les étoiles de la nuit sont les soileils des autres univers. Mais Giordano eut la malchance d’être né dans son époque, une époque où la liberté d’expression ne rentrait pas dans les idéaux des pays occidentaux; une époque où on aurait risqué la torture et la mort si on disait des choses qui allaient contre la théologie dominante.
Convaincu à rentre par un faux prétexte, Giordano fut bientôt arrêté, longuement interrogé et emprisonné, jusqu’à ce qu’une liste définitive d’accusations fut déclaré. Outre le reniement de certaines doctrines catholiques, Giordano fut accusé de croire en plusieurs mondes et en leur éternité, de croire en la métempsychose et en la transmigration de l’âme humaine dans les animaux; et de pratiquer la magie et la divination. Ses crimes étaient la science et le Paganisme.
Le 17 février 1600, Giordano paya le prix de ses idées et il fut brulé, après avoir déclaré à ses juges:

Vous éprouvez sans doute plus de crainte à rendre cette sentence que moi à la récevoir.

Giordano Bruno cité dans Kaspar Schoppe’s letter to Konrad Rittershausen, Rome, 17 février 1600 (Spampanato 1921, 801)

« O esprit … tu sera un feu ardent. »

Petit, maigre, aux cheveux roux et combattif, l’un des premiers livres de Giordano Bruno fut La Cena de le Ceneri – Le Banquet des Cendres(1584), dans lequel il comprend pour la première fois les implications radicales de l’univers héliocentrique de Copernic pour la théologie. Les images puissantes du feu et de la cendre jouent un rôle très important dans ses écrits. Et sa mort dans le feu et la cendre, le jour après le mercredi de Cendres 1600, fut terrible mais peut-être prévue. Et ce ne fut pas une défaite. Giordano brula, mais sa mémoire vit dans les esprits et dans les coeurs de tous ceux qui trouvent dans la science, pas un défi pour la spiritualité, mais émerveillement, étonnement et réverence.

Puisque depuis les cendres du feu, le Phénix est rené,
Et depuis la mort une nouvelle vie nait, bien que sous une forme différente.

Vivianne Crowley (1984)

Références

Bruno, Giordano, Principle and Unity, and Essay on Magic. Cambridge University Press. Richard J Blackwell. Edité par Richard J. Blackwell. Traduit par Richard J. Blackwell. Cambridge: Cambridge University Press. Publié pour la première fois 1584-5, 2004

Crowley, Vivianne. « Review: ‘Cause, Principle and Unity’ by Giordano Bruno. » Heythrop Journal 41, n. 2 (Avril 2000): 252-253

Wicca: A Comprehensive guide to the Old Religion in the modern world 2ème édition. London: Element/Harper Collins. Publié pour la première fois 1996, éd 2003

Firpo, Luigi. Il processo di Giordano Bruno. Napoli: Edizioni Scientifiche Italiane, 1949.

Spampanato, Vincenzo. Vita di Giordano Bruno: con documenti editi e inediti. Messina: G. Principato, 1921.

Qu’ils n’aient pas du pouvoir sur nous

de Vivianne Crowley
(Traduction de V.F. Voxifera)

En septembre 2001, j’étais aux Etats-Unis pour présenter un nouveau livre que j’ai écrit avec mon mari – Your Dark Side. C’est un livre qui parle de la transformation du coté sombre de la personnalité. Le matin du 11 septembre j’étais en train de parler dans une série d’émissions radio et on me posait des questions au téléphone dans la chambre de mon hôtel à New York. Juste après 8.45h, la réception telephonique commença à diminuer. Il y avait des craquements sur la ligne et il y a eu un changement dans les questions. « Que pensez-vous du terrorisme international? C’est une manifestation du coté sombre de la personnalité? » une grande question complexe – et j’ai essayé d’y répondre pendant les derniers dix minutes de l’interview. C’etait le 11 septembre 2001. Pendant que je parlait la première des deux Tours Jumelles a été abattue. Quand moi et mon mari sommes sortis dans la rue, le vol United States 175 avait abattu la deuxième.

Terroriste ou héros, fanatique ou martyr?

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Ce mois-ci on a assisté en Europe à l’acte de terrorisme le plus frappant. Le 7 janvier 2015, deux hommes armés au cri de ‘Allāhu akbar’,‘Dieu est grand’, et ‘le Prophète a été vengé’, ont attaqué le bureau du hebdomadaire satyrique Charlie Hebdo, en tuant douze personnes et en blessant onze personnes. Certains étaient membres de la rédaction de Charlie Hebdo. D’autres étaient de la manutention et de la police. Pourquoi ces hommes ont décidé d’attaquer? Parce qu’ils n’aimaient pas ce que les journalistes et les vignettistes de Charlie Hebdo disaient et dessinaient.
Quand j’ai entendu la nouvelle juste après, j’étais profondément frappée et angoissée. Paris est une ville icône, l’un des berceaux de la civilisation européenne. C’est aussi le berceau de l’art européen et le lieu de naissance de « Liberté, Egalité et Fraternité ». Je me sentais comme si quelques chose qui m’était chère était violée – une violence à mon Paris bien aimé.

Connaître l’ombre intérieure

C’est facile d’étiqueter les actions des terroristes comme « mauvaises ». ça a été ma toute première réaction quand j’ai entendu la nouvelle. Ça a été facile de passer du choc et horreur à la rage et le dégoût, et du degout à la sensation que les personnes qui ont fait cela etaient des aliens et « etrangers », « non-humain »; c’est trop facile de descendre cette pente glissante qui nous fait devenir exactement ce que les terroristes desirent – que leurs ennemis deviennent des semeurs de haine comme eux.
En tant que païenne, je ne crois pas en une force du « mal » externe dans l’univers. J’adhère plutôt à la vision de Mahatma Gandhi:

Les seuls diables sont ceux qui se trouvent dans notre coeur, et c’est là qu’on doit combattre nos batailles.
Mahatma Gandhi

Le mal est un produit humain, qui vient de la peur, de l’ignorance, de la rage et de la frustration. Quand ces pressions s’accumulent, c’est facile de croire qu’il y a une solution simple. La mutilation et la destruction de nos ennemis, l’inquisition, le nettoyage ethnique, les guerres religieuses – ils sont tous nourris par la même illusion – qu’il y a une idéologie bonne, pure et correcte qui peut améliorer ce monde. Si les gens n’adhèrent pas, elles sont mauvaises et il faut les détruire. Une fois que l’on a étiqueté un groupe comme « étranger », ennemi, on peut se persuader que toute action est justifiable afin de protéger ce qu’on pense être juste et précieux.
L’histoire nous montre qu’aucun groupe est immune à cette pensée. Penser « je ne pourrais jamais être comme ça » c’est très dangereux. Si on ne connais pas le pouvoir séduisant de la rage justifiée, c’est très difficile de l’extirper de notre psyché. Et on se retrouve tout à coup dans sa prise. La capacité de faire du mal est typique de notre nature humaine. Elle arrive quand on a la possibilité de choisir. En tant qu’humains on a la possibilité de faire des actes qui servent un bien supérieur ou bien des actes misérables et destructifs. Ces choix, que l’on rencontre quotidiennement, sont sujets à nos émotions contrastantes – amour, haine, pitié, cruauté, avarice, égoïsme et altruisme – qui font partie de la réalité du coeur humain.
Dans le système de Carl Gustav Jung nous êtres humains partageons et héritons une psyché collective, l’inconscient collectif, qui représente l’ensemble des potentialités humaines, bonnes ou mauvaises. Beaucoup d’entre nous n’ont pas eu les experiences extremes de vie qui peuvent nous transfomer en des etres mauvais, mais tout le monde a la capacité de faire du mal. On peut être potentiellement totalement indifférents aux autres, comme on peut être potentiellement compassionnel, souciant et intéressé. Nier l’existence de notre ombre crée bien plus de problème que quand on la reconnaît, même si ce n’est pas trop agréable. Quand on la refuse, nos besoins négatifs – la malice, la jalousie et l’envie – augmentent, et se nourrissent dans l’obscurité. On peut croire que notre haine n’est pas maivaise – mais bonne, correcte et appropriée. C’est le vin enivrant de la colère justifiée, la drogue intoxicante des guerres religieuses et idéologiques.

Défendre ce que l’on aime

Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire.

Evelyn Beatrice Hall (1907) The Friends of Voltaire,
G. P. Putnam’s Sons, New York, p. 199.

Même si je vis en partie en France, je n’avais jamais entendu parler de Charlie Hebdo, ou ses contenus. Sa diffusion hebdomadaire compte environ 45,000 copies. C’est très petit dans le grand domaine des médias mondiaux – et on le publie en une seule langue – le français. Ceux qui ne veulent pas ne sont pas obligés de lire, de regarder, ou bien de jeter sa haine sur Charlie Hebdo. Maintenant tous ceux qui le désirent peuvent accéder au matériel qui a vexé les deux terroristes. Je dis « tous ceux qui le désirent » parce que personnellement je n’ai pas envie de regarder du matériel qui dénigre les croyances religieuses des autres. Mais je ferais tout ce que je peux pour acheter la dernière copie du journal puisque, en faisant écho aux célèbres paroles d’Evelyn Hall et qui encharnent parfaitement l’esprit de l’écrivain libertaire Voltaire (1694-1778), je respecte le droit de critiquer les croyances des autres.
Quand en 1989 Ayatollah Khomeini en Iran a déclaré que l’écrivain Salman Rushdie était une cible légitime seulement parce que l’Ayatollah n’aimait pas ce qu’il avait écrit dans son roman The Satanic Verses, je suis sortie et j’ai acheté une édition en couverture rigide. Pourquoi? Pas parce que je voulais le lire. J’y ai essayé – et je l’ai trouvé assez ennuyant – mais plutôt parce que je ne voulais pas vivre dans un monde où les fanatiques religieux tuent quelqu’un pour lui empêcher de dire des choses qu’ils n’aiment pas.
Les débats entre païens sur comment s’opposer au mal se transforment en disputes entre ceux que j’appelle paiens « Ancien Testament »  « oeil pour oeil » et les paiens « Nouveau Testament » « aime tes ennemis ». Ayant le Bouddhisme comme « deuxième religion », je suis pour un compromis. Je ne hais pas les terroristes qui ont fait ces horribles choses. Je me refus à me faire infecter par leur rage. Je suis un être humain libre et je choisis de ne pas descendre cette pente glissante. Mais je ne les aime pas non plus. Je permets à ma rage de se transformer en mépris et le mépris est un pas facile vers la pitié. J’ai pitié de ces jeunes hommes qui ont été séduits par le vin enivrant de la haine. J’ai pitié du fait qu’ils ne vivront pas la sagesse de l’âge mûr et qu’ils ne connaitront pas l’inutilité des idéologies qui n’apportent rien de positif à la condition humaine. Je prie que tous ceux qui sont comme eux se réveillent de la fantaisie à la réalité et que nous ayons la force de créer un monde où cette haine n’ait pas de place.
Beaucoup d’entre nous n’ont pas beaucoup de pouvoir dans ce monde. On peut faire seulement ce qu’on peut dans notre petite sphère d’influence. Mais il y a un endroit où l’on peut toujours commencer. C’est dans notre intérieurité. Refuser le mal c’est d’être fort face à la terreur, rester résolu dans nos valeurs et dans nos croyances, pour se refuser de partager la haine des terroristes.

Que la peur du mal n’ait pas de pouvoir sur nous
Que la semence de la haine ne s’enracine pas dans nos coeurs
Que notre volonté soit forte et notre vision soit claire
On vaincra.

« Car c’est la joie qu’on apporte » …sauf si l’on est déprimé

de Vivianne Crowley

(traduction de V.F. Voxifera)

Mes yeux noirs regardent dans la nuit,
en attendant l’arrivée de l’aurore.
En quoi avez-vous confiance,
vous qui avez choisi le jour comme votre père et mère,
quand le jour se termine?

La fin de l’année est la période traditionnelle pour penser aux résolutions pour le nouvel an. Idéalement on réflechit sur l’année qui vient de passer et on pense à comment on veut évoluer la prochaine année – ce que l’on veut faire et obtenir, ce que l’on veut changer de nous et du monde autour de nous. Beaucoup de ces résolutions vont vite disparaitre de notre esprit mais un moyen pour les fixer dans notre psycjé est celui de créer un rituel proche du nouvel an pour réflechir sur l’année – les succès et les échecs, les joies et les douleurs, pour résoudre et mettre à profit les bonnes choses et laisser aller ce que l’on veut oublier. On peut retenir quelques souvenir douloureux – le souvenir des personnes aimées qui sont passées au delà du voile par exemple – mais les autres ne sont pas nécessaires. En tant que païens, la saison que l’on célèbre nous apprend la réalité de l’univers – tout est limité. Le passé n’existe plus sauf dans notre mémoire. Si on a le courage, on peut laisser aller ce qui n’est plus nécessaire pour nous.

Trouver le point au centre

D’où vient-il ce courage? Très souvent on n’est pas courageux. La plupart des problèmes de ce monde naissent de la peur – la peur de l’inconnu, la peur de ceux qui sont différents par rapport à ce que l’on connait. La différence nous provoque. Elle répresente le vide qui se trouve entre ce que l’on voudrait et la réalité. On réagit à la peur de manière différente. Quelques fois on échappe, d’autres fois on attaque. Quelques fois elle nait de l’instinct et de l’habitude et elle nous fait perdre. Quand la vie devient difficile on doit canaliser notre expérience spirituelle et magique pour nous aider à rester au centre entre des forces opposées qui nous poussent d’une part à l’autre, pour nous aider à être ce point fixe au centre du cercle où l’on peut retrouver la calme, la paix et la capacité de choisir. La capacité de choisir est ce qui nous rend humains – des êtres conscients qui sont capables des actes de volonté.

S’adresser aux Puissants

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La fin de l’année est la période pour fêter. C’est aussi le moment pendant lequel on se sent encore plus seuls s’il y a quelques chose dans notre vie qui ne va pas. Si les cloches sonnent et les feux d’artifice explosent dans la joie typique de cette période et on ne la ressent pas, alors la différence entre la réalité et l’attente peut être douloureuse.
Quelques fois on arrive à trouver la volonté pour continuer et pour voir les jours meilleurs qui vont arriver, mais tout le monde a passé des périodes pendant lesquelles la vie semblait écrasante. Les peurs, les douleurs, et les déceptions nous harcèlent. Au lieu de rester au centre du cercle, en contrôlant les forces opposées, on se retrouve écrasé – on est à genoux, incapables d’affronter ce qui nous entoure et incapables de prendre les décisions et faire les choix nécessaires. À quoi peut-on s’adresser pour avoir un aide? Dans le Paganisme, à quoi peut-on s’appuyer pour continuer?
Dans certaines traditions spirituelles, pendant les périodes problématiques, les gens s’adressent à leur divinité patronne avec laquelle ils ont un rapport personnel. On peut avor un rapport avec la Déesse ou le Dieu que l’on sert en tant que Prêtre et Prêtresse. Quand l’ombre semble s’allonger, on peut s’adresser à notre divinité pour demander de l’assistance. Mais beaucoup de païens ont un rapport plus distant avec les divinités. Si on s’adresse premièrement à Gaia, ou à la conscience de l’univers, il peut sembler que le Divin ne se soucie pas des nos problèmes personnels. Même si ces problèmes semblent écrasants à nos yeux, au fond de notre coeur on sait qu’ils sont très triviales par rapport au grand schéma des choses. En effet, en se rappelant de cela on peut faire un premier pas vers la réalisation qui nous per met de prendre le contrôle de nos vies et de prendre les décisions qui nous permettent de progresser.

On ne travaille pas seuls

De plus, nous ne devons pas se prendre le risque d’une aventure en solitude,
parce que les héros de tout temps sont partis avant nous:
le labyrinthe est entièrement connu;
nous devons seulement suivre le fil du chemin du héros.
Et où nous pensions de trouver une abomination,
on trouvera un dieu;
où nous pensions de voyager à l’éxterieur,
on se retrouvera au centre de notre existence,
et où nous croyions être seuls,
nous nous retrouverons avec tout le monde.

Joseph Campbell (avec Bill Moyers). The Power of Myth. Edité par Betty Sue Flowers. New York: Doubleday and Co., 1988

Si on n’a pas une relation intime et personnelle avec une divinité, cela ne signifie pas qu’on est spirituellement isolé et seul. Il y a des forces dans l’univers qui sont plus proches de nous que la conscience qui fait bouger l’univers – et ce ne sont pas des anges ou des démons. Beaucoup d’entre nous honorent les ancêtres spirituels, ou les Puissants, des êtres humains qui ont parcouru le chemin que maintenant nous parcourons et qui ont été des pionniers sur les chemins que nous essayons de créer. Aucun chemin est pareil à un autre, mais les innovateurs qui ont aidé à créer le Paganisme post-chrétien qu’on pratique aujourd’hui nous ont laissé une carte du territoire.

S’adresser aux Puissants

On ne doit pas prétendre que nos ancêtres spirituels ont été des saints dans leur vie. Le Paganisme est un chemin terrestre et si on est sage on gardera un esprit assez concret qui nous permet de comprendre que les êtres humains ne sont jamais parfaits en vie et que la mort ne nous rend pas immédiatement des grands sages. À Samhain, quand le voile entre les mondes est subtile, on invite souvent nos ancêtres, les Puissants, à nous rejoindre, mais on ne doit pas les ignorer pendant le reste de l’année. Ceux qui sont sortis de leur corps n’ont pas nécessairement oublié ce monde. Beaucoup d’entre eux restent proches de ce monde, ils se soucient de son destin. Souvent ils s’approchent de nous pendant nos méditations et quand on fait nos rituels. Ils aiment et s’occupent de ceux qui les ont suivis.
Les activités rituelles sont des moyens pour canaliser les énergies. Ce sont les énergies de ceux qui sont dans l’espace rituel, mais ce sont les énergies de la période et de la saison. Quand dans la psyché humaine il y a un si grand nombre de personnes qui se tourne vers la fin de l’année, c’est bon moment pour canaliser l’énergie du renouvellement dans nos vies. Si on reste dans le cercle et on demande à nos ancêtres de nous guider pour la nouvelle année, ce sera une préparation idéale pour une divination qui nous aide à nous focaliser sur ce que l’on doit faire dans le nouvel an. On peut inviter les Puissants à s’approcher, à nous conseiller et à nous guider quand on doit affronter des problèmes; à nous pousser avec ces petites synchronicités qui nous aident à avoir des visions, à voir des nouveaux chemins, opportunités et connections qu’on n’aurait noté autrement. Ils ne sont pas tous des grands sages mais quand on sort du corps, on se retrouve dans un lieu sans temps et on atteint un état dans lequel le passé, le présent et le futur sont égaux « maintenant ». Si on s’approche d’eux, on peut marcher en ce lieu sans temps pour un instant, au centre, où tout notre potentiel rete caché, le fils solaire et le héros solaire qui sont en nous, prêtes encore une fois à affronter et étreindre le monde.

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‘Chaque homme et chaque femme est une étoile’

de Vivianne Crowley
(Traduction de V.F. Voxifera)

Si quelqu’un vous demande, ‘Qu’est-ce que Aleister Crowley, Gerald Gardner, Dion Fortune, Doreen Valiente, Kenneth Grant et Margot Adler ont en commun?’ Vous allez peut-être répondre qu’ils sontp tous des auteurs, ou bien qu’ils ont été très importants dans la redecouverte du Paganisme et de l’occultisme. Une autre réponse peut être qu’ils ont tous cité les mots de Carl Gustav Jung dans leurs oeuvres. Pourquoi Jung et pourquoi semble-t-il si important pour eux?
Aleister Crowley (1875-1947) naquit en la même année que Jung et il vécut les mêmes Guerres Mondiales et les mêmes changements dans la culture et société occidentales. Entre Thélème et la psychologie analytique il semble y avoir une grande distance, mais Crowley fut l’un des premiers lecteurs de Jung. En 1919, deux livres l’ont aidé à écrire ‘un traité formidable de quarante cinq mille mots’. Ces oeuvres furent Le Rameau d’or de Sir James Frazer et Psychologie de l’inconscient de Carl Jung. (Crowley, 1979 ed., p. 809).
Qu’est-ce qui a attiré le grand magicien vers l’oeuvre de Jung? Crowley ne fut pas vraiment un grand supporteur de la psychanalyse, mais en la fin de 1916 il écrivait dans l’édition americaine de Vanity Fair:

On n’est pas surpris en apprenent que le docteur Jung de Zurich a refusé quelques conclusion de Freud. Au lieu lier la volonté au sexe, il lie le sexe à la volonté. Donc, inconsciemment, il a ouvert la voie pour le retour de l’ancienne idée magique qui considère la volonté comme aspect dynamique du soi. Chaque individu, selon les initiés, a un but bien définit, et il assume une forme humaine, avec ses privilèges et ses limites, pour accomplir ce but. Cette vérité est bien exprimée en langage magique par la phrase ‘Chaque homme et chaque femme est une étoile’… (Crowley, 1916)

Trouver un centre

Aleister Crowley

Aleister Crowley

Pour Crowley, le travail de Jung conduit à ses mêmes conclusions – que chacun de nous a un but dans cette incarnation. Crowley considéra cela comme trouver son Vrai Soi, ou la Vraie Volonté. Dans le langage de Jung, ce but est « l’individuation » et le résultat final c’est de trouver le « soi ».

J’ai appelé cette totalité qui transcend la conscience, « soi ». Le but de ce procès d’individuation est la synthèse du soi.

(Jung, 1940, pp. 164, para. 278)

Selon Jung le soi est le soi le plus profonde:

…une conscience qui n’est plus coincée dans le monde personnel, super-sensible et fermé de l’ego, mais elle participe librement dans le vaste monde des intérêts objectifs. …en conduisant l’individu vers une communion absolue, indissoluble et liante avec le vaste monde.

(Jung, 1916/1928/1934, pp. 178, para. 275)

Ceci n’est pas le « moi » que l’on voit dans le miroir chaque matin. Ce n’est pas le produit de cette incarnation, bien que cette incarnation puisse contribuer. C’est plutôt le « soi » que l’enseignement hindou appelle « atman », notre noyau le plus profonde et durable.
Le procès de réalisation du soi inplique un déplacement du centre de conscience, de celui de l’ego à celui du soi. Cela est possible en s’ouvrant à ces parties de la psyché qui sont cachées et inconnues. On commence à sentir cette conscience plus vaste dans le monde du sommeil et du rêve. On peut également y accéder à travers la méditation, la visualisation et le rituel. Ce sont tous des procès qui bien évidemment font partie de la pratique de la plupart des païens.

Accepter l’ « autre »

Le voyage extérieur qui nous met en contacte avec la Nature, avec les Dieux, avec la Déesse, commence inévitablement à nous ouvrir à un endroit intérieur, le monde magique dans notre inconscient. Ce procès, s’il est bien administré, ne mène pas seulement à une ouverture mais à une intégration aussi – une acceptation du fait que les aspects qu’au début on considérait comme « autre », « pas-moi », font en réalité partie de notre être. Cela inclut l’ « intériorité sombre », l’ombre qui est le côté en négatif de notre personnalité que l’on préfère rejeter. Ce procès de réveil, réalisation, acceptation et intégration de l’ « autre » crée un nouveau centre qui entre en tout notre être, ce que Jung appelait « individuation ».

Individuation signifie devenir un « in-dividu », et, vu que l’ « individualité » comprend notre plus incomparable unicité intérieure, cela implique de devenir un avec son propre soi. On peut alors traduire individuation comme « atteindre le soi » ou « auto-réalisation ».

(Jung, 1916/1928/1934, pp. 173, para. 266)

Il y a beaucoup de chemins pour arriver à ce changement intérieur. La plupart des changements spirituels et psychologiques arrivent à travers les « initiations » de la vie quotidienne, quand on devient adulte et on apprend à avoir des responsabilités vers d’autres personnes. Mais une vie spirituellement et magiquement active peut bien accélérer ce procès – si on se prend du temps pour une vie spirituelle. Cela signifie employer son temps pour entrer en communion avec son propre monde intérieur, sa propre psyché profonde, la source de la vision et de l’inspiration. Le rituel, la méditation, la création artistique, l’écriture créative – ce sont des chemins pour l’inconscient et l’inconscient est un portail pour l’inconscient collectif de toute l’humanité. Qu’est-ce que c’est l’ « inconscient collectif »? On peut le voir comme une « zone a-temporale », un état de conscience au delà du temps et de l’espace, au delà du corps et au delà de notre incarnation actuelle. C’est un état de conscience que l’on perçoit et puis qu’on perd, et que l’on perçoit encore. Certaines pratiques du Paganisme – invocation, méditation, contemplation, voyage intérieur – peuvent nous aider à l’atteindre.

On est le Paganisme

Ces pionniers qui ont développé le Paganisme comme on le pratique aujourd’hui, ne sont pas arrivés à ce niveau en publiant des commentaires sur les groupes Facebook, ou en participant à des débats sur la réalité des dieux. Ils sont arrivés à ce niveau en dialoguant avec leur psyché intérieure. Pas tout le monde est un pionnier du Paganisme, destiné à écrire des livres érudits pur les autres; mais on est tous des pionnier parce qu’on est la première génération qui a appris à vivre comme des païens et à construire un Paganisme qui répond aux besoins de générations futures. Comment le Paganisme doit être vécu? Comment notre pratique peut créer un chemin pour l’auto-réalisation qui répond aux nécessités de ceux qui sont portés au changement spirituel? Comment peut-on vivre le paganisme si l’on veux créer quelques chose de nouveau, de beau et puissant qui va améliorer le monde, ou des petites parties? Ce sont les grandes questions qu’on affronte chaque jour, en chaque choix que l’on fait, et comment on choisit et décide de diriger nos énergies et notre temps.

Créer des constellations

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Aucune tradition spirituelle peut avancer au delà des individus qui en font partie, donc notre présent est le mieux qu’on puisse obtenir. Si on veux que le Paganisme se développe et prospère, on doit créer en nous une communion avec les Dieux et avec la psyché plus profonde qui nous change et qui inspire les autres. Tout cela prend tu temps, du temps intérieur. On ne peut pas le faire simplement en écrivant, en encourageant les autres, en organisant, en enseignant – tous ces choses sont importantes, mais ce seront authentiques et durables seulement si elles sont construites sur une véritable expérience spirituelle. Cela ne peut pas être absorbé indirectement, même si les expériences des autres peuvent nous inspirer. Chacun de nous doit créer du temps et de l’espace pour transformer notre intérieur.Chaque homme et chaque femme est une etoile, et pour créer un nouveau Paganisme on a besoin des constellations – des individus en contacte avec leur veritable et authentique soi et qui travaillent en harmonie avec les autres, et on obtien cela seulement en creant l’harmonie en nous-memes. Cela est le defi que l’on doit affronter.

Références

Crowley, A. (1916, December). An improvement on psycho-analysis: The Psychology of the Unconscious – for dinner-table consumption. Vanity Fair , pp. 55, 134.

Crowley, A. (1979 ed.). The Confessions of Aleister Crowley: An Autohagiography (2nd edition. First published 1969 ed.). (J. Symonds, & K. Grant, Eds.) London, Boston and Henley: Routledge & Kegan Paul.

Jung, C. G. (1940). The psychology of the child archetype. In C. G. Jung (1968 ed.), The Collected Works of C. G. Jung, Vol. 9, part 1, Archetypes and the collective unconscious (pp. 151-181). London: Routledge & Kegan Paul.

Jung, C. G. (1916/1928/1934). The relations between the ego and the unconscious; part 2: Individuation. In C. G. Jung (1966 ed.), The Collected works of C. G. Jung, Vol. 7, Two essays on analytical psychology (pp. 173-241). London: Routledge & Kegan Paul.

« Matron Bone or Witch Bone – take your choice » Eleanor Bone Memorial Fund

Eleanor Bone (1910-2001)

Eleanor Bone (1910-2001)

Samhain vient de passer et c’était un bon moment pour honorer, célébrer et rappeler nos ancêtres.

Une initiative, à mon avis très importante, a été lancée par Eleanor Bone Memorial Fund: collecter de l’argent pour donner une pierre tombale à une Matriarche de la Wicca, Eleanor Ray Bone.

Depuis le site officiel:

« Eleanor “Ray” Bone est une figure très importante dans l’histoire de la Wicca. Elle fut initée par Gerald B. Gardner et pendant plusieurs decennies Eleanor a été Grande Prêtresse dans un coven à Londres. Elle est souvent connue comme la Matriarche de la Wicca européenne, parce que la plupart des gardneriens d’Europe descendent du Coven de Ray Bone. Eleanor Bone était très fidèle à Gerald Gardner et en 1968, elle a voyagé vers l’Afrique du Nord pour visiter son tombeau à Tunis. Là, elle sut que le cimetière allait bientôt fermer, que les tombes auraient été enlevées, et le terrain transformé en parc publique. Elle a collecté de l’argent dans la communauté wiccane pour deplacer la tombe et la pierre tombale de Gardner dans un cimetière près de l’ancienne ville de Carthage, où on peut encore la visiter aujourd’hui.  »

Eleanor Bone se retira aux année ’70 en Cumbria, où elle passa au delà du voile de l’existence le 21 septembre 2001. Comme elle n’avait plus de famille, ayant perdu le contacte avec la plupart de ses initiés et ne pouvant pas compter sur un patrimoine qui lui aurait permis de payer des vraies funérailles, elle fut enterrée à Garrigill dans un cimetière déconsacré sans une pierre tombale.

Pour cela, Eleanor Bone Memorial Fund veut collecter 2,000£ pour acheter une pierre tombale qui sera installée lors du 14ème anniversaire de sa mort, le 20 septembre 2015, comme signe de reconnaissance de la part de toute la communauté wiccane.

Toute donation est importante, pour soutenir l’achat de la pierre mais aussi pour soutenir l’organisation de l’événement commémoratif.

Sur le site officiel http://eleanorbone.org/ , vous trouverez toutes les infos pour faire votre donation.

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‘Et au delà de la mort je donne la paix et la liberté…’

de Vivianne Crowley 
Traduction de V.F. Voxifera

On est en train d’entrer dans le signe astrologique du Scorpion, quand notre esprit tourne naturellement vers la mort. Reconnaître la réalité de la mort c’est quelques chose que l’on fait – et que l’on ne fait pas. La plupart de nous hésite entre l’acceptation théorique et l’indifférence. Quelqu’un de nous a perdu des parents ou amis pendant l’adolescence ou à vingt ans et on a du faire face à la mort et à la douleur très tôt . On peut perdre les parents et les elders spirituels, et on trouve que les gens de notre génération tombent malades et meurent, parfois bien plus tôt que prévu.
Quand il atteignit sa quarantaine, le célèbre psychologue Carl Gustav Jung (1875-1961) écrivit dans son journal personnel Le Livre Rouge:

On a besoin de la froideur de la mort pour voir plus clairement. …Si j’accepte la mort, alors mon arbre devient vert, puisque la mort accroit la vie. Si je plonge dans la mort qui englobe le monde, alors mes bourgeons s’ouvrent. Que notre vie a besoin de la mort!
La joie pour les petits riens arrive à toi seulement quand tu as accepté la mort … Si tu accepte la mort, c’est à la fois comme une nuit glaciale et un pressentiment angoissant, mais c’est une nuit glaciale dans une vignoble pleine de doux raisins. Tu prendra bientôt plaisir de ta richesse. La mort fait mûrir. On a besoin de la mort pour pouvoir récolter les fruits. Sans la mort, la vie n’a pas de sens, puisque ce qui dure longtemps se lève encore et nie sa signification. Pour être, et réjouir de ton existence, tu as besoin de la mort, et cette limitation te permet d’accomplir ton existence.

Carl Gustav Jung, Liber Novus/Le Livre Rouge, 2009 ed., 274-275.

Il croyait qu’en affrontant la réalité des limites de la vie humaine cela faisait du bien. L mort peut nous aider à apprécier la vie.

Conscience au delà du corps

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Beaucoup de païens croient que la mort n’est pas la fin de l’existence. Etant païens, on est les héritiers des anciennes traditions à mystères. L’une des finalités du processus initiatique était celle d’apprendre aux initiés la réalité de la vie après la mort. L’initié était exposé à des rituels et symboles qui causaient en lui un changement intérieur qui faisait passer un message à propos de son endurance. Ce n’est pas le « moi » constitué par l’ensemble des expériences d’une seule incarnation, mais c’est quelques chose de plus profond, et sans limites.

Qu’est-ce que c’est ce genre de conscience? Parfois on l’aperçoit, on la goute, et on en fait l’expérience. Pendant nos méditations les plus profondes, quand on est seul dans la Nature, et parfois pendant des moment intenses d’amour, sexe, douleur, initiation. Si l’on a de la chance, on a eu des expériences spirituelles qui nous ont appris que le corps n’est pas le borne de notre existence; que la façon par laquelle nos sens perçoivent le temps et l’espace n’est qu’un élément momentané, une représentation de la réalité transmise dans les limites des nos sens et leurs capacités. Les expériences de synchronicité, télépathie, rêves prémonitoires, rencontres surnaturelles, et les expériences hors du corps, comme les rêves lucides nous permettent de comprendre que notre conscience et l’image que l’on a de soi peuvent être séparés du véhicule physique du corps.

Les expériences de mort-retour, pour ceux qui l’ont testé, peuvent nous transmettre ce que les anciens mystères ont appris – que la conscience existe au delà du corps. Ce genre d’expérience est éxperienciel et individuel. Il ne peut pas convaincre ceux qui ne l’ont pas testé. Ce n’est pas quelques chose que l’on peut expliquer avec des mots et des argumentations rationnelles; ni émotionnelles. Ce n’est point question de satisfaire un désir ni de se défendre contre la réalité de notre mortalité. Ce sont des expériences qui sont réelles, ineffables, profondes et qui changent la vie.

L’expérience de mort-retour de Carl Jung

Dr Carl Gustav Jung (1875 - 1961) (Photo by Hulton Archive/Getty Images)

Dr Carl Gustav Jung (1875 – 1961)
(Photo by Hulton Archive/Getty Images)

Carl Gustav Jung eut ce genre d’expérience en 1944 quand il avait 68 ans. Il souffrit à cause d’une fatalité commune dans la vieillesse – une chute sur le verglas. Il glissa et il se cassa le péroné. Puis, après dix jours, il eut une crise cardiaque et commença à mourir. Tout à coup, il se retrouva à flotter 1000 miles au dessus de la Terre. Les mers et les continents brillaient au dessous de lui et il put distinguer le désert arabe et les sommet enneigés des montagnes de l’Himalaya au nord des Indes, des images qui devaient être encore immortalisés à travers les voyages dans l’espace. Puis une grande structure monolithique noire se dressa devant lui. Il comprit que c’était un temple, et à l’entrée il vit un gourou hindou assis dans la position du lotus. Il ressentit que son existence terrestre avait été dépouillée, et rien ne restait sauf son essence, le coeur de son existence. Il était en train d’avancer et entrer dans le temple, quand son médecin apparut dans la vision et lui dit que son départ était prématuré; et beaucoup de personnes priaient pour son retour. Jung fut vraiment déçu quand la vision se termina tout à coup.

L’expérience eut un impacte profond sur sa vie. La dépression et le pessimisme qu’il avait ressenti pendant la Seconde Guerre Mondiale disparurent. Il décida d’abandonner son emploi dans l’université et de se dédier à son dernier travail important – ses recherches sur l’alchimie, la religion et le Gnosticisme. Il était détermine à utiliser le temps qui lui avait été donné et les dernières dix-sept années de sa vie de 68 à 85 ans furent les plus productives.

Le ‘moi’ et le corps ne coïncident pas

Tout le monde n’a pas eu des expériences traumatiques comme celles de mort-retour qui peuvent aider à se focaliser sur ce qui est vraiment important, mais les expériences spirituelles de transcendance, que beaucoup d’entre nous ont trouvé dans les rituels et dans les méditations, jouent presque le même rôle en nous apprenant que le « moi » et le corps ne coïncident pas. À travers notre pratique païenne, on a le privilège de pouvoir tester ce genre d’expérience qui nous aide à accepter l’inéluctable réalité: on est des êtres conscients dans un corps physique. Quand Samahin approche, on reconnaît que le corps grandit et déchoit. Comme on dit dans la Wicca, ce sont « …l’age et le destin contre lesquels on est impuissants » mais on se rappelle encore de la promesse de la Déesse:
‘Mienne est l’extase de l’esprit … et au delà de la mort je donne la paix, la liberté et la réunion avec ceux qui nous ont précédé.’
Donc en s’approchant à Samahin on honore le cycle de la mort, de la renaissance et de la nouvelle vie; et on honore la mémoire de ceux qui sont passés au delà du voile. On honore le don de la vie, le don le plus précieux, et on essaye de vider la coupe du vin de la vie jusqu’à la dernière goutte pour qu’aucune goutte ne soit gaspillée.

Wicca, initiation et coven – Mode d’emploi

de V.F. Voxifera

Cet article nait de la nécessité profonde de mettre les choses au clair, car je me suis souvent retrouvée impliquée en des folles discussions sur les réseaux sociaux et en général sur les plateformes de partage (forum etc etc). Et, lors de ces entretiens virtuels, je me suis aperçue du manque absolu d’information quand on parle de certains sujets, en particulier quand on touche les concepts d’initiation, coven et Wicca dite « traditionnelle » (donc en général Wicca gardnerienne et/ou alexandrienne) qui semblent mystérieusement être la première préoccupation de beaucoup d’éclectiques et les ennemis de certains. Vous pouvez donc imaginer ma souffrance, étant gardnerienne/alexandrienne, en voyant défiler devant mes yeux une série de fantasmes, clichés et mythes infondés. Mes raisons expliquées, je commencerai par le concept d’initiation qui semble être le plus controversé.

Initiation… cette inconnue

Patricia Crowther qui initie un nouveau prêtre

Patricia Crowther qui initie un nouveau prêtre

Quand on découvre que la Wicca est une religion initiatique à la base , à coté des réactions positives et de désintérêt, au niveau virtuel il y a deux types de réactions négatives possibles: ceux qui sont atteint par la syndrome du « Renard et le Raisin » et qui ne perdent pas l’occasion de faire étalage de leur dissonance cognitive à chaque commentaire; et ceux qui rationalisent en utilisant le prétexte du temps qui passe: « Les temps ont changé, il n’y a plus beaucoup d’initiés dans le monde, les éclectiques sont plus nombreux etc etc… » en essayant de nous faire passer pour des vieux élitaires (j’ai 22 ans, pas si vieille que cela). Mais avant de vous lancer dans ces deux dernières réactions, vous ne vous êtes jamais demandés qu’est-ce que c’est l’initiation?

L’initiation, au sens large et dictionnaire de l’Académie française à la main, est l’« Admission à la connaissance de mystères religieux et à la participation au culte sacré. » comme tout premier résultat et, puis encore, « Action de délivrer ou d’acquérir les premiers éléments d’un art, d’une technique, d’une science, les rudiments d’une discipline ». Parfait, comme définition de base c’est assez satisfaisante, mais l’initiation est bien plus qu’une admission officielle. L’initiation peut se passer sur deux niveaux: le niveau personnel/intérieur et le niveau collectif. Quand on parle au niveau personnel il s’agit d’un réveil intérieur, « un réveil de l’âme à une conscience supérieure » comme définit par R. Steiner dans La Science de l’Occulte, c’est la rencontre entre le Soi et le Divin, notre expérience personnelle et intime avec les Dieux. Cette rencontre peut arriver de manière spontanée sans qu’il y ait une cérémonie et sans nous introduire dans une tradition religieuse précise, ce sera donc un auto-réveil pendant lequel on découvre notre coté divin, même si une initiation traditionnelle peut aider à accélérer le procès bien sur. Ce phénomène est à la base de toute expérience mystique (qu’elle soit chrétienne, juive, islamique, païenne etc etc), si l’on pense par exemple aux expériences des grands mystiques on pourra surement retrouver une base commune: l’étincelle divine, le contacte et l’union avec Dieu.

L’initiation collective appartient plus spécifiquement à des traditions religieuses, pour comprendre ce point il faut introduire un concept très cher à l’ésotérisme occidental: le concept d’ « esprit du groupe ». L’origine du mot « religion » est latine cela dérive du verbe  religo, religare  qui signifie « lier, connecter, unir », donc on peut dire qu’une religion unit principalement l’homme à dieu et sur un niveau plus humain, elle unit les gens. Selon le concept « d’esprit du groupe » qui est à la base de toute religion, quand un certain nombre de personne se regroupe en partageant une même idée, une même croyance, un même but, il se crée une entité ou égrégore qui s’alimente au fur et à mesure que les gens pratiquent ensemble et dans le temps cette entité devient toujours plus forte et identitaire (pensez seulement au Judaïsme). Pour avoir accès à cet égrégore et pour rentrer dans l’esprit du groupe d’une religion il faut passer une cérémonie de passage, d’initiation qui change selon la tradition de référence et qui réveille dans la conscience du postulant le sens d’appartenance et la volonté d’entreprendre un nouveau chemin. Dans la Wicca cela s’applique au concept de coven qui est plus petit en termes numériques mais également puissant, chaque coven a son « esprit du groupe » qui se construit avec la pratique constante, le partage et la transmission de connaissances, traditions, croyances entre les membres. Pour avoir accès à ce corpus il faut être initiés, donc être admis à ce grand esprit commun, qui marche comme une grande moteur dans laquelle chaque membre met une partie de ses énergies, en magie l’union fait la force et quand dans un coven l’harmonie et la Volonté règnent, tous les travaux magiques deviennent effectifs et donnent des grands résultats sans trop d’effort. Bien sur on n’atteint pas un tel niveau tout de suite, mais après une longue période de pratique et travail en groupe.

Le Coven

Alex et Maxine Sanders et leur coven

Alex et Maxine Sanders et leur coven

Dans le dernier paragraphe on a introduit le concept de Coven, pour ceux qui ne s’y connaissent pas bien en terminologie, au sens large cela indique des sorcières qui se regroupent pour fêter et pour célébrer des rituels, mais tout comme l’initiation, c’est plus que cela. Le coven est assimilable à une famille, une famille spirituelle dans laquelle on a été adopté, et dans laquelle les membres ont construit un rapport très fort entre eux au delà du degré d’initiation de chacun et dont l’intensité peut être comprise seulement en la ressentant (donc croyez-moi sur la parole). Je vois qu’il y a la tendance, alimentée par la désinformation, à considérer le coven comme quelques chose de sectaire dans laquelle la liberté de chacun est constamment menacée par la présence des deux Grands Prêtres qui semblent assumer dans ce cas toutes les caractéristiques d’un couple de tyrans. Rien de plus faux, chaque coven est autonome donc cela pourrait bien se passer, il faut être réalistes, mais ce n’est pas la normalité, les Grands Prêtres sont comme des « parents » spirituels, sont des guides et ils nous montrent un des chemins possibles mais à la fin c’est à nous de marcher, chaque membre a sa démarche et on la respecte. D’habitude on préfère avoir un coven bien assorti avec différents points de vu et différentes habilités afin que chacun puisse enrichir le groupe en apportant sa propre expérience et en la partageant. Le mot clé est exactement « partager », seulement en partageant on peut alimenter l’égrégore ou esprit du groupe dont on parlait avant, le fait de rentrer dans l’esprit du groupe implique déjà le partage de quelques chose: à l’intérieur du Cercle chaque membre enlève ses barrières psychiques et instaure un rapport d’union et coopération avec la psyché des autres en un acte extrême de confiance, c’est pour cela qu’au premier degré d’initiation on rentre pour la première fois dans le Cercle avec deux mots parfaits « Parfait Amour et Parfaite Confiance », et quand on s’engage longtemps en ce sens, cela peut se passer de manière tout à fait spontanée même à l’extérieur du Cercle sous la forme de petits phénomènes de télépathie, synchronicité, rêves synchroniques, etc etc.
Comme le dit bien Vivianne Crowley dans son livre Wicca: A Comprehensive Guide to the Old Religion in the Modern World . « C’est plus facile que tout cela se passe dans un groupe coopératif que dans un groupe compétitif, quand le groupe n’est pas autoritaire et quand les gens s’aiment bien « . C’est aussi pour cette simple raison qu’il y a une plus ou moins stricte sélection pour rentrer dans un coven.

 

Sexualité, skyclad et d’autres fantasmes

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Maxine Sanders

Lorsque je pensais à un titre pour ce paragraphe, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire. Il n’y a pas longtemps, je me suis retrouvée dans une discussion très animée sur un groupe virtuel français dédié à la Wicca, dans laquelle quelqu’un disait que les gardneriens et les alexandriens étaient des pervers sexuels parce qu’ils pratiquent skyclad, donc en étant gardnerienne et alexandrienne à la fois je me suis sentie doublement impliquée. Encore une fois je vais expliquer pour ceux qui ne connaissent pas la terminologie: skyclad est un terme anglais qui signifie « vêtu de ciel », une manière poétique et très british pour indiquer la nudité rituelle. À l’intérieur de la Wicca presque tout le monde sait que dans les branches traditionnelles (mais ce n’est pas exclusif de ces branches) la nudité rituelle est très diffusée, et c’est un problème pour certains païens d’abandonner la vieille forma mentis qui lui a été inculquée dans l’enfance et pendant la jeunesse: un corps nu est nécessairement un instrument sexuel quelques chose de louche, et donc il faut le cacher à tout prix. Pour comprendre à fond cette pratique il faut abandonner les préjugés et comprendre qu’il n’y a pas nécessairement une implication sexuelle à la base de la nudité. La pratique skyclad rapproche les membres d’un coven en créant une intimité profonde, on montre aux autres notre vraie nature en Parfaite Confiance, en laissant derrière nous notre quotidien et notre condition sociale dont les vêtements sont un symbole, puisqu’à l’intérieur du Cercle tous les membres sont égaux. Au même temps, être familiarisés avec notre corps nous aide à avoir un rapport meilleur avec nous-mêmes et à considérer notre corps en sa beauté puisque « belles sont pour les Dieux toutes les choses ». La pratique skyclad fut introduite par Gerald Gardner qui avait longtemps fréquenté les milieux intellectuels naturistes anglais, aux années 1940 donc bien avant la révolution des années 1960 , et qui a tout simplement décidé d’insérer cet aspect dans la liturgie wiccane: selon sa théorie les sorcières ont toujours pratiqués nues parce que les vêtements empêcheraient aux énergies dégagées par les corps lors des rituels de se répandre à l’intérieur du cercle. En tout cas, qu’elle soit une pratique attestée ou non, il y a ceux qui utilisent une robe rituelle et il y a ceux qui se déshabillent mais le but principal est le même: abandonner le quotidien pour se plonger dans le sacré.
Un autre grand souci sur lequel je vois le plus souvent fantasmer c’est la question du Grand Rite, on peut s’imaginer les fantasmes là-dessus, en effet il y a des rituels sexuels à l’intérieur de la Wicca mais c’est normal dans une religion qui célèbre la nature et le Divin dans la nature: n’est-ce pas la sexualité une partie de la nature? L’énergie qui se produit lors d’un rapport sexuel peut être utilisé pour des finalités magiques bien sur, mais le Grand Rite qui est un rituel d’une beauté étonnante peut être effectif ou symbolique. Bien que à présent le Rite symbolique, tout simplement le geste de plonger l’athame dans la coupe, soit le plus utilisé, s’il y un couple déjà uni dans la vie qui est proprement préparé, au bon degré et donc conscient de ce que cela implique, le Rite effectif peut bien être effectué.

Initiés Vs. Eclectiques

Quand on discute sur les plateformes virtuelles de partage, j’ai souvent l’impression qu’il y a idéalement deux grandes factions: les éclectiques et les initiés. J’avoue que je n’aime pas trop cette impression, en ayant été éclectique pendant 5/6 ans de ma vie, je ne comprends pas cette « guerre virtuelle ». Tout le monde a quelques chose à apprendre des autres.
D’un coté il faut dire qu’il y a certains éclectiques qui n’ont pas encore une idée précise de la Wicca mais qui s’élèvent déjà au degré de maitre, et il n’y a rien de plus dangereux qu’un maitre inconscient surtout pour ceux qui commencent à s’approcher à ce chemin. De l’autre coté il y a chez certains initiés un esprit « identitaire » trop fort qui empêche l’ouverture vers les non-initiés, et pour la Wicca initiatique il n’y a rien de plus dangereux que la fermeture. Entre ces deux extrêmes, comme je dis souvent, la bonne route passe au milieu. Il faut se rappeler que l’on est tous des êtres humains, l’initiation ne nous rend pas plus grands, plus forts ou plus savants que les autres, mais au même temps il faut se rappeler que cette spiritualité n’est pas un jeu où il faut démontrer d’être des grandes et puissantes sorcières comme celles des séries télévisés. Chacun a sa démarche: il y a ceux qui se trouvent plus à l’aise dans la solitude et dans le silence, et il y a ceux qui préfèrent parcourir le chemin en compagnie, mais en tout cas l’important c’est de MARCHER si l’on se renferme et si l’on se campe sur nos positions ce sera difficile d’avancer et progresser.
La Wicca est un parcoure expérienciel, même si l’on est en compagnie chacun marche de ses propres pieds, chacun construit son rapport personnel avec le Divin, pour arriver à un même but commun. Ce n’est pas une compétition à qui arrive le premier, et en tout cas courir sur une route en amont ce n’est jamais sage.

Notes

1 – La dissonance cognitive est un mécanisme de défense, reconnu en psychologie sociale, pour échapper à une tension psychologique provoqué par un conflit ou une contradiction intérieure, par exemple entre un but personnel et les réelles capacités ou possibilités de l’atteindre, dans ce cas pour se défendre la tendance est celle de critiquer le but tout comme le renard qui dit que le raisin, qu’il désir mais qu’il ne peut pas atteindre, n’est pas mur.

2 – Rudolf Steiner (1861-1925), membre et conférencier de la Société Théosophique et puis fondateur de l’anthroposophie.

3 – Celui qui demande d’être initié/baptisé

Bibliographie

Butler, W. E. – MAGIC: Its Ritual, Power and Purpose, Thoth publications
Crowley, Vivianne – Wicca: A Comprehensive Guide to the Old Religion in the Modern World, Element Books Ltd
Fortune, Dion – Applied Magic, RedWheelWeiser
Steiner, Rudolf – La Science de l’Occulte, Triades

Honorer la Terre

de Vivianne Crowley (Traduction de V.F. Voxifera)   Autumn

Je suis la fraiche terre de Printemps lavée par la pluie,
un nectar pour les narines, dans lequel toutes les graines fleurissent;
Je suis les champs ensoleillés de l’Eté,
chaud au contact, le lit des amants;
Je suis le sol de la foret en Automne,
couvert de feuilles, je protège ce qu’il y a en dessous;
Je suis la terre glacée en Hiver,
je semble aride, mais je suis vivante.

Vivianne Crowley, Earth Charge

Selon moi l’automne est l’une des saisons les plus liées à l’élément Terre . Autour de notre maison dans la campagne française, les champs ont été dépouillés du blé doré de l’été. La terre est labourée et riche de fumier pour les cultures hivernales. Le mais est sec et bruni, prêt à être moissonné. Les feuilles sous les pieds dans les bois sont elles aussi sèches et brunies, et jonché de marrons. La senteur de la terre est intense dans les matins brumeux pleins de rosée.

L’automne est le temps d’honorer la Terre

On a célébré le moisson du blé, maintenant c’est le temps de célébrer le moisson des fruits de la Terre. On honore la terre qui nous donne richesse et abondance. La Terre est encore en train de fournir la nourriture dont on a besoin, mais tandis que notre population augmente, notre appétit pour la nourriture augmente comme les protéines animales qui consomment la plupart des ressources de la Terre et créent les gaz de serre. On devient de plus en plus conscient de la fragilité de l’économie agricole globale qui nous tient en vie. On s’inquiète pour la biodiversité des graines et la diminution de la population d’abeilles et papillons qui fécondent nos cultures nécessaires à la vie. On découvre que les grandes corporations détiennent les ressources des grains et essayent de les contrôler. À cause de l’interconnexion de l’économie globale il peut sembler difficile de comprendre ce que l’on peut faire en tant qu’ individus païens ou en tant que communauté. C’est facile de se sentir si impuissant que l’on croit que rien ne peut être fait pour changer la situation.

On est les Enfants de la Terre

Pas tous les païens sont éco-païens. Il y a des païens du Temple et des païens de la nature sauvage. Il y a ceux qui trouvent leur expression spirituelle la plus haute en étant seuls sous les étoiles, la lune, ou le soleil; et il y a ceux qui trouve l’intensité du Divin dans un rituel dans un temple sacré. Pas tout le monde veux occuper Wall Street, mais on est tous des enfants de la Terre, les enfants de Gaia. Un fil qui unit le tapis multicolore qui est le paganisme contemporaine, est l’amour pour la nature et pour la Terre. C’est banale, mais c’est vrai: si l’on est adorateurs de la nature il faut qu’il y ait une nature à adorer. Le succès de notre espèce est merveilleux sur différents niveaux, mais il y a un prix pour tout ça. La Terre et les autres êtres qui partage la planète sont en train de payer ce prix. La perte de notre monde naturel est un désastre pour toutes les espèces de la Terre, mais pour les païens cette douleur contient une autre dimension douloureuse de plus; pour nous la Terre est un être sentent qui a une conscience et une volonté. Réparer l’Éthéré Une bonne nouvelle qui nous fait espérer a été donnée il y a quelques jours: une bonne partie de l’élément éthéré a été reconstituée après le dégât que nous avons provoqué. Le World Meteorological Organization et le United Nations Environment Programme disent que la mise en pratique du protocole de Montreal du 1987 pour l’arrêt de la production des gaz CFC de réfrigération et des spray aérosol, a commencé à reconstituer le trou dans la couche d’ozone. La mauvaise nouvelle est que les gaz atmosphériques de serre ont atteint un niveau record. Il y a encore beaucoup à faire et il faudra toute notre énergie et pression sur les gouvernements pour qu’ils fassent quelques chose. Quand les problèmes sont si grands, on peut se sentir écrasé. Si l’on cède au problème on peut réagir par un refus, ou bien per le désespoir. On peut même arriver à haïr et mépriser notre espèce, en oubliant que l’on est des créatures de beauté et naïveté, aussi bien que de destruction.

Je chanterai pour Gaia

Je chanterai pour l’ancienne Gaia,

Mère de Tout, plus ancienne que la création,

Tu nourris tous les êtres du monde,

tout ce qui demeure sur la terre,

tout ce qui nage dans les mers,

tout ce qui vole –

tout est nourri par ton abondance.

À travers toi, on est béni en enfants

et moissons,

tu as le pouvoir de donner la vie – et de la prendre.

Depuis l’Hymne homérique à Gaia, 7ème siècle AEC

Pour honorer la Terre on peut faire des rituels pour elle, on peut offrir des libations pour elle, on peut laisser des cadeaux ou des offres dans ses espaces sacrés. Tous ses actes de dévotion nous rappellent ce qui est important et sacré et ce que l’on apprécie. Et tout comme nos ancêtres païens, on peut chanter pour elle. Mais on peut bien transformer cette dévotion en action. On peut honorer Gaia par les choix énergétiques que l’on fait, la nourriture que l’on mange, les biens que l’on achète, et les organisations que l’on supporte. En rendant verte la planète, on rendra verte notre âme aussi. En faisant les bons choix cela nous donne de l’énergie et de la puissance. Quand on se sent puissant on a le courage d’agir et faire. On crée une spirale dans laquelle une action en inspire une autre.

Trouver refuge dans le petit

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Quand je pense à ces choses, ce qui m’arrive à l’esprit est l’ancienne philosophie et système de divination chinois: l’I Ching, le Livre des Changements. L’exagramme n°9 de l’I Ching c’est Hsiao Ch’u. Les vieux textes anglais le traduisaient par « Le Pouvoir Apprivoisant du Petit ». Les nouveaux textes parlent de « Attention au détail » ou « Petit moisson ». Il apparaît souvent quand on est dans une condition de faiblesse et l’on a besoin de se focaliser sur des petits changements cumulatifs pour atteindre le but. Quand il faut rendre soutenable notre planète, si l’on faisait de petits changements on atteindrait un objectif bien plus grand. Des petites actions deviennent des grandes actions quand beaucoup agissent. Il faut aussi dire que quand le voyage est long, il est difficile de commencer, donc commencez par des petits pas – et continuez dans cette direction.

Action collective

À l’occasion de l’Equinoxe beaucoup d’entre nous dans le monde se retrouveront ensemble à New York, Rio, Bogota, Santiago, Amsterdam, Paris, Londres, Madrid, Rome, Milan, Berlin, Varsovie, Dehli, Melbourne, et en d’autres grandes villes et petits centres dans le monde pour le People’s March Against Climate Change pour démontrer que les gens ordinaires veulent agir contre le changement climatique. Ceux qui entre nous vivent dans un pays démocratique où les manifestions publiques sont permises, sont dans une position enviable. Beaucoup d’autres ne peuvent pas protester, ne peuvent pas se regrouper, donc on doit parler aussi pour les autres. Mais marcher pour Gaia n’est pas suffisant. On peut faire des changements dans notre style de vie, mais on peut aussi persuader les autres. Les mots sont puissants mais les actions symboliques comme les rituels d’une communauté peuvent être des moyens puissants pour inspirer les autres. En tant que païens, on doit utiliser ce que l’on fait mieux, donc que l’automne soit la saison de la Terre et que par les mots, les actes, les chansons et les rituels on bouge avec les autres quelques petit pas en avant.

Vivre dans le présent

de Vivianne Crowley
Traduction de V.F. Voxifera
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Gerald Gardner était un retraité quand il a commencé à offrir au monde sa vision d’une vieille religion pour la modernité. Né en 1884, il avait à peu près 55 ans quand il a été initié dans le coven de New Forest et 70 ans quand il a publié son célèbre texte, Witchcraft Today.

La Roue qui tourne

Donc si vous n’avez pas encore écrit votre Grand Oeuvre, ne vous découragez pas. Pour certains, la retraite est la période la plus productive. Ils se sentent complètement libres d’être ce qu’il sont et ils ne se sentent pas contraints par les normes sociales. Mais on doit aussi reconnaître que le temps passe très vite, et le rythme semble accélérer en vieillissant. Quand on a 5 ans, et un an représente le 20 pour cent de notre vie, cela semble une éternité. Quand on arrive à 50 ans et un an représente le 2 pour cent de notre vie, le temps passe très vite. Soudain la Roue de l’Année tourne de plus en plus vite, les étés passent rapidement. « Certes » on pense, « l’Eté ne peux pas être déjà passé? » Mais il est passé.

« Ce sont l’age et le destin face auxquels on est impuissants »

Gerald Gardner était bien conscient de son âge. C’était l’un des facteurs qui l’ont poussé à rendre publique sa vision de la sorcellerie le plus vite possible. Il savait que son temps et ses énergies étaient limités. Quand Gerald Gardner écrivit par rapport à l’âge et au destin dans son Livre des Ombres, il était bien conscient de la réalité de la vieillesse et de la mort.

Vie après vie

Les trois traditions spirituelles qui ont influencé beaucoup ma vie sont la Wicca, la Kabbale et le Bouddhisme. La première est une religion de la nature orienté vers la Déesse, la deuxième est une tradition mystique juive, et la troisième est une philosophie spirituelle athée. Ces trois traditions ont la réincarnation comme partie intégrante de l’enseignement. Est-ce que je crois en la réincarnation? Je n’ai pas besoin de croire ou pas croire. La réincarnation est l’une des possibilités de l’après-mort. Si l’on visite un médium qui nous parle de nos vies antérieures, on peut ressentir si ce qu’il ou elle dit sonne comme « vrai » en quelques manière. Cela va résonner avec nous et semble avoir du sens. Mais quelle est la nature de cette information – mémoires du passé, nos fantaisies conscientes ou inconscientes, ou des expériences aléatoires de l’inconscient collectif? Est-ce que les « mémoires » sont des vraies pensées, fantaisies et symboles qui représentent des parties différentes de notre psyché? Est-ce qu’elles représentent nos manques? Est-ce qu’elles sont des qualités que l’on voudrait manifester, des aspects de nous qui ont besoin d’être renforcés et exprimés?

Le Paganisme nous apprend à vivre dans le présent

Le paganisme nous apprend à vivre dans le présent. Cela ne signifie pas un hédonisme insensé; mais plutôt de voir la vie comme un cadeau précieux et limité. On a nos corps en prêt. Il arrive un moment où on doit le rendre. Même si la réincarnation existe les incarnations sont très courtes, donc il est important de les vivre bien. La source des mémoires de la réincarnation ont moins d’importance que la manière par laquelle on les utilise et si elles nous donnent des aperçus de nos vies présentes. Les mémoires lointaines peuvent être nuisibles ou bien utiles; une substitution de la réalité ou bien une manière de visualiser l’avenir. Les incarnations du passé peuvent être fascinantes, mais si on se prend trop la tête, c’est comme si l’on était insatisfaits de notre vie présente. Et si l’on est insatisfait du présent, on doit le changer. Les mémoires des incarnations sont utiles si elles nous indiquent notre potentiel caché, ou nos barrières inconscientes qui empêchent au potentiel de se réaliser. Elles sont utiles si elles nous encouragent à nous ouvrir pour devenir tout ce que l’on peut être dans cette incarnation présente.

Judy Harrow, Morning Glory Zell, Margot Adler

(à gauche) Morning Glory Zell, Margot Adler, Judy Harrow

(à gauche) Morning Glory Zell, Margot Adler, Judy Harrow

La vision de Gerald Gardner de la mort et de ce qu’il y a après est encourageante. Après la mort il y a Summerland (Terre d’Eté N.d.T.) – un lieu de repos, renouvellement et réunion avec ceux que l’on a aimé, avant de se réincarner encore avec ceux que l’on aime. Mais il y a aussi la conscience que la magie ne revient pas en arrière. On ne peut pas arrêter le vieillissement inévitable de nos cellules qui nous mène à la fin de cette phase d’existence.
La mort des autres peut nous rappeler que la vie est bien moins longue qu’on ne pense. Cette année notre communauté a perdu en rapide succession trois importantes pionnières du paganisme dont la vie et les écrits nous ont inspiré – Judy Harrow, Morning Glory Zell-Ravenheart, et Margot Adler. Aucune d’eux a atteint les 70 ans, ou ce que maintenant est considéré comme vieillesse. La mort de ces personnalités dynamiques est une perte terrible pour notre communauté. Elles rappellent également que la vie passe vite et elle ne nous attend pas. Les jours et les ans passent. S’il y a quelques chose que l’on veut faire dans la vie, on doit agir et la faire.

Le moment de manifester la Vraie Volonté

Pendant la période qui précède le changement de saison à l’Equinoxe, il est bon de faire le point et comprendre où l’on en est. Est-ce que l’on est dans une bonne position dans notre vie? Est-ce que l’on a une direction pour avancer? Est-ce que l’on est en train d’essayer de connaître et manifester notre Vraie Volonté sincèrement? Si on n’a pas des buts personnels, il est difficile de donner la priorité à notre temps et à nos énergies pour atteindre quelques chose. Chacun de nous a des priorités différentes, mais la chose qui est vraiment importante est de se rappeler que cette incarnation est limitée. Malgré la difficulté, il y a de choses que l’on peut apprendre et de choses que l’on peut obtenir et qui nous aident à développer, grandir et rendre meilleure notre vie ou nos vies futures. Il y une citation merveilleuse de W.H. Murray, chef de l’expédition pour l’escalade de l’Himalaya. Malheureusement, cette citation a été galvaudée il y a quelques années (et non, ce n’est pas de Goethe); mais en tout cas c’est vrai:

Jusqu’à ce que tu es engagé, il y a toujours de l’hésitation,
la chance recule, toujours inefficace. …
Tout ce que tu peux faire, ou rêves de faire, commence-le:
l’hardiesse a du génie, du pouvoir et de la magie; commence maintenant.

W.H. Murray (1951) The Scottish Himalayan Expedition. London: J.M. Dent & Sons Ltd.
La vie est courte – et devient toujours plus courte – rendons chaque instant important.

« Je demande sans prétendre, puisque je suis le sacrifice… » [1]- Lammas (31juillet-1 aout)

de V.F. Voxifera

« N’est pas mort ce qui semble à jamais dormir 
et en d’étranges éternités la Mort même peut mourir. »
(H.P. Lovecraft, L’Appel de Cthulhu, 1928)

La fin de juillet marque le temps pour une autre célébration: Lammas ou Lughnasadh, et avec ce Sabbat je consacre officiellement la rubrique dédiée à la Roue de l’Année.

La première fête de moisson

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Actuellement dans les champs, la plupart des céréales sont moissonnés en juin (le blé) ou en septembre (ris, maïs), mais avant l’amélioration génétique du blé au XX siècle, la période de moisson arrivait en fin de juillet/début d’aout surtout pour orge et amidonnier qui étaient très diffusés au Moyen Age. Même aujourd’hui en cette période, on retrouve un peu partout des fêtes populaires et folklorique qui célèbrent la récolte, pendant lesquelles par exemple on fait des offres de blé aux saints ou à la Vierge. À la montagne, c’est la période pendant laquelle on récolte l’herbe pour préparer le foin qui sera utile pendant l’hiver.

C’est en ce contexte que Lammas nait. Considérée comme la première fête de moisson dans le calendrier néo-païen, c’est aussi un festival solaire qui célèbre le cycle de la vie. Le nom Lammas vient de « hlaef-mass », une ancienne fête anglo-saxonne pendant laquelle on moissonnait les premiers céréales et on faisait un pain à offrir pour garantir la protection de la récolte. Cette fête est connue aussi sous le nom de Lughnasadh ou Lughnasa, c’est un nom d’origine celtique qui apparaît pour la première fois dans le Tochmarc Emire, un texte de mythologie irlandaise. C’est un mot qui contient le nom Lugh qui était le dieu celtique des arts et des talents.

« Réunissez-vous, o fils du moisson »

Le mot clé de ce sabbat est « sacrifice », et c’est assez simple à comprendre, si on pense au Dieu comme le Soleil incarné dans les ondes dorées des champs de blé ou dans les vastes étendues d’herbe, le roi moissonné qui se sacrifie pour nourrir son peuple. À Litha, en juin, le Dieu avait accepté son rôle de roi à coté de la Déesse et donc son destin, puisqu’il arrive le temps pour tous les rois de mourir et laisser la place à d’autres prétendants, pour que l’équilibre soit établi.

« Et j’ai peur d’assumer cette souveraineté,

puisque devant moi je vois

obscurité, douleur et sang sur le blé;

l’ombre de ma mort »[2]

À Lammas le temps de mourir et renaitre est arrivé, la Déesse moissonne le Dieu à l’aide d’un faux et le Dieu accomplit son destin pour que son peuple puisse se nourrir, le Soleil tombe symboliquement sur la terre et ils s’unissent. Le Dieu resurgit mais il restera dans l’au-delà en devenant le Seigneur Obscur jusqu’au Solstice d’Hiver, où il s’incarnera dans l’Enfant de la Promesse. La mort et la renaissance donc se révèlent nécessaires pour que le cycle de la vie puisse continuer.

Le sacrifice du Moi

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Astrologiquement pendant cette période la Lune est en Vierge, la Déesse a une responsabilité et doit accomplir sa tache: même si cela implique de sacrifier son époux. Le Soleil se trouve dans le signe du Lion, le domicile du Soleil qui est donc au sommet de son pouvoir. Le Dieu à Lammas est le roi puissant, il est le Soleil, le cercle avec un point au centre, le Moi.  Mais au cours de son règne il a appris la compassion, la justice, la sagesse et la guérison, il a comprit que pour que le monde soit en équilibre il doit se sacrifier, il a comprit d’être le porteur de vie et pour cela il doit connaître la mort aussi « Je suis la Vie et je donne la Vie, pourtant pour cela ma connaissance est la connaissance de la mort et pour cela je demande la sacrifice »[3], puisque le roi qui ne renonce pas à son pouvoir se transforme en tyran et la corruption l’accompagne. Ce n’est pas une histoire nouvelle, il suffit de regarder par exemple comme ce phénomène soit assez diffusé en politique: c’est difficile d’abandonner sa chaise quand on a un rôle d’importance, et tout le monde peut bien s’apercevoir des dommages que cet habitude peut provoquer.

Sur un niveau plus psychologique, la période de Lammas est parfaite pour sacrifier une partie de nous dont on a l’habitude mais qui nous empêche au même temps d’avancer dans notre vie et notre parcoure, le sacrifice volontaire est le plus difficile mais pour avancer il faut être prêts à renoncer…et souffrir je dirais; maintenant la célèbre question initiatique « Art thou willing to suffer to learn? » (Es-tu prêt à souffrir pour apprendre?) commence à avoir du sens. Quand on prend conscience de notre parcoure et on accepte toutes ses implications, on doit accepter aussi les efforts et les sacrifices que ce parcoure demande pour pouvoir avancer.

Célébrer Lammas

Mon autel de Lammas

Mon autel de Lammas

Quand on pense à Lammas, on voit l’or du blé et le rouge des coquelicots, les fleurs de champ, les épis de mais, et le temps qui semble s’allonger sous le Soleil d’été qui réchauffe l’air. On peut célébrer Lammas de manière simple: il est tradition de cuir un pain fait de céréales en forme de soleil ou d’homme qui sera offert pendant le rituel, on peut simplement cuisiner en utilisant les produits de la terre si on en cultive d’habitude. On peut préparer un autel pour l’occasion, en utilisant des couleurs jaune, or et noir, et on peut le décorer avec des fleurs de champ, comme les coquelicots ou des faisceaux de blé, ou épis de mais. L’important est de célébrer le Soleil et son sacrifice, et remercier pour les fruits de la terre. Ceux qui habitent à la campagne (comme moi) ou à la montagne ont de la chance en ce sens, mais pour ceux qui habitent en ville peut être compliqué de repérer des épis de maïs ou du blé, pour cela on peut utiliser simplement les graines et les céréales séchés que l’on peut trouver au supermarché pour décorer l’autel. On peut créer des petits sachets (voilà un petit tutoriel) remplis de céréales et les décorer avec des fleurs de champs séchés, on peut les charger avec notre intention pendant le rituel ou bien les utiliser comme jolis cadeaux en accord avec la saison.

Mon autel de Lammas

Mon autel de Lammas

Cette fête est une célébration de la générosité, de l’abondance et des mystères de la vie et de la mort.

« Je suis le vent de la mer,
je suis une onde de la mer,
je suis le son de la mer,
je suis un cerf aux sept bois,
je suis un griffon sur un rocher,
je suis une larme du Soleil,
je suis beau parmi les fleurs,
je suis un sanglier,
je suis un saumon dans l’étang,
je suis un lac dans la plaine, 
je suis une colline de poésie,
je suis une lance prête à la bataille,
je suis un dieu qui crée le feu par la tête.
Qui en plus de moi connait les secrets des dolmen de pierre sur la colline de Slieve Mis?
Qui en plus de moi sait quand le soleil se couche? »

(tirée depuis La Chanson d’Amergin dans La Déesse Blanche de Robert Graves)

[1] « La Charge du Soleil » de Cronos

[2] Vivianne Crowley, Wicca: the Old Religion in the New Age 

[3] « La Cherge du Soleil »