Nager dans le signe des Poissons

de Vivianne Crowley

(Trad. Voxifera)

Mes pensées sont comme des poissons –
grands, petits,
un poisson solitaire ou en banc,
gentils et menaçants:
Je suis l’océan.

En bas dans les profondeurs de l’inconscient
ce sont les plus cachés qui nagent –
ceux qui ne connaissent pas l’humanité.
Certains sont aveugles –
mais ils voient ce que je ne vois pas.
Eux aussi n’ont pas besoin de moi pour exister.

De temps en temps une anguille électrique –
belle, inattendue, surprenante – me réveille,
et puis les grandes baleines dans leur groupes
des pensées sages, déterminées et intelligentes.
Elles aussi n’ont pas besoin de moi.

Vivianne Crowley

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Alors qu’on passe de février à mars, on entre dans le signe astrologique des Poissons, le douzième signe du zodiaque. Dans un thème astral, les Poissons sont associés à la douzième maison du thème, la maison liée aux idées et aux visions qui émergent de l’inconscient.
Beaucoup de traditions spirituelles enseignent que pour évoluer spirituellement il faut connaître qui et ce qu’on est. Beaucoup de cela se trouve caché sous la surface des eaux de l’inconscient. On trouve des traces et des suggestions dans nos rêves et pendant nos méditations ou rêveries. Des fois cela arrive tout simplement – soudain on a des visions à travers nos rêves, ou à travers l’art ou l’écriture creative, et on découvre des choses qu’on connaissait mais qu’on ne savait pas de connaître. Mais des fois on doit consciemment s’arrêter, distinguer et attendre. Pour faire cela on doit prendre du temps dans ce monde frénétique et chargé , et s’arrêter pour « être » tout simplement.

Chercher du temps pour « être »

Ce n’est pas du tout facile. Nous êtres humains sommes des créatures très complexes avec beaucoup de besoins qui nous mènent dans différentes directions et la société nous encourage vers certaines directions plutôt qu’autres. Au cours des ces derniers siècles, dans la culture occidentale, l’idée de prendre du temps pour « être » n’a pas eu de valeur. Même dans les pays les plus catholiques, l’éthique protestante du travail a été tellement adoptée que l’on a été encouragé à passer les heures du jour en travaillant et en gagnant de l’argent pour pouvoir consommer, et puis à travailler pour pouvoir gagner encore et consommer encore plus. Cette folle et insoutenable spirale est en train de pousser le sociétés à la limite et nous, qu’on est piégé dans ce cycle, on est aussi poussé à la limite. Cela ne signifie pas qu’on doit faire semblant d’être des hippies des années 1960 en s’éloignant pour se syntoniser. Le monde a besoin de notre engagement et non de notre désengagement, d’affronter les problèmes plutôt que de les éviter. Mais on pourrait mieux fonctionner et faire des choix plus saines dans un monde plus sain si seulement on se prenait du temps pour s’arrêter, pour assimiler notre expérience, pour réfléchir et nous rappeler ce qui est vraiment important et ce qui nous rend heureux. Cela signifie de prendre du temps pour se concentrer sur le spirituel et sur le matériel, sur « être » et faire.

Intensifier le moment

Paradoxalement, prendre du temps pour « être » ne signifie pas perdre du temps, ou gâcher du temps qu’on pourrait utiliser de manière plus productive. Cela nous donne plus de temps. Rempli, en ayant bu de la source de l’être, on peut faire beaucoup plus par rapport à quand on est stressé, épuisé et fatigué. Prendre quelques minute de concentration peut élargir nos horizons et nous rendre plus ouvert aux nouvelles possibilités. Souvent si on participe à des activités rituelles, il nous semble que des heures entières soient passées, mais en réalité on est resté dans cet espace sacré à peine une heure. C’est parce que pour une fois on était concentré entièrement sur ce qui se passait autour de nous dans le moment présent. Pendant cet états de concentration , notre conscience ne passe pas continuellement d’une chose à l’autre, en se focalisant sur ce qui se trouve autour de nous, puis sur ce qui nous inquiétait hier, puis sur ce qu’on doit faire demain, et puis se demander ce que les autres personnes sont en train de faire.

Entrainer la concentration

On peut beaucoup obtenir quand nos cerveaux ne sont pas engagés en ce que d’habitude on appelle « multi-tasking » qui n’est pas ce qu’on pense. Quand on pense être multi-tasking en réalité notre attention passe continument d’une activité à l’autre. Cela rend vraiment difficile de développer un entrainement créatif de notre pensée. On est constamment en train d’interrompre le flux e le reflux des idées bien avant qu’on puisse les développer. Avez-vous jamais essayé de faire de l’écriture creative pendant que Facebook, Instagram ou votre mail restent ouverts en arrière-plan? C’est bien si on doit faire du travail mondain, mais si on doit penser profondément il nous faut de la concentration.

Flotter sur la mer de l’esprit

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Souvent l’image associée au concept d’ « esprit » est celle du ciel ou des domaines de l’air. On à « la tête dans les nuages » et on « souffle les toiles d’araignée ». Mais l’esprit peut être aussi comme l’élément eau – un ruisseau cristallin de montagne, une source d’eau fraiche dans le désert, la grande mer qui connecte toutes les choses.
Donc avant que l’énergie de l’Equinoxe de Printemps approche, utilisons cette periode du signe d’eau des Poissons pour entrer dans les eaux, pour nager dans la mer des nos esprits, et prendre du temps pour expérimenter ce qui se trouve dedans. Cela ne signifie pas rester à l’intérieur et méditer. On peut le faire pendant un rituel ou pendant une promenade méditative – tout ce qui peut nous aider à nous reconnecter avec ce qui est important; ce qui se trouve au delà de nos préoccupations, nos anxiétés, nos espoirs et joies quotidiennes.
Quand on arrive à ces moments de calme sous le manteau changeant des saisons, alors on peut se concentrer sur qui et ce qu’on est et sur l’expérience en appréciant chaque moment, chaque respire, et chaque goutte précieuse du Graal du Vin de la Vie.

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Honorer les femmes spirituellement puissantes: Doreen Valiente (1922-1999)

de Vivianne Crowley (Trad. Voxifera)

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Le mois prochain il y aura un événement très important sur le calendrier païen: la publication tant attendue de la biographie de Doreen Valiente écrite par Philip Haselton éditée par la Doreen Valiente Foundation et le Centre for Pagan Studies. En tant que quelqu’un qui a eu la chance de connaître Doreen et de participer à des rituels avec elle, j’ai été très contente que Philip ait décide d’assumer cette tache.
Quand on pense à des leaders religieux, notre conditionnement social évoque en nous l’image d’un homme âgé et barbu ou celle d’un prédicateur charismatique, mais grâce à la spiritualité de la Déesse, les femmes se font de plus en plus remarquer. Doreen a été l’une des femmes puissantes dont les oeuvres ont contribué à former le Paganisme contemporain.

Emerger des Ombres

Comme beaucoup d’auteurs et enseignants, l’intérêt en la vie de Doreen a traversé différents moments, du grande intérêt au point culminant de sa production littéraire aux années 1960 et 1970, à sa diminution pendant quelques temps, pour retourner encore au niveau publique depuis la moitié des années 1990 dans le livre de Michael Jordan Witches: An Encyclopedia of Paganism and Magic, avec les merveilleuses photos par Sally Griffyn.
Les cinq dernières années de sa vie furent très engagées. Elle devint Souteneur du Centre for Pagan Studies fondé par John et Julie Belham-Payne, en contribuant à ses évènements à Brighton, où elle vivait, et ses alentours. Elle fut ensuite invitée sur une scène plus grande, celle de la conference nationale de la Pagan Federation en 1997 près de Londres, où elle reçut l’ovation d’un publique de 2000 personnes.
Finalement, au cours des années qui ont suivi sa mort, elle a été officiellement honorée. Etant donné son importance dans l’histoire religieuse contemporaine anglaise, la Doreen Valiente Foundation et le Centre for Pagan Studies ont fait une campagne de succès pour qu’elle reçut une plaque bleue à afficher sur sa dernière maison. En juin 2013, le maire de Brighton a dévoilé cette plaque, un événement annoncé par la BBC et d’autres médias. En 2016, la Foundation et le Centre ont en programme deux expositions de ses objets aux Musées de Brighton, et le 2016 commence par la publication de la biographie écrite par Philip Haselton, Doreen Valiente, Witch.

Une voix pour l’Art

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En croyant passionnément en le retour de la sorcellerie traditionnelle, Doreen Valiente a contribué énormément au Paganisme contemporain. Ses contributions incluent ses livres, ses recherches, sa vision du Paganisme comme une religion naturelle et inclusive, et sa participation à la naissance de la Pagan Federation, qui a ensuite donné vie à la Pagan Federation International, la Scottish Pagan Federation, Pagan Federation Ireland, et d’autres organisations.
Doreen avait un talent naturel pour les mots et sa prose claire a contribué à rendre la Wicca accessible. Ses livres Where Witchcraft Lives, An ABC of Witchcraft Past and Present, Natural Magic, et Witchcraft for Tomorrow ont été les premières lectures d’une génération entière de seekers. Son habilité littéraire a été sans doute importante, Gerald Gardner était déjà vieux quand il décida de rendre publique le culte sorcier et il n’avait pas assez de temps pour écrire des livres. L’Art avait besoin d’un auteur qui s’occupait de repartir où Gerald avait laissé et ce fut Doreen Valiente, une des ses Grandes Prêtresses, à le faire. Bien avant qu’elle commença à publier, Gerald Gardner lui demanda de sélectionner le matériel qu’il avait reçu depuis ses initiateurs et enrichi avec ses recherches personnelles. Les charmes, les invocations et les rituels ont été écrits par sa plume. Bien qu’elle ait laissé le coven de Gerald Gardner, elle a gardé un intérêt en son histoire et ce sont ses recherches qui ont mené à la découverte de la « Vieille Dorothy » mentionnée par Gerald, qui a ouvert les portes à d’autres découvertes sur les initiateurs de Gardner.

Simplement une Sorcière

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Doreen joua un rôle très important en recherchant l’histoire de la Sorcellerie et c’est bien que Philip ait décidé de faire le même pour elle. En tant que biographe de Gerald Gardner, le « Père Fondateur » de la Sorcellerie moderne, Philip semble vouloir continuer ses recherches historiques en devenant le principal biographe d’une « Mère Fondatrice ».
Ainsi que délinéer l’histoire de l’Art comme Doreen l’a influencée et vecue, les recherches de Philip nous permettent de mieux connaître la vie de Doreen avant la Wicca. Sa précédente carrière dans le gouvernement a permis à Philip d’accéder à des informations oubliées dans les archives du gouvernement. Son nez pour les faits cachés lui a permis de découvrir, par exemple, ce que Doreen a fait pendant la Seconde Guerre Mondiale. Grace à ses contacts dans la communauté wiccane, il a aussi découvert une série de faits très fascinants sur l’histoire de la Wicca du 20ème siècle. Alors que la premières générations du revival de la Sorcellerie passent au delà du voile, le trésor de souvenirs qu’elles portent avec elles risque d’être perdu. Heureusement, les effort de Philip pour capturer les souvenirs des gens ont donné à ceux de nous qui sont wiccans, et à la communauté païenne plus vaste, un sens à ce que l’on est et d’où l’on vient.
Philip a mis en évidence un coté très important de Doreen – son grand amour pour le monde naturel et pour la vie à l’extérieur. En tant que sorcière, elle ressentait une connexion très profonde avec les paysages du Sussex, sa terre pendant la dernière période de sa vie. Même si elle avait une grande habilité avec les mots écrits, elle ne fut jamais une « occultiste à fauteuil », mais une sorcière très simple et directe, qui n’aimait rien d’autre que célébrer des rituels et honorer les Dieux dans la nature. Les rituels que moi et mon mari avons partagé avec elle dans les forets du Surrey sont des souvenirs très précieux.
L’un des grands soucis de Doreen était l’image publique de l’Art. Elle a fait un travail énorme pour combattre les préjugés négatifs des clichés médiatiques. Ça a été ce souci qui l’a menée en 1971 à devenir co-fondatrice de la Pagan Federation, avec ma Grande Prêtresse et initiatrice Madge Worthington, et John et Jean Score. Les païens du monde entier doivent beaucoup à Doreen et à sa génération de pionniers qui ont lutté contre le préjugé et l’hostilité pour que les générations futures puissent célébrer ouvertement sans peur.
Pour ceux qui se considèrent pratiquants d’une forme de Sorcellerie Traditionnelle d’origine anglaise, la biographie de Doreen écrite par Philip est une lecture essentielle.

Si tu veux plus d’informations

Le livre de Philip – Doreen Valiente, Witch – sera publié le 22 février 2016. Des copies en pré-vente sont disponibles sur le site de la Doreen Valiente Foundation, dans les boutiques ésotériques (supportez les magasins locaux!), et les boutiques en ligne.
Pour plus d’informations sur Doreen, sur la Doreen Valiente Foundation, et ses livres et événements, visiter le site: http://www.doreenvaliente.com/

Honorer deux femmes spirituellement puissantes: Jean Williams et Olivia Robertson

de Vivianne Crowley (Trad. Voxifera)
Janvier est le mois du dieu romain Janus, dieu des portes et des passages, des entrées et des sorties. Même si on célèbre une date différente pour le début de notre année sacrée, le 1er janvier, comme début de l’année séculaire, est un bon moment pour regarder en arrière et en avant. Janus était un dieu avec deux visages, l’un tourné vers le passé e l’autre vers l’avenir. Pendant cette période c’est normal de réfléchir sur ce qui a été et sur nos espoirs pour l’année qui vient.

Réfléchir sur le 2015

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Jean Morton-Williams (1928-2015), gauche; Olivia Durdin-Robertson (1919-2013), droite

Pour beaucoup d’entre nous le 2015 a été une année de mort; parfois des personnes près de nous, parfois des personnes tuées par la terreur et la violence. Je croyait que la période de la mort était finie pour moi en novembre en Irlande, quand j’ai visité la tombe des mes grands-parents, mes oncles et celle de Olivia Durdin-Robertson (1919-2013) de la Fellowship of Isis. Malheureusement ce n’était pas fini. À la veille de Noël la triste nouvelle d’une mort subite en famille, et le jour de Noël une autre triste nouvelle, la mort d’une amie pendant plus de quarante ans, Jean Morton-Williams (1928-2015), Grande Prêtresse du Bricket Wood coven, fondé par Gerald Gardner, magicienne rituelle, auteur et, pendant plusieurs années, Secrétaire et puis President de la Pagan Federation.

Une vie spirituellement riche

Olivia et Jean étaient plutôt âgées quand elles sont mortes. Olivia avait 96 ans et Jean 87. Avec des vies si longues on peut penser qu’elles ont vécu jusqu’au fond. Bien sûr, toutes les deux ont vécu une vie spirituellement riche, dévouée au travail pour la Déesse. Elles ont été deux prêtresses rituelles pendant plusieurs années, mais aussi des auteurs, et guides de plusieurs groupes spirituels très important. Toutes les deux avaient une forte présence rituelle. Etre avec Olivia dans ses temples chez elle au Clonegal Castle en Irlande , quand la prêtresse oracle prononçait les paroles de la Déesse, c’était très émouvant. C’était également émouvant de voir Jean dans le rôle de Prêtresse pendant l’une des Messes Gnostiques qu’elle et son mari ont célébré pendant plus de 25 ans, quatre fois par année dans leur temple à Londres. Une invitation à ces Messes était chérie par les païens et les occultistes anglais.
Ces deux femmes ont su mêler avec grâce le niveau spirituel et celui mondain qui, dans le cas de Jean, inclut aussi une carrière comme psychologue qui mena à la direction de la plus grande organisation anglaise de recherche sociale indépendante, SCPR, plus tard renommée NatCen. A travers leur travail elles ont dépassé les barrières. L’une des premières aventures magiques de Jean et Zach fut la création d’une série de conférences ‘Bridges and Boundaries’ (‘Ponts et Confins’ NdT) pour réunir les communautés païennes et ésotériques, et Jean a été l’une des forces qui ont mené à l’ouverture de la Pagan Federation, initialement à majorité wiccane, vers la communauté païenne plus vaste. La vision d’Olivia pour la Fellowship of Isis était également ouverte et inclusive. La Fellowship avec sa doctrine et structure minimale a été fondée pour réunir les gens appartenant à différents parcours spirituels pour honorer le Divin Féminin et pour trouver une place pour la Déesse dans le temple du coeur.

Vivre la vie à fond

Jean et Olivia ont vécu une vie pleine et heureuse pendant les dernières années. Dans le cas de Jean, elle a passé plus de 25 ans en travaillant pour le développement de la Pagan Federation. Ses premiers écrits académiques comme, ‘The use of interaction coding and follow-up interviews to investigate comprehension of survey questions’ (Sykes and Moreton-Williams 1997) ont fait place aux écrits plus ésotériques mais également profonds. Après The Gods within (Williams and Cox 2008) cet été un autre livre de rituels a été publié The Play goes on (Cox, Williams and Friends 2015). Malgré leur age, elles nous ont laissé trop tôt. Elles étaient deux femmes magiques et puissantes mais humbles, libres penseuses qui ont eu un grand impact sur leur communauté spirituelle, à travers leurs écrits, leur présence rituelle, et leur vaste réseau de contactes internationaux. Elles sont mortes mais elles avaient encore beaucoup de choses à donner.
Tout cela me mène à une dernière réflexion sur l’année 2015 en contemplant la vie des ces deux femmes extraordinaires qui ont touché ma vie. Jean Williams était bien moins publique que Olivia Durdin-Robertson et une auteur moins prolifique, mais elle était une figure centrale dans la communauté occulte et païenne anglaise. Seulement certaines rares interviews peuvent être repérée sur internet, comme celle publiée dans Wiccan Rede (Russell 2004), mais elle apparaît presque anonymement dans les recherches de certains païens académiques: ceux qui travaillent derrière la scène sont aussi important que ceux qui sont au centre de la scène. Sans surprise, Jean ne voulait pas devenir President de la Pagan Federation. Moi et autres on a longtemps discuté pour la convaincre que c’était le moment pour elle de prendre un rôle centrale. Etant née à la cuspide entre Cancer et Lion, elle préférait guider de manière discrète, mais à la fin elle le fit.

Lumière inspirante

Olivia et Jean étaient deux personnes qui ont inspiré les autres à devenir ce qu’ils étaient et à trouver leur propre place dans la vaste communauté. Elles étaient deux femmes puissantes qui donnaient le pouvoir aux autres. Elles étaient très bien conscientes de l’importance de faire beaucoup de choses et elles savaient que le temps ne s’arrête pas. En sachant cela, elles ont pu donner beaucoup.
À la fin de cette année, on peut honorer leur vie et mémoire en faisant exactement ce qu’elles ont fait – en se mettant au service des autres, en ne renvoyant pas à demain ce que l’on peut faire aujourd’hui, et en sachant que, même si on vit longtemps, pour quelqu’un de nous il n’y aura jamais assez de temps pour faire tout ce que l’on peut faire.
Que ce 2016 soit une année de créativité, pour donner aux autres, en faisant un très bon usage de ce qu’on peut donner au monde. Autour de nous il y a beaucoup d’obscurité, mais les vies de ceux qui nous inspirent sont comme de la lumière dans l’obscurité; une lumière qui nous permet de voir ce que chacun de nous peut faire pour honorer la Déesse, quel que soit son nom, Elle qui est Isis aux Mille Noms.

Le seul moment qui est réel pour nous est ce du passage,
parce que seulement maintenant on a le pouvoir d’utiliser notre libre volonté.
Le passé est un monde phantasme immuable et fixe qui s’éloigne de nous,
et le futur, jusqu’à ce qu’il devient le temps pour le présent, n’existe pas.
(Olivia Robertson. Field of the Stranger, 1948, 70)

Références

Cox, Zachary, Jean Williams, and Friends. The Play goes on: Rituals of the Rainbow Bridge. London: Starfire Books, 2015.
Crowley, Vivianne. « Olivia Durdin-Robertson: Priestess of Isis. » In Female Religious Leaders in New Religious Movements, edited by Inga Bårdsen Tøllefsen and Christian Giudice. London: Palgrave-Macmillan, 2017-in preparation.
Pagan Pathfinders. « Jean Williams and Zach Cox Activities: The Gnostic Mass by Aleister Crowley. » Pagan Pathfinders. 2011. http://www.paganpathfinders.co.uk/projectss.html (accessed December 27, 2015).
Robertson, Olivia. Field of the Stranger. London: Peter Davies Limited and The Book Society, 1948.
Russell, Ash. « Pagan Pathfinder Extraordinaire: An Interview with Jean Williams. » Wiccan Rede Online: Magazine for Wicca and Modern Witchcraft. 2004. http://wiccanrede.org/2014/07/pathfinder-extraordinaire-an-interview-with-jean-williams-part-1/ (accessed December 28, 2015).
Sykes, Wendy, and Jean Moreton-Williams. « The use of interaction coding and follow-up interviews to investigate comprehension of survey questions. » International Journal of Market Research 39, no. 1 (1997).
Williams, Jean, and Zachary Cox. The Gods within: The Pagan Pathfinders Book of God and Goddess Evocations. London: Moondust Books, 2008.

Honorer les Ancêtres – Eleanor ‘Ray’ Bone

de Vivianne Crowley
Traduction Voxifera

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Samedi 12 septembre un groupe de païens s’est rencontré au village de Garrigal au nord de l’Angleterre, pas loin du Mur d’Hadrien et de la frontière avec l’Ecosse. Par rapport à la petite ile qui est la Grand Bretagne, ce lieu est isolé. Il se trouve au centre des monts Pennines du nord, une terre de collines, champs de bruyère et tourbières, c’est un Espace de remarquable beauté naturelle, l’un de plus grands en toute la Grande Bretagne.
Au coeur du village, dans un espace vert, il y a le seul pub. Il a un nom très anglais et traditionnel, George and Dragon, mais ce n’est pas la promesse d’une bonne bière autour d’un feu qui nous a emmené au village de Garrigal dans cette journée pluvieuse à la fin de l’été. On était là pour honorer une « ancêtre » du Paganisme contemporain, Eleanor Bone et pour célébrer le positionnement d’une pierre commémorative sur sa tombe.

La matriarche de la Wicca gardnerienne en Europe

Très peu de personnes ont entendu parler de Eleanor. Elle n’était pas une écrivaine célèbre; bien qu’elle ait écrit; mais elle est un personnage très important dans l’histoire de la Wicca. Eleanor ‘Ray’ Bone (15 decembre 1911 – 21 septembre 2001) a été l’une des dernières initiées de Gerald Gardner et une coven leader pendant plusieurs années. Comme la « Long Island Line » aux Etats-Unis, en Europe les descendants initiatiques de Eleanor Bone constituent la majorité de la tradition gardnerienne. L’un des actes les plus célèbres fut le sauvetage de la tombe de Gerald Gardner. En 1968, elle voyagea en Tunisie au nord de l’Afrique pour visiter sa tombe et elle fut horrifiée d’apprendre que le cimetière allait être transformé en parc publique et les tombes enlevées. Elle amassa des fonds entre les initiés de Gerald et arriva à faire déplacer la tombe dans un cimetière près de l’ancienne ville de Carthage, où on peut la visiter encore aujourd’hui.

Etant donné la notoriété de certains auteurs comme Doreen Valiente et Pat Crowther, il est surprenant pour un non-européen d’apprendre que la majorité des initiés gardneriens en Europe descendes des Grandes Prêtresses non-célèbres. Il y en beaucoup qui ont guidé des covens pendant des générations et dont les initiés ont créé des nouveaux coven à leur tour, dont les noms ne sont connus qu’à l’intérieur des coven de famille.
Récemment, avec internet, les noms et la vie d’Eleanor Bone et des ses initiés et de mes initiateurs, Madge Worthington et Arthur Eaglen, sont rentré dans le domaine publique. L’une des raisons de ce grand intérêt est que l’information est plus accessible. Autrefois les gens devait avoir une correspondance privée pour connaître les noms des continuateurs après la mort de Gerald Gardner. Maintenant il est possible de retrouver certaines informations sur la Wicca gardnerienne à travers une recherche Google.
Une autre raison pour laquelle on connait mieux les personnages est sans doutes l’intérêt que le païens ont en leur histoire. Beaucoup d’entre nous sont entrés dans le paganisme quand notre histoire n’était qu’un mythe romantique. Maintenant on a une véritable histoire. Pour ceux qui sont dans une tradition initiatique, il y a un arbre généalogique spirituel qui a la même importance que celui de sang. Les gens veulent connaître leurs ‘ancêtres’ – leurs vies, leurs ambitions, leurs espoirs et leurs peurs pour la tradition païenne qu’ils étaient en train de créer.
Quand nos prédécesseurs ont écrits des livres, on a pu connaître leurs pensées et leurs rêves; mais seulement en partie, la partie publique. Dans la plupart des cas, on n’a pas accès aux cahiers intimes et aux photographies qui pourraient nous montrer une image de leur personnalité privée. Ce genre de souvenirs sont devenus très importants en descendant dans les générations. Les gens veulent connaître ceux qui sont vénus avant; ce n’est pas parce qu’on les considère comme une nouvelle race de « Saints païens » – on ne veut pas qu’ils soient parfaits et ‘saints’. Mais leur engagement est une source d’inspiration pour la tache difficile de construire un nouveau Paganisme qui rencontre les besoins du monde contemporain.

Créer un Paganisme enraciné

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Selon certains, créer un Paganisme authentique et enraciné signifie de reconstruire fidèlement les pratiques de ceux qui ont vécu il y a 2000 ans ou plus. Pour moi cela ne prouve pas l’authenticité; puisque l’essence du Paganisme vient de ce qu’on trouve autour de nous dans l’univers. Il doit croitre et évoluer, au moment où l’on croit et on évolue. Cela est vrai pour les pratiques entre générations ainsi que pour notre même vie, au moment où nos besoins évoluent et changent selon l’age. Plutôt on cherche à connaître comme nos ancêtres pensaient, pratiquaient et sentaient pour trouver l’inspiration pour créer un Paganisme qui soit enraciné dans le présent, comme ils ont fait.
Eleanor Bone, Madge Worthington et leurs contemporains étaient dans la génération qui, à l’aube des Guerres Mondiales et des changements de la société autour d’eux, était déjà post-chrétienne. Leur Paganisme était une contre-culture – égalité des sexes, nudité, idées libérales par rapport à l’expression sexuelle – tout cela était part de leur Paganisme, pour se libérer des chaines de la pensée dominante.
Pour Madge et pour beaucoup d’autres qui ont embrassé le Paganisme au 20ème siècle, la relation des êtres humains avec l’environnement fut un facteur très important. Les gens cherchaient le Divin dans le monde naturel quand la civilisation urbaine assumait une nouvelle importance. Pendant que béton avançait, les êtres humains dans l’Occident urbain désiraient la nature, les champs, les ruisseaux et les forets. Comme Doreen Valiente a écrit dans  A Chant for Beltane (1971) notre espoir était:

Let the streams and fields be pure,
Earth and sky be clean once more ….

Ces motivations des nos prédécesseurs qui les ont aidés à trouver le Paganisme sont encore importantes; mais les gens n’ont plus besoin du Paganisme pour trouver une libre expression sexuelle, l’écologie, ou le pouvoir féminin. Ils font partie de la vie contemporaine. Donc, qu’est-ce qui nous emporte?

À la recherche des mystères

Une autre chose que nos prédécesseurs cherchaient était le mystère. La Wicca est beaucoup moins mystérieuse qu’autrefois. Beaucoup a été exposé à travers les médias et le monde académique. Mais l’imaginaire évocatif de la Wicca, avec ses rituels nocturnes, ses très beau instruments, l’unité de ses petits groupes, et son accent sur ce qui « est éternel et continu », et ce n’est pas du matérialisme mais de vérités et valeurs très profondes, tout cela est encore très fascinant. Donc la Wicca reste le lieu pour ceux qui cherchent à voir au de là des soucis de la vie matérielle. Elle nous aide à trouver la merveille et l’enchantement de la vaste galaxie autour de nous et à nous engager dans l’effort humain de vivre dans un corps animal et avoir des visions de l’éternité. Nos traditions spirituelles peuvent aider l’humanité à trouver un compromis avec une conscience qui s’étend au delà du soi physique.

Un sens d’emerveillement

Nos prédécesseurs étaient des hommes et des femmes qui cherchaient les mystères, pas nécessairement ce qui est secret, mais ces qui peuvent être trouvés seulement par ceux qui ont les yeux pour voir. La Wicca consiste à voir le monde de manière différente; voir à travers la surface de la matière, s’émerveiller devant le mystère de la création de la matière et de sa source au delà des étoiles. Gerald Gardner écrit dans Witchcraft Today :

La Sorcellerie n’était, et n’est pas, un culte pour tout le monde. A moins que vous êtes attirés par l’occulte, ou que vous avez un sens d’émerveillement, sentir que vous pouvez échapper pendant quelques minutes au monde réel pour aller dans le monde des fées, cela ne vous sera utile en aucune manière. (Gardner 1954, p.29)

Femmes comme Eleanor Bone et Madge Worthington, hommes comme Gerald Gardner, on les honore parce qu’ils ont ouvert des chemins. Doreen Valiente et Gerald Gardner ont été commémorés chez leurs dernières maisons par une plaque bleue qui en Angleterre sont utilisées pour honorer les grands qui ont contribué de manière positive à la société. Ils sont honorés avec les politiciens, les héros militaires, les artistes, les musiciens, les écrivains et les poètes; reconnus pour avoir été des poètes de l’esprit – ceux qui ont aidé le développement et l’évolution de l’esprit humain.

Son nom est gravé

Eleanor Bone et Madge Worthington sont moins connues mais elles sont honorées à l’intérieur de leur communauté spirituelle. C’était avec joie que j’ai participé avec les autres membres du Eleanor Bone Memorial Committee, avec ses descendants initiatiques, avec d’autres païens, sa nièce et les membres de la communauté locale à la célébration du  positionnement de la pierre tombale d’Eleanor. On a honoré même ceux qui n’ont pas pu être avec nous – ses descendants spirituels et sa vaste « tribu » dans le monde – qui ont contribué à l’achat, à la sculpture et à l’érection de la pierre. Comme elle a honoré son initiateur Gerald Gardner en préservant sa tombe en Tunisie, ainsi elle méritait d’être honorée de la même manière. Dans la pierre on les rappelle et son nom a été orgueilleusement gravé.

2015 Sept 12 Eleanor Bone Memorial inauguration

Pierre tombale de Eleanor Bone

La pierre sur la tombe d’Eleanor a été érigée après une collecte de fond par le Eleanor Bone Memorial Fund Committee, présidé par Sophia Boann. Pour plus d’informations: http://eleanorbone.org/

Les Bénédictions du Solstice de Belisama

de Vivianne Crowley

Traduction Valentina Voxifera  

  

Au Solstice d’Eté chez nous en Bretagne, la région celtique au nord-ouest de la France, on invoque Belisama, la Brillante, la Dame de l’Eté. Certains disent qu’elle est la lumière brillante du soleil; d’autres disent qu’elle est plus fougueuse, la Dame des Batailles et des Flèches. On la retrouve en France et dans la région de Milan au nord de l’Italie, où les tribus celtiques sont venues chercher des nouvelles terres.

Retrouver la Déesse du Territoire

Le paganisme breton se trouve juste sous la surface, sa culture a été protégée pendant des siècles par la langue bretonne, que seulement les bretons connaissent. Le Christianisme et le Paganisme se fusionnèrent et les anciens chemins furent cachés sous l’apparence du nouveau. Les autels romains de Mithra furent inclus dans les églises chrétiennes. Les statues des déesses gallo-romaines rapparièrent comme Vierges.
Les anciennes divinités bretonnes vivent et on a découvert qu’en faisant des rituels à l’extérieur, les divinité qu’on invoquait d’habitude dans notre temple à Londres ne nous parlaient pas sur cette terre riche, ni dans la salinité du vent, ni à l’ombres des pierres érigées vers un ciel étoilé. Lors des nos premiers rituels dans le cercle de pierre qu’on a créé, on invoquait les quatre directions en utilisant les images de la traditions celtique – l’aigle à l’est, la jument blanche au sud, le saumon à l’ouest et le taureau noir au nord. Comme les noms des dieux qu’on utilisait en Angleterre et en Irlande ne semblaient pas corrects, on invoquait le Déesse et le Dieu comme « Dame » et « Seigneur ». Puis lors d’un rituel on était assis autour d’un feu et on a attendu. On écoutait le vent dans les arbres, les cris des hiboux, les bruissements des animaux curieux entre les buissons, venus voir notre rituel de feu. À la lumière tremblante du feu et le sifflement des arbres, on écoutait attentivement, pour découvrir le schéma divin des ces sons. Des mots arrivaient et on trouvait un signifié.
On écoutait et dans le vent un son arriva. On confronta nos notes. Oui, on avait entendu la même chose. On avait trouvé notre première divinité.L’intuition avait trouvé un nom et la pensée maintenant prenait sa place. On acheta des livres sur l’histoire celtique de Bretagne. On a découvert ainsi le travail de Christian-J. Guyonvarc’h, professeur en études celtiques à l’Université locale de Rennes, et les recherches des historiens bretons locaux, comme Gwenc’hlan Le Scouëzec. On a commencé à découvrir nos Déesses et Dieux. On a découvert Belisama et on a commencé à l’adorer.

La Déesse Dorée

La mer qui entoure la Bretagne de trois cotés porte avec elle les brumes, la pluie, le vent et le soleil. C’est une terre aux longue soirées dorées d’été, quand le coucher teint le ciel d’ambre, orange, abricot et rose. C’est cette lumière dorée qui a attiré en Bretagne au dix-neuvième siècle des peintres comme Paul Gauguin pour peindre « Le Christ Jaune » et « Meules de foin en Bretagne ». On a découvert que c’est Belisama la déesse des étés dorés qui commence à Beltane. Dans les longues soirées dorées, les rayons du soleil transforment les cristaux de quartz de notre ferme et ils brillent d’une lumière dorée. On ressent la présence de Belisama dans le cercle et tout autour quand les journées d’été commencent à s’allonger. On la ressent comme de l’énergie, dorée et lumineuse, joyeuse et créative. Il y a le rire et la force. On ne la ressent pas comme Vierge ni comme Mère; mais comme déesse amante qui prend comme amant ceux qu’elle veut et qui donne son amour à tout le monde.

Feu et eau

Au Solstice quand le soleil est au maximum de sa force, on entre dans le signe astrologique du Cancer. Le Solstice porte avec lui les énergie du feu et de l’eau à la fois, l’eau des plaisantes pluies d’été. Dans notre travail rituel avec Belisama elle vient à nous comme une déesse solaire et de l’eau. Nos étés bretons ce sont les été du soleil et des averses, donc cela a du sens chez nous. Pendant nos recherches, on a decouvert qu’il y a un lien avec l’eau. Le géographe romain Ptolémée enregistra le nom d’un fleuve au nord-ouest de l’Angleterre, appelé maintenant Ribble, Belisama. On a remarqué que notre vision de Belisama est tout à fait semblable à l’image de la carte des tarots des Etoiles. On la voit très souvent près des ruisseaux dans lesquels coule de l’eau fraiche. On la voit se promener sur les rives antre le joncs et les fleurs. On invoque Belisama quand nos initiés italiens viennent nous voir de Milan. Quand la déesse est invoquée, la pleine lune monte grande et dorée. On voit ici une autre image de Belisama. Est-elle la lune dorée d’été que l’on voit très souvent resplendir sur notre terre dorée?

S’approcher à nos Dieux

Dans beaucoup de traditions païennes à mystères, l’invocation est le sacrement, le processus  sacré à travers lequel celui qui invoque et l’invoqué créent une identification temporaire entre un être humain et le Divin. Lors de ce moment de fusion, on peut retrouver des visions, des signifiés, de l’inspiration, du pouvoir et, à travers une expérience extérieure, de la sagesse qui peut enrichir notre pratique spirituelle et nos vies quotidiennes.
La spiritualité païenne s’exprime par des symboles plutôt que par des mots pour transmettre un message spirituel. On n’est pas piégé comme certaines religions « du livre » par l’interprétation d’un groupe d’êtres humains dans un temps et un espace bien définis. À travers les symboles, les dieux nous parlent et on peut mieux les comprendre. On invoque Belisama et nos visions et notre compréhension d’elle évoluent. L’importance des symboles dans le spiritualité païenne nous démontre que les idées peuvent évoluer dans le temps – on peut faire des changements, la spontanéité et la créativité rituelles sont encouragées. Belisama est venue à nous dans notre cercle et notre temple. On sait très peu de comment les gens la concevaient et l’adoraient dans l’antiquité. Belisama est comme la lumière du soleil – elle change jour par jour. On se contente de l’adorer comme elle choisit de se manifester et en elle on voit, on connait, on se rappelle de la beauté de l’été.

Benedictions d’été

Que vos divinités viennent à vous quand vous honorez les marées des saisons. Que votre Eté soit riche en prosperité et guerison. Que vous et votre chemin soyez bénis.

Participer au « présent »

de Vivianne Crowley
Traduction de Valentina Voxifera

Salvador Dalì, La persistence de la mémoire (Les Montres molles), 1931, Museum of Modern Art, New York

Salvador Dalì, La persistence de la mémoire (Les Montres molles), 1931, Museum of Modern Art, New York

Trois fois deosil, au matin du monde,
Je tourne en cercle entre mes pensées empiétantes.
Enfin un lieu de paix –
Je rejoins le centre silencieux.

Vivianne Crowley (1993)

On est dans une période de transition du cycle solaire, on passe du Taureau aux Jumeaux, suspendu entre l’expérience sensorielle du Taureau à travers les sens physiques et l’esprit et l’intellect des Jumeaux. Venus, associée à l’amour physique et au plaisir des sens, laisse la place à Mercure, le dieu de la communication, de la pensée rapide, des nouvelles idées et des innovations. Etre suspendu entre deux influences différentes peut être difficile – c’est bien plus facile de se faire influencer par l’une ou par l’autre, mais les païens ne seraient pas des païens s’ils n’aimaient pas les choses compliqués.

Expérimenter le monde autour de nous

Nos sens sont comme des instrument finement calibrés qui sont continument stimulés par le monde extérieur. Pour les faire fonctionner on doit les régler pour ne pas être écrasé et on doit créer un espace dans la psyché pour se concentrer sur les taches quotidiennes. Mais la vie contemporaine nous apprend à privilégier ce qui attire notre attention et très souvent ces priorités sont mauvaises. On se concentre sur les futilités – ce qui n’est pas important ou relevant – et cela peut déformer notre vision du monde autour de nous. Cela peut sembler purement physiologique ou lié à la santé psychologique. Avoir une vision déformée, regarder le monde comme si on portait des verres opaques et déformants, peut nous affecter sur plusieurs niveau. Et ce sont aussi très importants les effets sur la santé spirituelle.

Trouver la « détermination »

Pendent que l’on entre dans la période des Jumeaux, le signe le plus pensif, je pense que le fait de ne pas s’engager correctement avec son propre apparat sensoriel peut affecter notre Paganisme. Pour apprécier l’univers interconnecté dans lequel on vit, on doit prendre un moment pour arrêter d’être « en l’air » avec nos pensées et nos émotions divisées, tourbillonnantes et toujours en compétition. On passe la plupart du temps en essayant d’accomplir plusieurs taches à la fois. On pense pendant que l’on conduit, que l’on cuisine, qu’on met les enfants au lit. On essaye constamment de faire quelques chose, tout en pensant aux autres choses qui cherchent à attirer notre attention. Un moment pendant lequel on est probablement tout à fait présents est pendant le rituel, où l’on s’engage en des actes physiques de dévotions vers les divinités ou des actes magiques, la science et l’art de transformer un état d’existence en un autre. Toutes nos attentions sont focalisées sur cet acte de vénération ou transformation et on devient « déterminé » pour un instant, les pensées compétitives, les émotions et les sensations qui tourbillonnent normalement nos psychés sont unifiés en une seule action.

Conscience du « maintenant »

« Conscience signifie faire attention de manière spéciale; exprès, dans le moment présent, et sans aucun jugement. » (Kabat-Zinn 1994, 4).
Il y a beaucoup de discussion par rapport aux techniques mindfullness dérivées du Bouddhisme et ses bénéfices. La neuroscience nous montre que le mindfullness change la physiologie de notre cerveau et donc nos expérience future du monde. Dédier chaque jour 20 minutes à la conscience mentale change notre perception du monde et nous permet de voir à nouveau, avec les yeux d’un enfant qui découvre l’existence pour la première fois. Ce « Yoga » mentale améliore notre bien-être et nous permet de mieux apprécier le monde dans lequel on vit. Mais il n’est pas nécessaire de s’approcher au Bouddhisme pour le retrouver.
L’empereur romain Marc Aurèl (joué par Richard Harris dans « Le Gladiateur » de Ridley Scott) était un philosophe païen, un général, et un empereur. Il dictait ses oeuvres philosophiques dans la nuit dans sa tente pendant les campagnes militaires. Il n’était pas un mystique mais il était simplement engagé avec son monde. Il parlait d’engagement avec le monde à travers une concentration attentive, et pour ceux qui aiment la loi du triple retour, celle-ci était sa loi de vie:

Jugement objectif, maintenant, en ce moment précis.

Action désintéressée, maintenant, en ce moment précis.

Acceptation volontaire – maintenant, en ce moment – de tous les événements extérieurs.

C’est tout ce dont tu as besoin.

Marcus Aurelius (121-180 CE), Meditations, 9.6 (Stephens 2012, 115)

« Acceptation » ne signifie pas acceptation passive

« Acceptation » ne signifie pas abandonner notre volonté de changer le monde autour de nous. Le motif principal pour lequel beaucoup d’entre nous s’approchent au Paganisme c’est la volonté de changer le monde ou au moins nous-mêmes. Nos traditions spirituelles soulignent l’importance du changement – les changements du cycle des saisons et les phase changeantes de la lune. Pour mieux comprendre ce que l’on veut changer en tout cas on doit voir clairement, sans les déformations des nos espoirs, peurs, pensées et anxiétés. Tout comme si l’on nettoyait ces verres pour mieux expérimenter le monde qui nous entoure. C’est comme les sommeliers qui goutent un vin excellent. Ils regardent ses couleurs, ils sentent son parfum avant de le gouter, ils laissent que le liquide se répande dans la bouche pour expérimenter toutes ses « notes ». On peut apprendre à observer et à apprécier ce qui nous entoure si on se prend du temps chaque jour, même une fois par jour, pour être totalement présents.

Conscience sensorielle quotidienne

Ceci est un simple exercice que l’on peut faire tranquillement chez nous ou au bureau pour nous centrer, concentrer et connecter avec le monde autour de nous. Cela peut nous aider si on a la tendance à être contraint pendant que l’on travaille, si on est forcé dans une mauvaise position pour notre dos, ou si l’on se perd dans nos fantaisies ou pensées négatives. Cela implique la vision, l’ouïe, le toucher, l’odorat et le goût. Ne vous inquiétez pas si l’un des vos sens ne marche pas. Utilisez seulement ce que vous avez.

L’exercice des « Cinq Choses »
1- Faites 5 long respires lents et profonds. Poussez votre abdomen vers l’extérieur quand vous faites rentrer l’air dans vos poumons et poussez-le vers l’intérieur quand vous expulsez l’air encore, avec un rythme régulier.
2- Focalisez-vous sur la respirations et faites encore 5 respires: observez la sensation donnée par l’air frais dans vos narines et dans vos poumons et l’air chaud qui sort de votre corps.
3- Faites encore 5 respires lents et profonds.
4- Vision: Maintenant observez ce qui vous entoure, en commençant par ce que vous pouvez voir: observez 5 choses que vous pouvez voir.
5- Faites encore 5 respires lents et profonds, en observant le flux d’air qui entre et qui sort de votre corps.
6- Ouïe: Ecoutez attentivement les sons autour de vous et en vous: prenez en considération 5 choses que vous pouvez écouter.
7- Toucher: prenez en considération 5 choses que vous pouvez sentir – vos pieds sur la terre, vos cuisses sur la chaise, les anneaux à vos doigts par exemple.
8- Encore une fois faites 5 respires profonds et lents, en observant le flux d’air qui entre et qui sort de votre corps.
9- Odorat et goût: prenez en considération 5 choses que vous pouvez sentir ou gouter. Observez comment les différentes parties de votre bouche et langue réagissent aux différents gouts.
10- Faites encore 5 respirations et, avec votre esprit concentré, continué avec vos activités quotidiennes.
Une fois que vous avez fait cet exercice plusieurs fois, essayez de l’adapter pour la préparation d’un rituel ou d’une méditation.

Références

Kabat-Zinn, Jon. Wherever you go, there you are: Mindfulness meditation in everyday life. New York: Hyperion, 1994.
Stephens, William O. Marcus Aurelius: A guide for the perplexed. London: Continuum, 2012.

‘Chaque homme et chaque femme est une étoile’

de Vivianne Crowley
(Traduction de V.F. Voxifera)

Si quelqu’un vous demande, ‘Qu’est-ce que Aleister Crowley, Gerald Gardner, Dion Fortune, Doreen Valiente, Kenneth Grant et Margot Adler ont en commun?’ Vous allez peut-être répondre qu’ils sontp tous des auteurs, ou bien qu’ils ont été très importants dans la redecouverte du Paganisme et de l’occultisme. Une autre réponse peut être qu’ils ont tous cité les mots de Carl Gustav Jung dans leurs oeuvres. Pourquoi Jung et pourquoi semble-t-il si important pour eux?
Aleister Crowley (1875-1947) naquit en la même année que Jung et il vécut les mêmes Guerres Mondiales et les mêmes changements dans la culture et société occidentales. Entre Thélème et la psychologie analytique il semble y avoir une grande distance, mais Crowley fut l’un des premiers lecteurs de Jung. En 1919, deux livres l’ont aidé à écrire ‘un traité formidable de quarante cinq mille mots’. Ces oeuvres furent Le Rameau d’or de Sir James Frazer et Psychologie de l’inconscient de Carl Jung. (Crowley, 1979 ed., p. 809).
Qu’est-ce qui a attiré le grand magicien vers l’oeuvre de Jung? Crowley ne fut pas vraiment un grand supporteur de la psychanalyse, mais en la fin de 1916 il écrivait dans l’édition americaine de Vanity Fair:

On n’est pas surpris en apprenent que le docteur Jung de Zurich a refusé quelques conclusion de Freud. Au lieu lier la volonté au sexe, il lie le sexe à la volonté. Donc, inconsciemment, il a ouvert la voie pour le retour de l’ancienne idée magique qui considère la volonté comme aspect dynamique du soi. Chaque individu, selon les initiés, a un but bien définit, et il assume une forme humaine, avec ses privilèges et ses limites, pour accomplir ce but. Cette vérité est bien exprimée en langage magique par la phrase ‘Chaque homme et chaque femme est une étoile’… (Crowley, 1916)

Trouver un centre

Aleister Crowley

Aleister Crowley

Pour Crowley, le travail de Jung conduit à ses mêmes conclusions – que chacun de nous a un but dans cette incarnation. Crowley considéra cela comme trouver son Vrai Soi, ou la Vraie Volonté. Dans le langage de Jung, ce but est « l’individuation » et le résultat final c’est de trouver le « soi ».

J’ai appelé cette totalité qui transcend la conscience, « soi ». Le but de ce procès d’individuation est la synthèse du soi.

(Jung, 1940, pp. 164, para. 278)

Selon Jung le soi est le soi le plus profonde:

…une conscience qui n’est plus coincée dans le monde personnel, super-sensible et fermé de l’ego, mais elle participe librement dans le vaste monde des intérêts objectifs. …en conduisant l’individu vers une communion absolue, indissoluble et liante avec le vaste monde.

(Jung, 1916/1928/1934, pp. 178, para. 275)

Ceci n’est pas le « moi » que l’on voit dans le miroir chaque matin. Ce n’est pas le produit de cette incarnation, bien que cette incarnation puisse contribuer. C’est plutôt le « soi » que l’enseignement hindou appelle « atman », notre noyau le plus profonde et durable.
Le procès de réalisation du soi inplique un déplacement du centre de conscience, de celui de l’ego à celui du soi. Cela est possible en s’ouvrant à ces parties de la psyché qui sont cachées et inconnues. On commence à sentir cette conscience plus vaste dans le monde du sommeil et du rêve. On peut également y accéder à travers la méditation, la visualisation et le rituel. Ce sont tous des procès qui bien évidemment font partie de la pratique de la plupart des païens.

Accepter l’ « autre »

Le voyage extérieur qui nous met en contacte avec la Nature, avec les Dieux, avec la Déesse, commence inévitablement à nous ouvrir à un endroit intérieur, le monde magique dans notre inconscient. Ce procès, s’il est bien administré, ne mène pas seulement à une ouverture mais à une intégration aussi – une acceptation du fait que les aspects qu’au début on considérait comme « autre », « pas-moi », font en réalité partie de notre être. Cela inclut l’ « intériorité sombre », l’ombre qui est le côté en négatif de notre personnalité que l’on préfère rejeter. Ce procès de réveil, réalisation, acceptation et intégration de l’ « autre » crée un nouveau centre qui entre en tout notre être, ce que Jung appelait « individuation ».

Individuation signifie devenir un « in-dividu », et, vu que l’ « individualité » comprend notre plus incomparable unicité intérieure, cela implique de devenir un avec son propre soi. On peut alors traduire individuation comme « atteindre le soi » ou « auto-réalisation ».

(Jung, 1916/1928/1934, pp. 173, para. 266)

Il y a beaucoup de chemins pour arriver à ce changement intérieur. La plupart des changements spirituels et psychologiques arrivent à travers les « initiations » de la vie quotidienne, quand on devient adulte et on apprend à avoir des responsabilités vers d’autres personnes. Mais une vie spirituellement et magiquement active peut bien accélérer ce procès – si on se prend du temps pour une vie spirituelle. Cela signifie employer son temps pour entrer en communion avec son propre monde intérieur, sa propre psyché profonde, la source de la vision et de l’inspiration. Le rituel, la méditation, la création artistique, l’écriture créative – ce sont des chemins pour l’inconscient et l’inconscient est un portail pour l’inconscient collectif de toute l’humanité. Qu’est-ce que c’est l’ « inconscient collectif »? On peut le voir comme une « zone a-temporale », un état de conscience au delà du temps et de l’espace, au delà du corps et au delà de notre incarnation actuelle. C’est un état de conscience que l’on perçoit et puis qu’on perd, et que l’on perçoit encore. Certaines pratiques du Paganisme – invocation, méditation, contemplation, voyage intérieur – peuvent nous aider à l’atteindre.

On est le Paganisme

Ces pionniers qui ont développé le Paganisme comme on le pratique aujourd’hui, ne sont pas arrivés à ce niveau en publiant des commentaires sur les groupes Facebook, ou en participant à des débats sur la réalité des dieux. Ils sont arrivés à ce niveau en dialoguant avec leur psyché intérieure. Pas tout le monde est un pionnier du Paganisme, destiné à écrire des livres érudits pur les autres; mais on est tous des pionnier parce qu’on est la première génération qui a appris à vivre comme des païens et à construire un Paganisme qui répond aux besoins de générations futures. Comment le Paganisme doit être vécu? Comment notre pratique peut créer un chemin pour l’auto-réalisation qui répond aux nécessités de ceux qui sont portés au changement spirituel? Comment peut-on vivre le paganisme si l’on veux créer quelques chose de nouveau, de beau et puissant qui va améliorer le monde, ou des petites parties? Ce sont les grandes questions qu’on affronte chaque jour, en chaque choix que l’on fait, et comment on choisit et décide de diriger nos énergies et notre temps.

Créer des constellations

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Aucune tradition spirituelle peut avancer au delà des individus qui en font partie, donc notre présent est le mieux qu’on puisse obtenir. Si on veux que le Paganisme se développe et prospère, on doit créer en nous une communion avec les Dieux et avec la psyché plus profonde qui nous change et qui inspire les autres. Tout cela prend tu temps, du temps intérieur. On ne peut pas le faire simplement en écrivant, en encourageant les autres, en organisant, en enseignant – tous ces choses sont importantes, mais ce seront authentiques et durables seulement si elles sont construites sur une véritable expérience spirituelle. Cela ne peut pas être absorbé indirectement, même si les expériences des autres peuvent nous inspirer. Chacun de nous doit créer du temps et de l’espace pour transformer notre intérieur.Chaque homme et chaque femme est une etoile, et pour créer un nouveau Paganisme on a besoin des constellations – des individus en contacte avec leur veritable et authentique soi et qui travaillent en harmonie avec les autres, et on obtien cela seulement en creant l’harmonie en nous-memes. Cela est le defi que l’on doit affronter.

Références

Crowley, A. (1916, December). An improvement on psycho-analysis: The Psychology of the Unconscious – for dinner-table consumption. Vanity Fair , pp. 55, 134.

Crowley, A. (1979 ed.). The Confessions of Aleister Crowley: An Autohagiography (2nd edition. First published 1969 ed.). (J. Symonds, & K. Grant, Eds.) London, Boston and Henley: Routledge & Kegan Paul.

Jung, C. G. (1940). The psychology of the child archetype. In C. G. Jung (1968 ed.), The Collected Works of C. G. Jung, Vol. 9, part 1, Archetypes and the collective unconscious (pp. 151-181). London: Routledge & Kegan Paul.

Jung, C. G. (1916/1928/1934). The relations between the ego and the unconscious; part 2: Individuation. In C. G. Jung (1966 ed.), The Collected works of C. G. Jung, Vol. 7, Two essays on analytical psychology (pp. 173-241). London: Routledge & Kegan Paul.

« Matron Bone or Witch Bone – take your choice » Eleanor Bone Memorial Fund

Eleanor Bone (1910-2001)

Eleanor Bone (1910-2001)

Samhain vient de passer et c’était un bon moment pour honorer, célébrer et rappeler nos ancêtres.

Une initiative, à mon avis très importante, a été lancée par Eleanor Bone Memorial Fund: collecter de l’argent pour donner une pierre tombale à une Matriarche de la Wicca, Eleanor Ray Bone.

Depuis le site officiel:

« Eleanor “Ray” Bone est une figure très importante dans l’histoire de la Wicca. Elle fut initée par Gerald B. Gardner et pendant plusieurs decennies Eleanor a été Grande Prêtresse dans un coven à Londres. Elle est souvent connue comme la Matriarche de la Wicca européenne, parce que la plupart des gardneriens d’Europe descendent du Coven de Ray Bone. Eleanor Bone était très fidèle à Gerald Gardner et en 1968, elle a voyagé vers l’Afrique du Nord pour visiter son tombeau à Tunis. Là, elle sut que le cimetière allait bientôt fermer, que les tombes auraient été enlevées, et le terrain transformé en parc publique. Elle a collecté de l’argent dans la communauté wiccane pour deplacer la tombe et la pierre tombale de Gardner dans un cimetière près de l’ancienne ville de Carthage, où on peut encore la visiter aujourd’hui.  »

Eleanor Bone se retira aux année ’70 en Cumbria, où elle passa au delà du voile de l’existence le 21 septembre 2001. Comme elle n’avait plus de famille, ayant perdu le contacte avec la plupart de ses initiés et ne pouvant pas compter sur un patrimoine qui lui aurait permis de payer des vraies funérailles, elle fut enterrée à Garrigill dans un cimetière déconsacré sans une pierre tombale.

Pour cela, Eleanor Bone Memorial Fund veut collecter 2,000£ pour acheter une pierre tombale qui sera installée lors du 14ème anniversaire de sa mort, le 20 septembre 2015, comme signe de reconnaissance de la part de toute la communauté wiccane.

Toute donation est importante, pour soutenir l’achat de la pierre mais aussi pour soutenir l’organisation de l’événement commémoratif.

Sur le site officiel http://eleanorbone.org/ , vous trouverez toutes les infos pour faire votre donation.

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‘Et au delà de la mort je donne la paix et la liberté…’

de Vivianne Crowley 
Traduction de V.F. Voxifera

On est en train d’entrer dans le signe astrologique du Scorpion, quand notre esprit tourne naturellement vers la mort. Reconnaître la réalité de la mort c’est quelques chose que l’on fait – et que l’on ne fait pas. La plupart de nous hésite entre l’acceptation théorique et l’indifférence. Quelqu’un de nous a perdu des parents ou amis pendant l’adolescence ou à vingt ans et on a du faire face à la mort et à la douleur très tôt . On peut perdre les parents et les elders spirituels, et on trouve que les gens de notre génération tombent malades et meurent, parfois bien plus tôt que prévu.
Quand il atteignit sa quarantaine, le célèbre psychologue Carl Gustav Jung (1875-1961) écrivit dans son journal personnel Le Livre Rouge:

On a besoin de la froideur de la mort pour voir plus clairement. …Si j’accepte la mort, alors mon arbre devient vert, puisque la mort accroit la vie. Si je plonge dans la mort qui englobe le monde, alors mes bourgeons s’ouvrent. Que notre vie a besoin de la mort!
La joie pour les petits riens arrive à toi seulement quand tu as accepté la mort … Si tu accepte la mort, c’est à la fois comme une nuit glaciale et un pressentiment angoissant, mais c’est une nuit glaciale dans une vignoble pleine de doux raisins. Tu prendra bientôt plaisir de ta richesse. La mort fait mûrir. On a besoin de la mort pour pouvoir récolter les fruits. Sans la mort, la vie n’a pas de sens, puisque ce qui dure longtemps se lève encore et nie sa signification. Pour être, et réjouir de ton existence, tu as besoin de la mort, et cette limitation te permet d’accomplir ton existence.

Carl Gustav Jung, Liber Novus/Le Livre Rouge, 2009 ed., 274-275.

Il croyait qu’en affrontant la réalité des limites de la vie humaine cela faisait du bien. L mort peut nous aider à apprécier la vie.

Conscience au delà du corps

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Beaucoup de païens croient que la mort n’est pas la fin de l’existence. Etant païens, on est les héritiers des anciennes traditions à mystères. L’une des finalités du processus initiatique était celle d’apprendre aux initiés la réalité de la vie après la mort. L’initié était exposé à des rituels et symboles qui causaient en lui un changement intérieur qui faisait passer un message à propos de son endurance. Ce n’est pas le « moi » constitué par l’ensemble des expériences d’une seule incarnation, mais c’est quelques chose de plus profond, et sans limites.

Qu’est-ce que c’est ce genre de conscience? Parfois on l’aperçoit, on la goute, et on en fait l’expérience. Pendant nos méditations les plus profondes, quand on est seul dans la Nature, et parfois pendant des moment intenses d’amour, sexe, douleur, initiation. Si l’on a de la chance, on a eu des expériences spirituelles qui nous ont appris que le corps n’est pas le borne de notre existence; que la façon par laquelle nos sens perçoivent le temps et l’espace n’est qu’un élément momentané, une représentation de la réalité transmise dans les limites des nos sens et leurs capacités. Les expériences de synchronicité, télépathie, rêves prémonitoires, rencontres surnaturelles, et les expériences hors du corps, comme les rêves lucides nous permettent de comprendre que notre conscience et l’image que l’on a de soi peuvent être séparés du véhicule physique du corps.

Les expériences de mort-retour, pour ceux qui l’ont testé, peuvent nous transmettre ce que les anciens mystères ont appris – que la conscience existe au delà du corps. Ce genre d’expérience est éxperienciel et individuel. Il ne peut pas convaincre ceux qui ne l’ont pas testé. Ce n’est pas quelques chose que l’on peut expliquer avec des mots et des argumentations rationnelles; ni émotionnelles. Ce n’est point question de satisfaire un désir ni de se défendre contre la réalité de notre mortalité. Ce sont des expériences qui sont réelles, ineffables, profondes et qui changent la vie.

L’expérience de mort-retour de Carl Jung

Dr Carl Gustav Jung (1875 - 1961) (Photo by Hulton Archive/Getty Images)

Dr Carl Gustav Jung (1875 – 1961)
(Photo by Hulton Archive/Getty Images)

Carl Gustav Jung eut ce genre d’expérience en 1944 quand il avait 68 ans. Il souffrit à cause d’une fatalité commune dans la vieillesse – une chute sur le verglas. Il glissa et il se cassa le péroné. Puis, après dix jours, il eut une crise cardiaque et commença à mourir. Tout à coup, il se retrouva à flotter 1000 miles au dessus de la Terre. Les mers et les continents brillaient au dessous de lui et il put distinguer le désert arabe et les sommet enneigés des montagnes de l’Himalaya au nord des Indes, des images qui devaient être encore immortalisés à travers les voyages dans l’espace. Puis une grande structure monolithique noire se dressa devant lui. Il comprit que c’était un temple, et à l’entrée il vit un gourou hindou assis dans la position du lotus. Il ressentit que son existence terrestre avait été dépouillée, et rien ne restait sauf son essence, le coeur de son existence. Il était en train d’avancer et entrer dans le temple, quand son médecin apparut dans la vision et lui dit que son départ était prématuré; et beaucoup de personnes priaient pour son retour. Jung fut vraiment déçu quand la vision se termina tout à coup.

L’expérience eut un impacte profond sur sa vie. La dépression et le pessimisme qu’il avait ressenti pendant la Seconde Guerre Mondiale disparurent. Il décida d’abandonner son emploi dans l’université et de se dédier à son dernier travail important – ses recherches sur l’alchimie, la religion et le Gnosticisme. Il était détermine à utiliser le temps qui lui avait été donné et les dernières dix-sept années de sa vie de 68 à 85 ans furent les plus productives.

Le ‘moi’ et le corps ne coïncident pas

Tout le monde n’a pas eu des expériences traumatiques comme celles de mort-retour qui peuvent aider à se focaliser sur ce qui est vraiment important, mais les expériences spirituelles de transcendance, que beaucoup d’entre nous ont trouvé dans les rituels et dans les méditations, jouent presque le même rôle en nous apprenant que le « moi » et le corps ne coïncident pas. À travers notre pratique païenne, on a le privilège de pouvoir tester ce genre d’expérience qui nous aide à accepter l’inéluctable réalité: on est des êtres conscients dans un corps physique. Quand Samahin approche, on reconnaît que le corps grandit et déchoit. Comme on dit dans la Wicca, ce sont « …l’age et le destin contre lesquels on est impuissants » mais on se rappelle encore de la promesse de la Déesse:
‘Mienne est l’extase de l’esprit … et au delà de la mort je donne la paix, la liberté et la réunion avec ceux qui nous ont précédé.’
Donc en s’approchant à Samahin on honore le cycle de la mort, de la renaissance et de la nouvelle vie; et on honore la mémoire de ceux qui sont passés au delà du voile. On honore le don de la vie, le don le plus précieux, et on essaye de vider la coupe du vin de la vie jusqu’à la dernière goutte pour qu’aucune goutte ne soit gaspillée.

Wicca, initiation et coven – Mode d’emploi

de V.F. Voxifera

Cet article nait de la nécessité profonde de mettre les choses au clair, car je me suis souvent retrouvée impliquée en des folles discussions sur les réseaux sociaux et en général sur les plateformes de partage (forum etc etc). Et, lors de ces entretiens virtuels, je me suis aperçue du manque absolu d’information quand on parle de certains sujets, en particulier quand on touche les concepts d’initiation, coven et Wicca dite « traditionnelle » (donc en général Wicca gardnerienne et/ou alexandrienne) qui semblent mystérieusement être la première préoccupation de beaucoup d’éclectiques et les ennemis de certains. Vous pouvez donc imaginer ma souffrance, étant gardnerienne/alexandrienne, en voyant défiler devant mes yeux une série de fantasmes, clichés et mythes infondés. Mes raisons expliquées, je commencerai par le concept d’initiation qui semble être le plus controversé.

Initiation… cette inconnue

Patricia Crowther qui initie un nouveau prêtre

Patricia Crowther qui initie un nouveau prêtre

Quand on découvre que la Wicca est une religion initiatique à la base , à coté des réactions positives et de désintérêt, au niveau virtuel il y a deux types de réactions négatives possibles: ceux qui sont atteint par la syndrome du « Renard et le Raisin » et qui ne perdent pas l’occasion de faire étalage de leur dissonance cognitive à chaque commentaire; et ceux qui rationalisent en utilisant le prétexte du temps qui passe: « Les temps ont changé, il n’y a plus beaucoup d’initiés dans le monde, les éclectiques sont plus nombreux etc etc… » en essayant de nous faire passer pour des vieux élitaires (j’ai 22 ans, pas si vieille que cela). Mais avant de vous lancer dans ces deux dernières réactions, vous ne vous êtes jamais demandés qu’est-ce que c’est l’initiation?

L’initiation, au sens large et dictionnaire de l’Académie française à la main, est l’« Admission à la connaissance de mystères religieux et à la participation au culte sacré. » comme tout premier résultat et, puis encore, « Action de délivrer ou d’acquérir les premiers éléments d’un art, d’une technique, d’une science, les rudiments d’une discipline ». Parfait, comme définition de base c’est assez satisfaisante, mais l’initiation est bien plus qu’une admission officielle. L’initiation peut se passer sur deux niveaux: le niveau personnel/intérieur et le niveau collectif. Quand on parle au niveau personnel il s’agit d’un réveil intérieur, « un réveil de l’âme à une conscience supérieure » comme définit par R. Steiner dans La Science de l’Occulte, c’est la rencontre entre le Soi et le Divin, notre expérience personnelle et intime avec les Dieux. Cette rencontre peut arriver de manière spontanée sans qu’il y ait une cérémonie et sans nous introduire dans une tradition religieuse précise, ce sera donc un auto-réveil pendant lequel on découvre notre coté divin, même si une initiation traditionnelle peut aider à accélérer le procès bien sur. Ce phénomène est à la base de toute expérience mystique (qu’elle soit chrétienne, juive, islamique, païenne etc etc), si l’on pense par exemple aux expériences des grands mystiques on pourra surement retrouver une base commune: l’étincelle divine, le contacte et l’union avec Dieu.

L’initiation collective appartient plus spécifiquement à des traditions religieuses, pour comprendre ce point il faut introduire un concept très cher à l’ésotérisme occidental: le concept d’ « esprit du groupe ». L’origine du mot « religion » est latine cela dérive du verbe  religo, religare  qui signifie « lier, connecter, unir », donc on peut dire qu’une religion unit principalement l’homme à dieu et sur un niveau plus humain, elle unit les gens. Selon le concept « d’esprit du groupe » qui est à la base de toute religion, quand un certain nombre de personne se regroupe en partageant une même idée, une même croyance, un même but, il se crée une entité ou égrégore qui s’alimente au fur et à mesure que les gens pratiquent ensemble et dans le temps cette entité devient toujours plus forte et identitaire (pensez seulement au Judaïsme). Pour avoir accès à cet égrégore et pour rentrer dans l’esprit du groupe d’une religion il faut passer une cérémonie de passage, d’initiation qui change selon la tradition de référence et qui réveille dans la conscience du postulant le sens d’appartenance et la volonté d’entreprendre un nouveau chemin. Dans la Wicca cela s’applique au concept de coven qui est plus petit en termes numériques mais également puissant, chaque coven a son « esprit du groupe » qui se construit avec la pratique constante, le partage et la transmission de connaissances, traditions, croyances entre les membres. Pour avoir accès à ce corpus il faut être initiés, donc être admis à ce grand esprit commun, qui marche comme une grande moteur dans laquelle chaque membre met une partie de ses énergies, en magie l’union fait la force et quand dans un coven l’harmonie et la Volonté règnent, tous les travaux magiques deviennent effectifs et donnent des grands résultats sans trop d’effort. Bien sur on n’atteint pas un tel niveau tout de suite, mais après une longue période de pratique et travail en groupe.

Le Coven

Alex et Maxine Sanders et leur coven

Alex et Maxine Sanders et leur coven

Dans le dernier paragraphe on a introduit le concept de Coven, pour ceux qui ne s’y connaissent pas bien en terminologie, au sens large cela indique des sorcières qui se regroupent pour fêter et pour célébrer des rituels, mais tout comme l’initiation, c’est plus que cela. Le coven est assimilable à une famille, une famille spirituelle dans laquelle on a été adopté, et dans laquelle les membres ont construit un rapport très fort entre eux au delà du degré d’initiation de chacun et dont l’intensité peut être comprise seulement en la ressentant (donc croyez-moi sur la parole). Je vois qu’il y a la tendance, alimentée par la désinformation, à considérer le coven comme quelques chose de sectaire dans laquelle la liberté de chacun est constamment menacée par la présence des deux Grands Prêtres qui semblent assumer dans ce cas toutes les caractéristiques d’un couple de tyrans. Rien de plus faux, chaque coven est autonome donc cela pourrait bien se passer, il faut être réalistes, mais ce n’est pas la normalité, les Grands Prêtres sont comme des « parents » spirituels, sont des guides et ils nous montrent un des chemins possibles mais à la fin c’est à nous de marcher, chaque membre a sa démarche et on la respecte. D’habitude on préfère avoir un coven bien assorti avec différents points de vu et différentes habilités afin que chacun puisse enrichir le groupe en apportant sa propre expérience et en la partageant. Le mot clé est exactement « partager », seulement en partageant on peut alimenter l’égrégore ou esprit du groupe dont on parlait avant, le fait de rentrer dans l’esprit du groupe implique déjà le partage de quelques chose: à l’intérieur du Cercle chaque membre enlève ses barrières psychiques et instaure un rapport d’union et coopération avec la psyché des autres en un acte extrême de confiance, c’est pour cela qu’au premier degré d’initiation on rentre pour la première fois dans le Cercle avec deux mots parfaits « Parfait Amour et Parfaite Confiance », et quand on s’engage longtemps en ce sens, cela peut se passer de manière tout à fait spontanée même à l’extérieur du Cercle sous la forme de petits phénomènes de télépathie, synchronicité, rêves synchroniques, etc etc.
Comme le dit bien Vivianne Crowley dans son livre Wicca: A Comprehensive Guide to the Old Religion in the Modern World . « C’est plus facile que tout cela se passe dans un groupe coopératif que dans un groupe compétitif, quand le groupe n’est pas autoritaire et quand les gens s’aiment bien « . C’est aussi pour cette simple raison qu’il y a une plus ou moins stricte sélection pour rentrer dans un coven.

 

Sexualité, skyclad et d’autres fantasmes

maxine-sanders

Maxine Sanders

Lorsque je pensais à un titre pour ce paragraphe, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire. Il n’y a pas longtemps, je me suis retrouvée dans une discussion très animée sur un groupe virtuel français dédié à la Wicca, dans laquelle quelqu’un disait que les gardneriens et les alexandriens étaient des pervers sexuels parce qu’ils pratiquent skyclad, donc en étant gardnerienne et alexandrienne à la fois je me suis sentie doublement impliquée. Encore une fois je vais expliquer pour ceux qui ne connaissent pas la terminologie: skyclad est un terme anglais qui signifie « vêtu de ciel », une manière poétique et très british pour indiquer la nudité rituelle. À l’intérieur de la Wicca presque tout le monde sait que dans les branches traditionnelles (mais ce n’est pas exclusif de ces branches) la nudité rituelle est très diffusée, et c’est un problème pour certains païens d’abandonner la vieille forma mentis qui lui a été inculquée dans l’enfance et pendant la jeunesse: un corps nu est nécessairement un instrument sexuel quelques chose de louche, et donc il faut le cacher à tout prix. Pour comprendre à fond cette pratique il faut abandonner les préjugés et comprendre qu’il n’y a pas nécessairement une implication sexuelle à la base de la nudité. La pratique skyclad rapproche les membres d’un coven en créant une intimité profonde, on montre aux autres notre vraie nature en Parfaite Confiance, en laissant derrière nous notre quotidien et notre condition sociale dont les vêtements sont un symbole, puisqu’à l’intérieur du Cercle tous les membres sont égaux. Au même temps, être familiarisés avec notre corps nous aide à avoir un rapport meilleur avec nous-mêmes et à considérer notre corps en sa beauté puisque « belles sont pour les Dieux toutes les choses ». La pratique skyclad fut introduite par Gerald Gardner qui avait longtemps fréquenté les milieux intellectuels naturistes anglais, aux années 1940 donc bien avant la révolution des années 1960 , et qui a tout simplement décidé d’insérer cet aspect dans la liturgie wiccane: selon sa théorie les sorcières ont toujours pratiqués nues parce que les vêtements empêcheraient aux énergies dégagées par les corps lors des rituels de se répandre à l’intérieur du cercle. En tout cas, qu’elle soit une pratique attestée ou non, il y a ceux qui utilisent une robe rituelle et il y a ceux qui se déshabillent mais le but principal est le même: abandonner le quotidien pour se plonger dans le sacré.
Un autre grand souci sur lequel je vois le plus souvent fantasmer c’est la question du Grand Rite, on peut s’imaginer les fantasmes là-dessus, en effet il y a des rituels sexuels à l’intérieur de la Wicca mais c’est normal dans une religion qui célèbre la nature et le Divin dans la nature: n’est-ce pas la sexualité une partie de la nature? L’énergie qui se produit lors d’un rapport sexuel peut être utilisé pour des finalités magiques bien sur, mais le Grand Rite qui est un rituel d’une beauté étonnante peut être effectif ou symbolique. Bien que à présent le Rite symbolique, tout simplement le geste de plonger l’athame dans la coupe, soit le plus utilisé, s’il y un couple déjà uni dans la vie qui est proprement préparé, au bon degré et donc conscient de ce que cela implique, le Rite effectif peut bien être effectué.

Initiés Vs. Eclectiques

Quand on discute sur les plateformes virtuelles de partage, j’ai souvent l’impression qu’il y a idéalement deux grandes factions: les éclectiques et les initiés. J’avoue que je n’aime pas trop cette impression, en ayant été éclectique pendant 5/6 ans de ma vie, je ne comprends pas cette « guerre virtuelle ». Tout le monde a quelques chose à apprendre des autres.
D’un coté il faut dire qu’il y a certains éclectiques qui n’ont pas encore une idée précise de la Wicca mais qui s’élèvent déjà au degré de maitre, et il n’y a rien de plus dangereux qu’un maitre inconscient surtout pour ceux qui commencent à s’approcher à ce chemin. De l’autre coté il y a chez certains initiés un esprit « identitaire » trop fort qui empêche l’ouverture vers les non-initiés, et pour la Wicca initiatique il n’y a rien de plus dangereux que la fermeture. Entre ces deux extrêmes, comme je dis souvent, la bonne route passe au milieu. Il faut se rappeler que l’on est tous des êtres humains, l’initiation ne nous rend pas plus grands, plus forts ou plus savants que les autres, mais au même temps il faut se rappeler que cette spiritualité n’est pas un jeu où il faut démontrer d’être des grandes et puissantes sorcières comme celles des séries télévisés. Chacun a sa démarche: il y a ceux qui se trouvent plus à l’aise dans la solitude et dans le silence, et il y a ceux qui préfèrent parcourir le chemin en compagnie, mais en tout cas l’important c’est de MARCHER si l’on se renferme et si l’on se campe sur nos positions ce sera difficile d’avancer et progresser.
La Wicca est un parcoure expérienciel, même si l’on est en compagnie chacun marche de ses propres pieds, chacun construit son rapport personnel avec le Divin, pour arriver à un même but commun. Ce n’est pas une compétition à qui arrive le premier, et en tout cas courir sur une route en amont ce n’est jamais sage.

Notes

1 – La dissonance cognitive est un mécanisme de défense, reconnu en psychologie sociale, pour échapper à une tension psychologique provoqué par un conflit ou une contradiction intérieure, par exemple entre un but personnel et les réelles capacités ou possibilités de l’atteindre, dans ce cas pour se défendre la tendance est celle de critiquer le but tout comme le renard qui dit que le raisin, qu’il désir mais qu’il ne peut pas atteindre, n’est pas mur.

2 – Rudolf Steiner (1861-1925), membre et conférencier de la Société Théosophique et puis fondateur de l’anthroposophie.

3 – Celui qui demande d’être initié/baptisé

Bibliographie

Butler, W. E. – MAGIC: Its Ritual, Power and Purpose, Thoth publications
Crowley, Vivianne – Wicca: A Comprehensive Guide to the Old Religion in the Modern World, Element Books Ltd
Fortune, Dion – Applied Magic, RedWheelWeiser
Steiner, Rudolf – La Science de l’Occulte, Triades